Exploitation de la veine Charles

L’EXPLOITATION DE LA VEINE CHARLES

Chronique technique et humaine d'un record à la Fosse 2 d’Oignies

Les archives de la Fosse 2 d'Oignies, fleuron de l'exploitation minière dans le Nord-Pas-de-Calais, conservent les traces de moments d'exception. Parmi eux, l'exploitation du "Panneau Charles" se distingue par ses défis techniques et l'ambition d'une production record. Ces notes retracent la configuration de ce chantier d'envergure, où l'innovation technologique rencontrait la rigueur de l'organisation ouvrière.

 Une Taille de Haute Performance

Le chantier du panneau Charles était configuré sur une taille de 200 mètres de long, avec une ouverture moyenne de 1,30 mètre. L'exploitation s'y faisait selon la méthode de la taille rabattante, une technique exigeante mais efficace pour contrôler les pressions de terrain.

Équipement de pointe en Taille :

  Abattage : Utilisation d'un rabot permettant une découpe précise du charbon.

  Soutènement : Mise en œuvre d'un soutènement marchant, remplaçant les étançons manuels par des piles hydrauliques automatisées.

  Évacuation : Un convoyeur blindé, constamment maintenu à pleine charge pour assurer le flux continu vers le bure.

Organisation du Travail et Logistique

La quête du record imposait une rotation millimétrée. Le travail était organisé en 4 postes : trois postes dédiés exclusivement à l'abattage (production) et un quatrième dévolu à l'entretien technique. Pour ne perdre aucune minute, la relève des ouvriers s'effectuait "sur place", au cœur même de la taille.

En aval, la logistique de transport reposait sur un convoyeur à bande de 1000 mm de large. L'évacuation finale était assurée par des berlines de 2700 litres, dont l'approvisionnement était jugé prioritaire pour éviter tout goulot d'étranglement dans la chaîne de production.

Le Bure Intérieur : Le Poumon de l'Exploitation

Pièce maîtresse de cette infrastructure, le bure intérieur servait de silo de régulation. Ce puits de jonction, d'une profondeur estimée entre 20 et 25 mètres, permettait de stocker le charbon entre deux niveaux de la mine.

D'un diamètre impressionnant d'environ 10 mètres, cet ouvrage n'était pas qu'un simple réservoir. Sa conception incluait des aménagements spécifiques pour la sécurité et la maintenance, comme en témoigne le schéma ci-dessous.

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Reconstitution numérique du schéma du bure (vue de dessus). On distingue le compartimentage entre la zone de stockage du charbon et le passage réservé au personnel équipé d'une échelle.

Le bure était équipé d'un boisage avec grillage pour sécuriser les parois et d'une trappe de déblocage/soutirage à sa base, permettant de charger les berlines au niveau inférieur avec un débit contrôlé. Un compartiment distinct, le passage personnel muni d'une échelle, garantissait la circulation sécurisée des mineurs entre les étages.

Document établi d'après les notes manuscrites de Gérard Bustin, ancien mineur-APPHIM 2026

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Date de création : 03/08/2026 12:08
Catégorie : Livres, récits, témoignages... - Récits-Rencontres-Gérard Bustin
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