Les catastrophes et décès du mois de novembre
Les catastrophes et décès du mois de NOVEMBRE
Vendredi 21 novembre 1958 : Puits Vuillemin (Petite-Rosselle), 12 morts
Le vendredi 21 novembre 1958, peu avant 11 heures du matin, une déflagration terrifiante secoue les galeries du puits Vuillemin. À 670 mètres de profondeur, dans la "taille" (zone d'extraction) de la veine nommée Reumaux, un coup de grisou vient de se produire.
L'explosion de gaz est immédiatement suivie d'un coup de poussières : la poussière de charbon en suspension s'enflamme à son tour, propageant une boule de feu et une onde de choc dévastatrice à travers les galeries étroites.
Dès l'alerte donnée, les équipes de sauvetage du poste central de Merlebach et les mineurs des tailles voisines se précipitent dans l'enfer de fumée et de gaz toxiques (le redoutable monoxyde de carbone).
Le spectacle est apocalyptique : les galeries sont obstruées par des éboulements, les installations électriques sont détruites et l'air est irrespirable. Les sauveteurs travaillent sans relâche pour extraire les survivants, souvent grièvement brûlés, alors que le risque d'une seconde explosion plane sur la mine.
La catastrophe du puits Vuillemin a brisé de nombreuses familles. Le bilan définitif s'élève à 12 morts et une vingtaine de blessés.
La plupart des victimes étaient originaires des communes environnantes comme Petite-Rosselle, Forbach ou Freyming-Merlebach.

Col APPHIM
Voici la liste des 12 mineurs qui ont perdu la vie ce jour-là :
- BARTHEL Joseph
- KREMER Jean
- MULLER Alphonse
- SCHMITT Raymond
- WAGNER Pierre
- ZIMMERMANN Aloyse
- FOUSSE Pierre
- HIRT Alphonse
- REINERT Nicolas
- KREMER Arthur
- SCHMIDT Joseph
- MULLER René
L'origine technique : L'enquête a révélé qu'une poche de grisou s'était accumulée dans une zone mal ventilée de la taille. Une étincelle, probablement d'origine électrique ou due au frottement d'un outil, a suffi à déclencher l'explosion.
Aujourd'hui, une stèle à Petite-Rosselle rappelle le sacrifice de ces 12 mineurs, afin que l'on n'oublie pas le prix du charbon payé par la Lorraine.
Vendredi 28 novembre 1969 : fosse Barrois à PECQUENCOURT, 4 morts

Source Relais, col APPHIM
Le siège Barrois, à PECQUENCOURT à côté de DOUAI, est, avec ses deux tours d’extraction de 55 m de hauteur qui lui permettent de remonter près de 6200 t de charbon par jour, l’un des gros sièges du Nord/Pas-de-Calais en 1969. Depuis 1957, il concentre toute la production des anciennes fosses Barrois, Lemay et Bonnel ; 3400 personnes travaillent dans ce grand ensemble surnommé par les ingénieurs des HBNPC le "siège de l’an 2000".
Vendredi 28 novembre 1969, 8h du matin: quatre hommes (deux ouvriers et deux agents de maîtrise) sont affairés au nettoyage d’un chantier dans une taille en dressant presque verticale à 300 m de profondeur. Soudain, c’est l’accident : la galerie s’effondre sur une longueur de 12 m environ et les malheureux sont ensevelis sous des mètres-cubes de caillasses. L’alerte est donnée par un gazier venu mesurer la teneur en grisou et qui est tout surpris de trouver la taille complètement éboulée dans un nuage de poussières. Malgré la probabilité très faible de retrouver des survivants, de nombreux volontaires (sauveteurs, ouvriers, agents de maîtrise) se relaient pendant des heures pour avancer cm par cm en déblayant soigneusement les roches. C’est un travail considérable car l’éboulement a tout emporté, les hommes éreintés n’ont avancé que de 2,5 m à 16h. A 23 h, on découvre un premier corps ; à 13h le lendemain, on en atteint un deuxième. Le troisième malheureux est dégagé le lundi 1er décembre à 6h du matin et le dernier à 21h, soit 85 h après l’éboulement !

A trois jours de la Ste Barbe, cette catastrophe vient à nouveau endeuiller le Groupe de DOUAI ; le 24 mars 1969, il y avait déjà eu 5 morts à LEFOREST (chute d’une cage de bure à la fosse 10 de l’Escarpelle). La Direction affirme que les nombreux efforts accomplis depuis quelque temps pour une plus grande sécurité face à la complexité croissante des techniques et des méthodes d'exploitation doivent encore être développés. Pour les syndicats, cette recrudescence des accidents est un nouveau signe de la récession: on veut plus de productivité avec moins de moyens, le progrès technique n’a de sens que s’il est mis au service des hommes et non simplement au service d’impératifs économiques.
Les obsèques ne seront pas collectives selon les souhaits des familles, elles se succéderont le mercredi 3 décembre. Toutes les cérémonies prévues le lendemain pour la Ste Barbe seront annulées ou reportées dans le Groupe de DOUAI sauf les messes au cours desquelles on rendra un dernier hommage aux victimes.
Entre 1931 (début de l’exploitation) et 1984 (date de la fermeture), on a extrait 30 millions de t de charbon au Siège Barrois.
Jean-Louis HUOT-Georges TYRAKOWSKI pour l'APPHIM