Auguste Lavaurs
Auguste Lavaurs (1847- ?)
De l'architecture ferroviaire à l’industrie minière franco‑espagnole : un parcours d’exception
Né le 7 juillet 1847, à Grenoble, il est licencié en droit et débute sa carrière comme architecte en 1867, selon sa fiche matriculaire du recrutement de Grenoble (matricule 358). Très vite, il s’oriente vers les travaux publics : de 1868 à 1876, il occupe le poste de chef de section dans divers chantiers ferroviaires.

Mobilisé en 1870, il sert au sein de la 2ᵉ armée de la Loire pendant la guerre franco‑prussienne. Trois ans plus tard, le 19 août 1873, il épouse Marthe Clotide Laure Péret à Mortagne-au-Perche (Orne). À cette époque, il travaille comme chef de section pour la Compagnie de Fives‑Lille, une grande entreprise de construction mécanique et ferroviaire.
En mai 1876, lors de la naissance de leur fille Marie Magdeleine Herminie à Luz‑la‑Croix‑Haute (Drôme), il est chef de service sur un chantier ferroviaire en cours. Cet engagement technique lui permet, dès août 1876, d’être nommé agent commercial pour la Compagnie houillère et métallurgique de Belmez, en province de Cordoue (Espagne).
En 1882, il accède au poste de directeur de cette même compagnie et s’installe à Peñarroya. Il y exerce également les fonctions d’agent consulaire de France, ce qui confirme son rayonnement dans la région andalouse. Sa société, fondée en 1881 sous la houlette de l’ingénieur Charles Ledoux, fait partie intégrante de la Société minière et métallurgique de Peñarroya, contrôlée notamment par les Rothschild
De retour en France en mars 1888, il rejoint la Compagnie des Mines d’Anzin comme chef du service commercial. Puis, le 1er février 1897, il est nommé directeur des Mines de Courrières, fonction qu’il conservera jusqu’au 31 mai 1923.
Sous son leadership, la compagnie connaît une croissance fulgurante : le nombre d’ouvriers passe de 5 500 en 1897 à 14 000 en 1913, et la production de charbon double, pour atteindre environ 3,2 millions de tonnes. Cet essor s’accompagne de progrès notables en termes de sécurité : à l'Exposition universelle de 1900 à Paris, la Compagnie reçoit l’une des plus hautes distinctions pour ses installations sécurisées, déjà réputées pour l’absence de grisou (sic !)
L'Exposition de 1900, qui attire plus de 50 millions de visiteurs, offre une tribune prestigieuse à la Belle Époque. En tant qu’exposant, il représente la Compagnie de Courrières, soulignant ainsi sa vision stratégique et son sens de la promotion industrielle.
Cependant, cette période s’assombrit tragiquement : le bassin minier est le théâtre de la catastrophe du 10 mars 1906, survenue à la fosse n°3 de Courrières, causant la mort de plus d’un millier de mineurs. Bien qu’ayant précédemment mis l’accent sur la sécurité, la compagnie et son leadership furent durablement marqués par cette tragédie.
Entre innovation, croissance et responsabilités sociales à la croisée des chemins du génie civil et de la diplomatie, son parcours incarne la mutation de l’industrie minière française à la charnière du XIXᵉ et du XXᵉ siècle.
Jean-Louis HUOT pour l’’APPHIM
Sources : Archives généalogiques-Archives de la légion d’honneur-http://fouquiereschf.free.fr