Les catastrophes et décès du mois de février

Les catastrophes et décès du mois de FEVRIER

Jeudi 15 février 1934 : fosse 4 de VERMELLES, 1 mort  Décès de Léon Suiraux, 50 ans, père de quatre enfants. Il a été écrasé entre deux berlines.

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Source, la Croix du Nord, col APPHIM

Février 1935 : Cokerie Mines d'Anzin, 1 mort  Décès de Gustave Choquet, 36 ans, décédé par électrocution.

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Source,Réveil du Nord, col APPHIM

Jeudi 23 février 1939 : Puits Darcy de Montceau-Les-Mines, 16 morts

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Le bilan final de 16 morts, col APPHIM

Le 23 février 1939, une violente explosion de grisou survient au puits Darcy I, exploité par la Compagnie des Mines de Blanzy. Le souffle, accompagné d’une boule de flammes, traverse une galerie longue de plus de 200 mètres, provoquant un véritable carnage.

L’instant tragique

Il est environ 10 h du matin lorsque la déflagration se produit. La galerie se remplit aussitôt de fumées et de chaleur brûlante. Les mineurs, surpris par l’onde de choc, voient leurs lampes de sûreté s’éteindre instantanément. Dans les ténèbres, les survivants entreprennent une marche désespérée d’un kilomètre jusqu’au puits de remontée, se soutenant mutuellement malgré leurs blessures.

Secours et bilan humain

Deux hommes, le chef de poste Antoine Labaune et le jeune Boleslaw Pawlicki, périssent sur le coup. Quatorze autres, grièvement brûlés, sont transportés à l’hôpital où l’un des pavillons est transformé en chapelle ardente. Malgré les efforts des médecins, tous succombent dans les jours suivants, portant le bilan final à seize morts.

Les victimes sont :

  • 23 février : Antoine Labaune, Boleslaw Pawlicki, Wojciech Szerement, Alexandre Szulc, Franciszek Tomkowiak, Mickolaj Traczyk
  • 24 février : Giòrès Biasini, Maxence Dalmas, Boguslaw Jedrosz, Stanislaw Kazmierczak, Wladyslaw Lewandowski, Charles Perrier
  • 25 février : Jacques André
  • 26 février : Franciszek Banaszak
  • 27 février : Jan Banasiewicz
  • 4 mars : Marcin Soja

Un bassin minier en deuil

La catastrophe plonge tout le bassin de Montceau-les-Mines et de Blanzy dans la consternation. Le drapeau de l’hôtel de ville est mis en berne. La municipalité, dirigée par le maire M. Balleau, vote une aide d’urgence de 10 000 francs pour les familles endeuillées. Le préfet de Saône-et-Loire se rend au chevet des blessés et assiste aux obsèques collectives, organisées le samedi 25 février 1939.

Ce drame, survenu quelques mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, reste gravé dans la mémoire minière locale comme l’un des plus sombres épisodes de l’histoire du puits Darcy.

Samedi 17 février 1940 : fosse 7 de Avion 1 mort, père de 9 enfants

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Col APPHIM

Mercredi 7 février 1951 : fosse 5 de DIVION (Groupe de BRUAY), 12 morts

Le mercredi 7 février 1957, à 9 heures du matin, une explosion d'une violence extrême survient à près de 700 mètres sous terre, au niveau de la 38e veine (étage 679).

Contrairement au grisou classique, il s'agit ici d'un "coup de poussière". Ce phénomène se produit lorsque la poussière de charbon en suspension s'enflamme, créant une onde de choc et de chaleur qui calcine tout sur son passage. L'explosion est si soudaine que les ouvriers, qui travaillaient alors au montage d'une taille, n'ont eu aucune chance de s'échapper.

Le bilan initial faisait état de onze morts. Cependant, le lendemain, la nouvelle tombe : le jeune Paul Lenoir, remonté vivant mais grièvement brûlé au troisième degré, succombe à ses blessures à l'hôpital Sainte-Barbe de Bruay. Il n'avait que 17 ans.

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Photos La Voix du Nord, col APPHIM

Le drame a fauché des hommes aux profils variés, laissant derrière eux des familles dévastées.

Les opérations de sauvetage, dirigées par les ingénieurs des Groupes de Bruay et Lens, se sont déroulées dans des conditions héroïques. Les sauveteurs ont dû progresser à travers des éboulements massifs s'étendant sur plusieurs centaines de mètres, dans une atmosphère saturée de gaz nocifs.

Malgré leur zèle, ils ne purent remonter que des corps "affreusement brûlés, mutilés et défigurés". À 17 heures, le jour même, le sort des seize ouvriers présents dans la zone était fixé : 11 morts immédiats et 5 blessés.  

Le secteur de DIVION est réputé grisouteux : en mars 1912, à la fosse 1 de la Clarence, une explosion avait déjà causé la mort de 79 mineurs ; en juin 1954, le grisou y tuera de nouveau 10 mineurs.

La fosse 5 produira 30,16 millions de tonnes de charbon entre 1898 et 1969, le gaz naturel (méthane) continue à y être extrait des entrailles de la terre en 2014.

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La fosse 5 de DIVION

Mardi 11 février 1958 : fosse 4/5 Sud de MÉRICOURT (Groupe D’HÉNIN-LIÉTARD), 11 morts

Dans cette fosse très profonde, l’accrochage principal est à - 900 m mais les couches supérieures sont encore exploitées. Un puits intérieur de petite taille appelé "bure" permet de relier les différents niveaux, ici celui à -770 m. A 6h 45, 11 mineurs s’apprêtent à remonter vers celui-ci en pénétrant dans la cage qui va remonter à 3 m/s. Au milieu du parcours, l’axe du treuil de la machine casse. Le machiniste déclenche immédiatement le frein de sécurité, mais celui-ci s'avère inopérant car le câble ne s'est pas rompu : il se déroule simplement à une vitesse folle, empêchant les "parachutes" (systèmes de griffes de sécurité) de se détendre pour mordre les guides métalliques. Les hommes sont précipités dans le vide, tous sont tués sur le coup.

Photos la Croix du Nord, col APPHIM

La fosse 4/5 Sud réputée très grisouteuse (elle a alimenté jusqu’à la fin la cokerie de DROCOURT voisine en gaz naturel pour le chauffage des fours) produira 20,80 millions de tonnes de charbon gras entre 1911 et 1988 (date de sa fermeture).

La fosse 4/5 Sud de MÉRICOURT

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L'angoisse sur le carreau, col APPHIM

Les obsèques des 11 mineurs décédés

Mardi 2 février 1965 : fosse 7 d’AVION (Groupe de LIÉVIN), 21 morts

Photo Nord Matin, col APPHIM

Après deux jours d’arrêt, on rallume les ventilateurs secondaires qui apportent de l’air frais dans les quartiers en cul de sac, c’est le cas de la veine Ste Marthe où 21 mineurs préparent le matériel pour le poste du matin. Il est 0h 30 quand une grosse explosion secoue toute la taille, les 21 travailleurs sont tués. On a estimé au cours de l’enquête que 2000 m3 de méthane avaient dû s’accumuler dans le quartier et se mélanger à l’air dans de bonnes proportions pour s’enflammer. La fosse était pourtant munie d’un système de télé-grisoumétrie moderne… Si cette explosion avait eu lieu durant le poste du matin, ce sont 200 mineurs qui auraient peut-être été tués.

Photos Nord Matin, col APPHIM

La fosse 7 produira 40,78 millions de tonnes de charbon entre 1923 et 1985.

La fosse 7 d’AVION

Mercredi 4 février 1970 : fosse 6/14 de FOUQUIÈRES/LENS (Groupe d’HÉNIN-LIÉTARD), 16 morts

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Nord Eclair 1970

A la fin du poste de nuit, on a décidé de changer un ventilateur défectueux mais la réparation n’est pas terminée au début du poste de matin. La fosse 6/14 ne remonte plus de charbon depuis 1965, elle est concentrée sur le siège 3/15 de MERICOURT ; elle assure la descente des mineurs et du matériel de service mais aussi l’aérage du 3/15, on l’a d’ailleurs dotée de six gros ventilateurs. Dans cette fosse pas reconnue très grisouteuse, rien ne laissait supposer qu’à la suite de l’arrêt pour réparation de l’un d’entre eux, une grosse poche de gaz aurait la possibilité de se former. Pourtant à 7h, une énorme explosion secoue les entrailles de la terre et plus de 30 mineurs sont touchés ; 16 sont morts, les autres sont gravement brûlés.

Télégramme du Maire d'Hénin Liétard

Les premières conclusions dans les jours qui ont suivi

Cette fosse était réputée pour sa sécurité et l'absence habituelle de grisou.

Les faits :

  • L'explosion s'est produite vers 7 heures du matin à 600 mètres de profondeur.

  • Le souffle a balayé la galerie principale, tuant les mineurs qui se trouvaient au niveau d'un carrefour menant à une galerie de traçage (« Albert 462 »).

Schéma Nord Eclair

L'analyse technique : L'accident est dû à un coup de grisou, qui nécessite trois conditions : du méthane (grisou), de l'oxygène et une étincelle.

  • Le gaz : L'arrêt d'un ventilateur dans la galerie en cul-de-sac a permis au grisou de s'accumuler rapidement, passant d'un taux normal à 4h du matin à un mélange explosif à 7h.

  • L'incertitude sur l'étincelle : Les enquêteurs ont d'abord pensé à un essai de remise en route du ventilateur ou à un court-circuit, mais ces thèses ont été écartées car le courant électrique était coupé. L'origine de l'étincelle reste inconnue au moment de l'article (l'hypothèse d'un choc de pierres suite à un éboulement est évoquée sans certitude).

La fosse 6/14 produira 29,22 millions de tonnes de charbon entre 1880 à 1965.

La fosse 6/14 de FOUQUIÈRES en 1970

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Extraits Lumières sur la Mine 1970 col APPHIM

Dimanche 14 février 1971 : fosse 4 de LENS (Groupe de LENS), 4 morts

Au cours de l’année 1970, on a approfondi le puits pour descendre de -710 m à -840 m afin d’exploiter de nouvelles veines. Début 1971, le chantier est pratiquement terminé et en ce dimanche d’hiver, pendant le poste de nuit, une équipe de 4 hommes suspendus sur un plateau mobile est affairée à nettoyer le chantier et à le débarrasser de tous les gros tuyaux qui ont servi à couler du béton sur les parois du puits et de tous les appareils utilisés pour des travaux divers. Le plateau qui descend très lentement n’a pas parcouru dix mètres quand, pour une raison inconnue, il se détache et précipite les 4 mineurs dans le vide, ils sont tués sur le coup.

La fosse 4 produira 18,61 millions de tonnes de charbon entre 1864 et 1961 (date de sa concentration sur siège 11/19).

La fosse 4 de LENS

Jeudi 06 février 1975 : Cokerie de DROCOURT (Groupe d'HENIN-LIETARD), 3 morts

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Photo Voix du Nord, col APPHIM

Ce jeudi-là, le 6 février, l'hiver pesait encore sur le bassin minier du Pas-de-Calais. Dans les entrailles de la cokerie de Drocourt, au cœur du groupe 21-24, l’heure était aux travaux de maintenance. Sous les lourdes batteries de fours, là où le gaz s'étire en longs collecteurs invisibles, une équipe s'affairait dans la pénombre de la « salle des compteurs ».

À 10h20, le destin a basculé. Alors que les ouvriers s'apprêtaient à changer une vanne sur une conduite, le souffle de la mort a balayé le silence industriel. Une étincelle, un reflux, et l'explosion déchira l'atmosphère, confinée dans ce sous-sol devenu souricière. À l’extérieur de l’usine, le fracas fut à peine perçu, mais dans l'obscurité des galeries techniques, le chaos régnait : un ouvrier fut instantanément carbonisé par l'embrasement, tandis qu'un autre était projeté avec une violence inouïe contre les parois de béton.

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Schéma Voix du Nord, col APPHIM

Le bilan de cette matinée est de sang et de larmes. Trois hommes ne reverront plus le jour. Ils laissent derrière eux des foyers brisés. Huit orphelins pleurent aujourd'hui des pères dont le seul tort fut de vouloir gagner leur pain au péril de leur vie. Huit autres camarades, marqués dans leur chair par les brûlures et les blessures, ont été emportés vers les hôpitaux de la région, laissant derrière eux une usine pétrifiée.

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Article Liberté, col APPHIM

Ce pôle de carbochimie, l’un des plus importants de France, a produit jusqu’à 5050 t de coke par jour en 1969 grâce à 16 batteries comportant en tout 407 fours. A partir de 1988 (fin de l’alimentation en charbon par la fosse 4/5 Sud voisine), la cokerie continuera ses activités jusqu’en 2002, date de sa fermeture.

La cokerie de DROCOURT

Georges TYRAKOWSKI, Jean-Louis HUOT pour l'APPHIM


Date de création : 27/01/2014 17:23
Dernière modification : 16/04/2026 09:41
Catégorie : - Catastrophes
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