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La friche du Louvre-LENS

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Ma grand-mère m’a donné le goût des tisanes…

La friche du Louvre-LENS

Au bout du jardin de ma grand-mère, s’étendait une friche minière. La fosse laissée à l’abandon avait laissé la place à une longue langue de terre recouverte de charbons et de schistes.  Sur ce sol insolite, vieux de 350 millions d’années, une flore exubérante y poussait. Cette friche, que j’appelais terril, ressemblait à un patchwork coloré. Le rose des saponaires, le bleu turquoise de la vipérine, le jaune des onagres, le feuillage évanescent des bouleaux ou celui découpé des acacias dynamisaient ce jardin sauvage.

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Le dimanche après-midi, nous allions souvent nous y promener en famille. J’allais à la recherche du plus beau fossile, je chassais les papillons ou j’accompagnais ma grand-mère Alice dans ses cueillettes. Au printemps, elle récoltait dans son grand tablier bleu les bourgeons floraux des aubépines blanches, très odorants. Le parfum des fleurs qui séchaient dans le cellier embaumait la maison.

L’été, c’était la cueillette du millepertuis qui macérait au soleil dans l’huile d’olive. Alice glanait aussi le serpolet, ce thym sauvage, une plante du sud, qui trouvait sur cette terre noire faite de caillasse la chaleur nécessaire à son épanouissement. J’apprenais à reconnaitre et à respecter les plantes, à en connaître leur vertu. Ma grand-mère me transmettait ses connaissances qui lui venaient de sa propre mère. Alice se soignait par les plantes.

Puis, j’ai grandi, ma grand-mère est partie en maison de retraite, mes parents ont déménagé, et nous ne sommes plus allés nous promener sur le terril. Mais je n’ai jamais oublié cet endroit, son étrangeté et l’élégance de sa végétation. 

J’y retourne depuis peu. « Mon » terril a gardé son allure de longue lande plate, le schiste noir affleure encore dans le jardin, et le ciel, souvent plombé, a été magnifié par le génie d’architectes japonais. Resté si longtemps sauvage, « mon » terril a reçu la visite d’un million de personnes depuis décembre 2012. La friche autrefois oubliée, est devenue signe de renaissance. Oui, c’est « mon » terril qui a été choisi pour accueillir le Louvre-Lens… 

Quand j’y vais, je me ressens toujours comme une visiteuse un peu extraordinaire. Je ressens encore le magnétisme du lieu. La nature en avait fait un lieu pour les peintres. Bien vu !

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de Mineur


Date de création : 19/03/2019 @ 11:04
Catégorie : Livres, récits, témoignages... - Récits-Enfants de mineurs
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