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mineurdefond.fr


Photos et histoires des métiers, des installations et du matériel dans les Mines de charbon dans la région Nord-Pas-De-Calais. Travail de mémoire et de sauvegarde des derniers témoins de l'aventure minière. Pictures and stories of businesses, facilities and equipment in coal mines in the Nord-Pas-de-Calais. Working memory and backup of the last witnesses of the mining adventure.


Henriette De Clercq-Crombez - par apphim le 21/02/2021 @ 11:29 

Henriette De Clercq-Crombez

Histoire d’un monument

Henriette est la fille de Benoît Georges Alexis Joseph Crombez et d’Henriette Françoise Josèphe Lefebvre née le 5 juillet 1812 à Tournai. Delon le souhait de son grand-père maternel, Piat-François-Joseph Lefebvre, riche spéculateur belge, elle épouse Louis François-Xavier de Clercq le 28 avril 1834. En effet, Louis François-Xavier est un banquier belge associé de la famille. Lui à une soixantaine d’années et elle 21.

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Le couple a deux enfants et plusieurs résidences dont l’hôtel de Masseran à Paris mais aussi des biens dans le Nord Pas-de-Calais dont une résidence à Oignies. Henriette est, dès 1838, une jeune veuve qui délaisse sa résidence parisienne au profit de la ville d’Oignies.

Le château De Clercq-Crombez à Oignies

En 1841, elle fait effectuer un sondage dans sa propriété en vue de forer un puits d’alimentation en eau mais celui-ci tombe sur des veines de charbon de 170 à 180 m. A l’époque on pensait que le bassin minier, découvert dans le Nord en 1720, continuait logiquement en ligne droite. Les différents sondages, infructueux, se faisaient uniquement en direction d’Arras. C’était sans compter que les veines de Houille remontaient vers le Nord après Douai. L’histoire ne dit pas si le puits était vraiment destiné à trouver de l’eau ou du charbon mais sous l’égide de l’ingénieur Mulot Mme De Clercq poursuit les sondages sur Dourges et Hénin-Liétard. En 1848, ils demandent une concession, les Mines de Dourges et la Mine à Oignies venaient de prendre leur essor.

declercq05.jpg

Sondage dans la propriété de Mme De Clercq

Mme de Clercq meurt à 65 ans le 10 février 1878. Sa sépulture se trouve dans le cimetière d’Oignies. Oignies, qui vient de passer de l’état de village à ville, doit tout à cette patronne. Elle a profondément modernisé la ville avec des équipements urbains et collectifs (gaz, salle des fêtes, harmonies), des logements, l’église Saint Barthélémy avec son architecture unique. Elle est aussi mécène et bienfaitrice par l’aide apportée aux plus démunis.

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Eglise Saint Barthélémy d'Oignies

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Caveau d'Henriette De Clercq dans le cimetière d'Oignies

Après 1945, son château d'Oignies a servi comme centre de rééducation des Houillères. Il est encore en service en 2021 au sein d'un groupe de Cliniques privées.

La ville en hommage à sa bienfaitrice fait ériger un monument. Il est l’œuvre de l’architecte Henri BOUDIN et du sculpteur Charles CABY. L’ensemble, placé sur la place, est inauguré en 1913. La première guerre mondiale cause de gros dommages à l’édifice qui sera reconstruit à l’emplacement actuel et inauguré en 1932.  Le bas-relief en bronze représente un mineur et une femme, allégorie de la ville d’Oignes. Mme de Clercq est visible dans le médaillon circulaire installé sur l’obélisque en porphyre servant de décor à la sculpture. Le monument est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Monument en hommage à la bienfaitrice de la ville d'Oignies

Henriette De Clercq-Crombez - par apphim le 21/02/2021 @ 11:29 

Henriette De Clercq-Crombez

Histoire d’un monument

Henriette est la fille de Benoît Georges Alexis Joseph Crombez et d’Henriette Françoise Josèphe Lefebvre née le 5 juillet 1812 à Tournai. Delon le souhait de son grand-père maternel, Piat-François-Joseph Lefebvre, riche spéculateur belge, elle épouse Louis François-Xavier de Clercq le 28 avril 1834. En effet, Louis François-Xavier est un banquier belge associé de la famille. Lui à une soixantaine d’années et elle 21.

declercq01.jpg

Le couple a deux enfants et plusieurs résidences dont l’hôtel de Masseran à Paris mais aussi des biens dans le Nord Pas-de-Calais dont une résidence à Oignies. Henriette est, dès 1838, une jeune veuve qui délaisse sa résidence parisienne au profit de la ville d’Oignies.

Le château De Clercq-Crombez à Oignies

En 1841, elle fait effectuer un sondage dans sa propriété en vue de forer un puits d’alimentation en eau mais celui-ci tombe sur des veines de charbon de 170 à 180 m. A l’époque on pensait que le bassin minier, découvert dans le Nord en 1720, continuait logiquement en ligne droite. Les différents sondages, infructueux, se faisaient uniquement en direction d’Arras. C’était sans compter que les veines de Houille remontaient vers le Nord après Douai. L’histoire ne dit pas si le puits était vraiment destiné à trouver de l’eau ou du charbon mais sous l’égide de l’ingénieur Mulot Mme De Clercq poursuit les sondages sur Dourges et Hénin-Liétard. En 1848, ils demandent une concession, les Mines de Dourges et la Mine à Oignies venaient de prendre leur essor.

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Sondage dans la propriété de Mme De Clercq

Mme de Clercq meurt à 65 ans le 10 février 1878. Sa sépulture se trouve dans le cimetière d’Oignies. Oignies, qui vient de passer de l’état de village à ville, doit tout à cette patronne. Elle a profondément modernisé la ville avec des équipements urbains et collectifs (gaz, salle des fêtes, harmonies), des logements, l’église Saint Barthélémy avec son architecture unique. Elle est aussi mécène et bienfaitrice par l’aide apportée aux plus démunis.

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Eglise Saint Barthélémy d'Oignies

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Caveau d'Henriette De Clercq dans le cimetière d'Oignies

Après 1945, son château d'Oignies a servi comme centre de rééducation des Houillères. Il est encore en service en 2021 au sein d'un groupe de Cliniques privées.

La ville en hommage à sa bienfaitrice fait ériger un monument. Il est l’œuvre de l’architecte Henri BOUDIN et du sculpteur Charles CABY. L’ensemble, placé sur la place, est inauguré en 1913. La première guerre mondiale cause de gros dommages à l’édifice qui sera reconstruit à l’emplacement actuel et inauguré en 1932.  Le bas-relief en bronze représente un mineur et une femme, allégorie de la ville d’Oignes. Mme de Clercq est visible dans le médaillon circulaire installé sur l’obélisque en porphyre servant de décor à la sculpture. Le monument est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Monument en hommage à la bienfaitrice de la ville d'Oignies

(21/02/2021 @ 11:29)

(09/02/2021 @ 18:36)

(26/01/2021 @ 09:29)

Histoire d'une photo - par apphim le 20/01/2021 @ 18:42 

Une photo, la Mine, une histoire …

duriez01.jpg

Cette photo de novembre 1961 est parue en une du journal Equettes des Houillères du Bassin Nord-Pas de Calais. L’exploitation du charbon est organisée en groupes d’exploitation dont le Groupe de Béthune qui gère le secteur Sud de Béthune (concessions de Bully-Grenay et Noeux). La revue Equettes est celle du Groupe de Béthune. Comme toutes les revues industrielles, elle présente les actualités de l’exploitation minière (techniques, nouveautés) mais aussi des thèmes très généraux (jardinage, voyage, livres …)

Photo d'origine  de  Gilbert Duriez

En fin d’année 1961, Jean-Pierre Duriez, âgé de 3 ans, s’amuse dans la cuisine familiale avec des ustensiles de cuisine en aluminium près de la charbonnière. Le temps passant, dans l’élan du jeu de rôle, Jean-Pierre se retrouve très vite le visage couvert de suie. Le papa de Jean-Pierre, Gilbert, est photographe amateur. L’idée vient très vite de « déguiser » Jean-Pierre en galibot. Un torchon de cuisine et surtout le bleu de mineur de papa font l’affaire.

Gilbert Duriez, Mineur de fond et photographe

Un galibot dans une famille de mineur quoi de plus naturel. En effet, Gilbert Duriez est mineur à la Fosse 7 du Groupe de Béthune à Mazingarbe. Il y restera jusqu’à la fermeture de la Fosse en 1965. Il est muté à Oignies. Après avoir passé des qualifications, il finit sa carrière à CdF Chimie aux usines de Mazingarbe à l’unité d’eau lourde.

Fosse 7 de Mazingarbe, démolition du chevalet

Groupes de mineurs de la Fosse 7

Jean-Pierre se souvient de la voie ferrée, traversée pour aller à l’école tous les jours. Il fallait faire très attention aux convois de charbons passant à vive allure. Parfois le désir de jouer avec le feu en s’approchant au plus près de la voie ferrée lors du passage des trains se fait sentir. Mais dans les corons, tout se sait, et le retour à la maison est accueilli par une « récompense » sur le derrière !

Jean-Pierre se souvient très bien du 30 janvier 1972 le dimanche à 12h. Le tube de production d’ammoniac des usines chimiques de Mazingarbe explose. Il n’y aura aucun décès seulement quelques blessés. Pourtant toutes les maisons de la cité ont tremblé, les vitres alentours ont été brisées. Le lundi matin, Jean-Pierre constate que les faux plafonds du collège sont effondrés.

Café Alphonse devant lequel Jean-Pierre passait souvent

Gilbert termine sa carrière en 1969 suite à un grave accident de voiture à Laventie. Il subira des dizaines d’opérations mais restera invalide. Il est décédé en 2002.

L’histoire de cette photo n’est pas tout à fait terminée. Gilbert par le biais de sa passion est en relation avec le journal Equettes auquel il propose la photo. Celle-ci est retenue et parait dans le numéro de novembre pour la Sainte-Barbe.

L'histoire se répète : Arnaud le fils de Jean-Pierre quelques années plus tard

Des années plus tard, Jean-Pierre revoit sa photo dans l’une de nos publications et contacte l’APPHIM. La magie du monde associatif est bien présente dans cette histoire. Une association est le résultat de rencontres souvent improbables mais qui enrichissent notre expérience et la culture collective.

Jean-Pierre n’a pas suivi le chemin de son père à la mine. Il travaille encore à la Police scientifique en 2021.

Histoire d'une photo - par apphim le 20/01/2021 @ 18:42 

Une photo, la Mine, une histoire …

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Cette photo de novembre 1961 est parue en une du journal Equettes des Houillères du Bassin Nord-Pas de Calais. L’exploitation du charbon est organisée en groupes d’exploitation dont le Groupe de Béthune qui gère le secteur Sud de Béthune (concessions de Bully-Grenay et Noeux). La revue Equettes est celle du Groupe de Béthune. Comme toutes les revues industrielles, elle présente les actualités de l’exploitation minière (techniques, nouveautés) mais aussi des thèmes très généraux (jardinage, voyage, livres …)

Photo d'origine  de  Gilbert Duriez

En fin d’année 1961, Jean-Pierre Duriez, âgé de 3 ans, s’amuse dans la cuisine familiale avec des ustensiles de cuisine en aluminium près de la charbonnière. Le temps passant, dans l’élan du jeu de rôle, Jean-Pierre se retrouve très vite le visage couvert de suie. Le papa de Jean-Pierre, Gilbert, est photographe amateur. L’idée vient très vite de « déguiser » Jean-Pierre en galibot. Un torchon de cuisine et surtout le bleu de mineur de papa font l’affaire.

Gilbert Duriez, Mineur de fond et photographe

Un galibot dans une famille de mineur quoi de plus naturel. En effet, Gilbert Duriez est mineur à la Fosse 7 du Groupe de Béthune à Mazingarbe. Il y restera jusqu’à la fermeture de la Fosse en 1965. Il est muté à Oignies. Après avoir passé des qualifications, il finit sa carrière à CdF Chimie aux usines de Mazingarbe à l’unité d’eau lourde.

Fosse 7 de Mazingarbe, démolition du chevalet

Groupes de mineurs de la Fosse 7

Jean-Pierre se souvient de la voie ferrée, traversée pour aller à l’école tous les jours. Il fallait faire très attention aux convois de charbons passant à vive allure. Parfois le désir de jouer avec le feu en s’approchant au plus près de la voie ferrée lors du passage des trains se fait sentir. Mais dans les corons, tout se sait, et le retour à la maison est accueilli par une « récompense » sur le derrière !

Jean-Pierre se souvient très bien du 30 janvier 1972 le dimanche à 12h. Le tube de production d’ammoniac des usines chimiques de Mazingarbe explose. Il n’y aura aucun décès seulement quelques blessés. Pourtant toutes les maisons de la cité ont tremblé, les vitres alentours ont été brisées. Le lundi matin, Jean-Pierre constate que les faux plafonds du collège sont effondrés.

Café Alphonse devant lequel Jean-Pierre passait souvent

Gilbert termine sa carrière en 1969 suite à un grave accident de voiture à Laventie. Il subira des dizaines d’opérations mais restera invalide. Il est décédé en 2002.

L’histoire de cette photo n’est pas tout à fait terminée. Gilbert par le biais de sa passion est en relation avec le journal Equettes auquel il propose la photo. Celle-ci est retenue et parait dans le numéro de novembre pour la Sainte-Barbe.

L'histoire se répète : Arnaud le fils de Jean-Pierre quelques années plus tard

Des années plus tard, Jean-Pierre revoit sa photo dans l’une de nos publications et contacte l’APPHIM. La magie du monde associatif est bien présente dans cette histoire. Une association est le résultat de rencontres souvent improbables mais qui enrichissent notre expérience et la culture collective.

Jean-Pierre n’a pas suivi le chemin de son père à la mine. Il travaille encore à la Police scientifique en 2021.

(20/01/2021 @ 18:42)

L'école des filles de la cité 9 - par apphim le 28/12/2020 @ 12:23 

A l’école des filles de la cité 9 de Lens

Maman vient de me placer sur le siège enfant en fer, posé sur le porte-bagages arrière de son vélo. Elle prend soin de placer mes pieds dans les emplacements prévus et me recommande de ne pas bouger. Coiffée d’un bonnet bleu noué autour du cou comme une écharpe, je chantonne Toi, ma petite folie de Line Renaud. J’ai six ans et je suis heureuse d’aller à l’école. Mon institutrice, Mlle Grivillère, est rousse comme moi. Des élèves pensent que je suis sa fille. Même pas !

Pendant la récréation, je reste postée derrière la barrière en bois à guetter ma sœur aînée, Nadine, qui joue dans la cour des grands. Des vélos à trois roues, cyclorameurs ou voitures à pédales nous sont proposés sous le préau. C’est bien mieux que de jouer dans le bac à sable ! Dans la salle de classe, parfois Mlle Grivillère mitonne une soupe aux légumes sur le poêle au charbon planté au milieu. C’est un délice.

L’école maternelle est mixte.  Pour la fête de fin d’année, mon cavalier se prénomme Omer. Nous sommes au premier rang, objectif : danser !

ecoleannick01.JPG

Ecole de la cité 9 en 2020

J’ai dix ans, je viens de rentrer à l’école élémentaire, l’école des filles. Tous, nous faisons la route à pied avec ma sœur Nadine, notre voisine, Jeanne Marie, et mon frère Christian. Nadine, plus âgée de deux ans, dirige la marche. Nous suivons son allure sous peine de représailles autoritaires. Au passage d’autres camarades nous rejoignent dans les rues Montaigne ou Regnard. Le groupe s’étoffe. Sur le trottoir de la rue Molière, nous prenons soin de ne pas passer trop près des habitations ; il arrive qu’un volet s’ouvre brusquement. Comme il y a très peu de voitures, nous marchons de préférence sur la chaussée. Le groupe ralentit au niveau de la place Saint Theodore, là, où la voie ferrée passe sur un pont, au-dessus de l’avenue des Lilas. Nous sommes curieux d’un éventuel attroupement. C’est un endroit stratégique pour les candidats au suicide. Les filles du groupe suivent des cours d’enseignement ménager, mon frère Christian a une longue route à faire pour rejoindre l’école Paul Bert, presque en centre-ville.

J’ai douze ans. Mes copines viennent de passer leur certificat d’études. Elles défilent dans les rues, bras dessus, bras dessous, une cocarde tricolore accrochée sur la poitrine.

Au certificat d’études, Monsieur l’inspecteur a dit,

Vous méritez votre papier, votre papier, votre papier

Vous méritez votre papier, vous avez bien travaillé

Zim boum tralalala… chantent-elles.

Parmi les filles de mon année de naissance, trois seulement, poursuivront leurs études.

Les mouvements d’ensemble ou lendits

Mouvement d'ensemble au stade Bollaert lors de la visite de Vincent Auriol

Chaque année, des mouvements d’ensemble sont organisés dans les écoles de Lens. Les répétitions gymniques s’effectuent dans la cour de l’école ou dans le préau. Mais le grand jour, c’est en juin, quand, tous, nous défilons dans les rues depuis notre école jusque dans le stade Bollaert. Les exhibitions en tenue blanche font la joie des parents rassemblés dans les tribunes.

Je me souviens, c’est Monsieur Vermesch, responsable des activités sportives à la ville qui coordonne ces manifestations.  Il parle avec les bras !

En 1962, ma classe interprètera une danse tyrolienne sur un podium posé au centre de la pelouse. Ecole de filles oblige, mon tyrolien, c’est Annick ! Il y a aussi Anne Marie, Marie Pierre, Geneviève, Gilberte, Marie Denise, Louise. Nos jupes de satin jaune sont du plus bel effet au soleil.

La seconde partie du spectacle est consacré aux épreuves d’athlétisme. Les garçons portent les couleurs de l’U.S.O.L, l’Union Sportive Ouvrière de Lens. Mon frère Christian est fort en saut en hauteur mais il y a de la concurrence !

Les festivités terminées, nous nous arrêtons devant la charrette du marchand de glace tirée par un cheval. Un parfum sous une cloche en inox, un autre sous l’autre cloche. La vendeuse remplit mon cornet avec une large spatule, tasse un peu la glace et me le tend. Nous irons les déguster, assis sur un banc, devant le terrain de tennis en terre rouge du jardin public. La glace fond parfois trop vite, j’en ai plein les doigts. Je me lèche les babines, on éclate de rire. C’est le début des grandes vacances. L’école reprendra vers le 20 septembre !

Annick Milbrandt, fille de Mineur

L'école des filles de la cité 9 - par apphim le 28/12/2020 @ 12:23 

A l’école des filles de la cité 9 de Lens

Maman vient de me placer sur le siège enfant en fer, posé sur le porte-bagages arrière de son vélo. Elle prend soin de placer mes pieds dans les emplacements prévus et me recommande de ne pas bouger. Coiffée d’un bonnet bleu noué autour du cou comme une écharpe, je chantonne Toi, ma petite folie de Line Renaud. J’ai six ans et je suis heureuse d’aller à l’école. Mon institutrice, Mlle Grivillère, est rousse comme moi. Des élèves pensent que je suis sa fille. Même pas !

Pendant la récréation, je reste postée derrière la barrière en bois à guetter ma sœur aînée, Nadine, qui joue dans la cour des grands. Des vélos à trois roues, cyclorameurs ou voitures à pédales nous sont proposés sous le préau. C’est bien mieux que de jouer dans le bac à sable ! Dans la salle de classe, parfois Mlle Grivillère mitonne une soupe aux légumes sur le poêle au charbon planté au milieu. C’est un délice.

L’école maternelle est mixte.  Pour la fête de fin d’année, mon cavalier se prénomme Omer. Nous sommes au premier rang, objectif : danser !

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Ecole de la cité 9 en 2020

J’ai dix ans, je viens de rentrer à l’école élémentaire, l’école des filles. Tous, nous faisons la route à pied avec ma sœur Nadine, notre voisine, Jeanne Marie, et mon frère Christian. Nadine, plus âgée de deux ans, dirige la marche. Nous suivons son allure sous peine de représailles autoritaires. Au passage d’autres camarades nous rejoignent dans les rues Montaigne ou Regnard. Le groupe s’étoffe. Sur le trottoir de la rue Molière, nous prenons soin de ne pas passer trop près des habitations ; il arrive qu’un volet s’ouvre brusquement. Comme il y a très peu de voitures, nous marchons de préférence sur la chaussée. Le groupe ralentit au niveau de la place Saint Theodore, là, où la voie ferrée passe sur un pont, au-dessus de l’avenue des Lilas. Nous sommes curieux d’un éventuel attroupement. C’est un endroit stratégique pour les candidats au suicide. Les filles du groupe suivent des cours d’enseignement ménager, mon frère Christian a une longue route à faire pour rejoindre l’école Paul Bert, presque en centre-ville.

J’ai douze ans. Mes copines viennent de passer leur certificat d’études. Elles défilent dans les rues, bras dessus, bras dessous, une cocarde tricolore accrochée sur la poitrine.

Au certificat d’études, Monsieur l’inspecteur a dit,

Vous méritez votre papier, votre papier, votre papier

Vous méritez votre papier, vous avez bien travaillé

Zim boum tralalala… chantent-elles.

Parmi les filles de mon année de naissance, trois seulement, poursuivront leurs études.

Les mouvements d’ensemble ou lendits

Mouvement d'ensemble au stade Bollaert lors de la visite de Vincent Auriol

Chaque année, des mouvements d’ensemble sont organisés dans les écoles de Lens. Les répétitions gymniques s’effectuent dans la cour de l’école ou dans le préau. Mais le grand jour, c’est en juin, quand, tous, nous défilons dans les rues depuis notre école jusque dans le stade Bollaert. Les exhibitions en tenue blanche font la joie des parents rassemblés dans les tribunes.

Je me souviens, c’est Monsieur Vermesch, responsable des activités sportives à la ville qui coordonne ces manifestations.  Il parle avec les bras !

En 1962, ma classe interprètera une danse tyrolienne sur un podium posé au centre de la pelouse. Ecole de filles oblige, mon tyrolien, c’est Annick ! Il y a aussi Anne Marie, Marie Pierre, Geneviève, Gilberte, Marie Denise, Louise. Nos jupes de satin jaune sont du plus bel effet au soleil.

La seconde partie du spectacle est consacré aux épreuves d’athlétisme. Les garçons portent les couleurs de l’U.S.O.L, l’Union Sportive Ouvrière de Lens. Mon frère Christian est fort en saut en hauteur mais il y a de la concurrence !

Les festivités terminées, nous nous arrêtons devant la charrette du marchand de glace tirée par un cheval. Un parfum sous une cloche en inox, un autre sous l’autre cloche. La vendeuse remplit mon cornet avec une large spatule, tasse un peu la glace et me le tend. Nous irons les déguster, assis sur un banc, devant le terrain de tennis en terre rouge du jardin public. La glace fond parfois trop vite, j’en ai plein les doigts. Je me lèche les babines, on éclate de rire. C’est le début des grandes vacances. L’école reprendra vers le 20 septembre !

Annick Milbrandt, fille de Mineur

(28/12/2020 @ 12:23)

Peur du noir - par apphim le 10/12/2020 @ 13:15 

La peur du noir

Le centre de formation pour mineur d’Auchel a été converti en musée en 1986. D’anciens mineurs animent les visites guidées, jamais avares d’anecdotes personnelles intenses. Charles est notre guide ce jour-là.

Si vous passez devant chez moi, la nuit, jetez un petit coup d’œil à l’étage. Si le volet de ma chambre est entr’ouvert, c’est que je dors ! J’ai 83 ans et je crois que ça ne va plus changer ! Quand la lumière manque, mes angoisses refont surface. Alors dès que la nuit tombe, j’ai toujours une source lumineuse à mes côtés. Je vous raconte : soixante-dix ans plus tard, je n’ai rien oublié !

« A quatorze ans, je suis un tout jeune galibot, un jeune gamin qui fait ses premiers pas au fond de la mine ! Les chefs nous font travailler par équipe de deux. Ce jour-là, absorbé par le travail, peut-être, et par manque d’expérience, je me suis éloigné de mon camarade quand ma lampe s’est éteinte ! Le néant. Plus rien ! J’ai crié, hurlé son prénom. Sans réponse ! Personne !

noir01.jpg

Le bruit des machines, qui d’ailleurs m’a rendu complètement sourd, est tellement assourdissant qu’il devait couvrir ma voix.  Je me suis retrouvé dans le noir absolu.  J’étais terrorisé. J’avançais à tâtons, palpant les parois anguleuses et humides de la veine de charbon.  Pas la moindre petite clarté et l’idée en tête de ma mort prochaine. Je pleurais.

Après de quatre heures d’errance, une éternité, j’ai enfin retrouvé mon camarade. Je suis tombé dans ses bras, en sanglotant de joie !

On ne rendra jamais assez hommage aux lampistes qui n’avaient pas le droit à l’erreur !

Martine Dreux-Callens, petite fille de mineur

Peur du noir - par apphim le 10/12/2020 @ 13:15 

La peur du noir

Le centre de formation pour mineur d’Auchel a été converti en musée en 1986. D’anciens mineurs animent les visites guidées, jamais avares d’anecdotes personnelles intenses. Charles est notre guide ce jour-là.

Si vous passez devant chez moi, la nuit, jetez un petit coup d’œil à l’étage. Si le volet de ma chambre est entr’ouvert, c’est que je dors ! J’ai 83 ans et je crois que ça ne va plus changer ! Quand la lumière manque, mes angoisses refont surface. Alors dès que la nuit tombe, j’ai toujours une source lumineuse à mes côtés. Je vous raconte : soixante-dix ans plus tard, je n’ai rien oublié !

« A quatorze ans, je suis un tout jeune galibot, un jeune gamin qui fait ses premiers pas au fond de la mine ! Les chefs nous font travailler par équipe de deux. Ce jour-là, absorbé par le travail, peut-être, et par manque d’expérience, je me suis éloigné de mon camarade quand ma lampe s’est éteinte ! Le néant. Plus rien ! J’ai crié, hurlé son prénom. Sans réponse ! Personne !

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Le bruit des machines, qui d’ailleurs m’a rendu complètement sourd, est tellement assourdissant qu’il devait couvrir ma voix.  Je me suis retrouvé dans le noir absolu.  J’étais terrorisé. J’avançais à tâtons, palpant les parois anguleuses et humides de la veine de charbon.  Pas la moindre petite clarté et l’idée en tête de ma mort prochaine. Je pleurais.

Après de quatre heures d’errance, une éternité, j’ai enfin retrouvé mon camarade. Je suis tombé dans ses bras, en sanglotant de joie !

On ne rendra jamais assez hommage aux lampistes qui n’avaient pas le droit à l’erreur !

Martine Dreux-Callens, petite fille de mineur

(10/12/2020 @ 13:15)

La classe de transition - par apphim le 10/12/2020 @ 12:52 

La classe de transition

Il est 13h10, je pars au collège sur mon mini vélo, j’ai des ailes. Mon tout nouveau deux roues me donne une sensation de liberté. J’adore l’école et je suis juste dans les temps pour reprendre les cours de l’après-midi.

Comme chaque jour, devant la fosse 9, je passe à grands coups de pédales devant un petit groupe de filles de mon âge. Deux visages s’en détachent, Josiane et Colette. J’ai juste le temps de leur faire un grand signe en criant gaiement leurs prénoms. Le groupe de filles attend le bus qui les emmènera  vers les filatures de Roubaix-Tourcoing.

Je n’ai pas revu Colette et Josiane depuis la fin de l’école primaire et je prends soudain conscience de la situation. Alors que mes copines et moi avons rempli, très excitées, un dossier d’inscription pour  intégrer le collège en fin de CM2, Josiane et Colette ont été  orientées en classe de transition. Dans les années 70, même si leur enfant était doué pour les études, certaines familles de mineur faisaient le choix de l’école ménagère pour leur fille, une école ménagère intéressante, mais qui débouchait sur des perspectives d’avenir plus restreintes.

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Je revois alors la scène qui a en partie décidé de ma destinée à l’issue du CM2. Je suis assise, seule, dans la classe, trop loin pour entendre ce qu’elles se racontent. Mais ma mère discute avec intensité avec mon institutrice. Je l’ai encore dans les yeux, le visage de maman, perplexe, devant la maîtresse qui  argumente. Mme C. tient bon me semble-t-il ! Même si je ne suis pas une élève brillante, j’aime l’école a-t-elle répété. Elle insiste pour que j’entre au Collège. Maman s’est laissé convaincre.

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Je réalise alors que grâce à Mme C., je ne suis pas du groupe qui attend le bus.   J’ai la chance d’être encore dans le monde insouciant des études et des copains. Josiane et Colette, elles, sont déjà dans le monde du travail et des adultes.

Je recroise parfois Colette et Josiane, toujours dans les mêmes circonstances, mais la gêne que j’éprouve a transformé mes grands signes de bras en un sourire un peu forcé.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de mineur

La classe de transition - par apphim le 10/12/2020 @ 12:52 

La classe de transition

Il est 13h10, je pars au collège sur mon mini vélo, j’ai des ailes. Mon tout nouveau deux roues me donne une sensation de liberté. J’adore l’école et je suis juste dans les temps pour reprendre les cours de l’après-midi.

Comme chaque jour, devant la fosse 9, je passe à grands coups de pédales devant un petit groupe de filles de mon âge. Deux visages s’en détachent, Josiane et Colette. J’ai juste le temps de leur faire un grand signe en criant gaiement leurs prénoms. Le groupe de filles attend le bus qui les emmènera  vers les filatures de Roubaix-Tourcoing.

Je n’ai pas revu Colette et Josiane depuis la fin de l’école primaire et je prends soudain conscience de la situation. Alors que mes copines et moi avons rempli, très excitées, un dossier d’inscription pour  intégrer le collège en fin de CM2, Josiane et Colette ont été  orientées en classe de transition. Dans les années 70, même si leur enfant était doué pour les études, certaines familles de mineur faisaient le choix de l’école ménagère pour leur fille, une école ménagère intéressante, mais qui débouchait sur des perspectives d’avenir plus restreintes.

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Je revois alors la scène qui a en partie décidé de ma destinée à l’issue du CM2. Je suis assise, seule, dans la classe, trop loin pour entendre ce qu’elles se racontent. Mais ma mère discute avec intensité avec mon institutrice. Je l’ai encore dans les yeux, le visage de maman, perplexe, devant la maîtresse qui  argumente. Mme C. tient bon me semble-t-il ! Même si je ne suis pas une élève brillante, j’aime l’école a-t-elle répété. Elle insiste pour que j’entre au Collège. Maman s’est laissé convaincre.

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Je réalise alors que grâce à Mme C., je ne suis pas du groupe qui attend le bus.   J’ai la chance d’être encore dans le monde insouciant des études et des copains. Josiane et Colette, elles, sont déjà dans le monde du travail et des adultes.

Je recroise parfois Colette et Josiane, toujours dans les mêmes circonstances, mais la gêne que j’éprouve a transformé mes grands signes de bras en un sourire un peu forcé.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de mineur

(10/12/2020 @ 12:52)

Le service transports - par apphim le 01/12/2020 @ 07:55 

Le service des transports

Il assure l’ensemble des transports nécessaires au fonctionnement du Groupe.

Il comprend deux départements : Le Chemin de Fer et les Transports Routiers.

1-Le Chemin de fer permet l’évacuation de la production houillère, d’une partie des terres et des marchandises diverses.

Les installations ferroviaires, reliées à la SNCF par quatre gares (Chocques, Lapugnoy, Béthune-Fouquereuil et Bruay) et comportant 15 garages intérieurs dont 6 dans le Secteur d’Auchel et 9 à Bruay, s’étendent sur deux vallées convergeant au Rivage commun de Béthune.

Ce service comprend 3 Sections dont l’effectif total s’élève à 580 ouvriers et 46 employés et agents de maîtrise.

  • Section exploitation, responsable de l’ensemble du mouvement, assure la desserte des Etablissements en wagons vides et l’évacuation des produits.

Le tonnage transporté des 10 premiers mois de l’année en cours s’élève à 8 442 611 tonnes, soit une moyenne journalière de 37 357 tonnes.

  • Section voie, d’une longueur totale de 290 kilomètres, est chargée de l’entretien des voies ferrées.

  • Section Matériel et Traction, chargée de la conduite et de l’entretien de 28 locomotives Diesel électriques ( 600 et 300 Ch ), ainsi que de 2600 wagons, dispose de deux groupes d’ateliers à Labuissière et à Marles.

bruaydepot01.jpg

A l’intérieur d’un bâtiment important du chemin de fer : La rotonde de Labuissière.

2-Les Transports Routiers, assurant transports de personnel, desserte routière des Etablissements du Groupe et transports extérieurs, comprennent deux sections.

  • Section Exploitation, chargée, en fonction des demandes des Etablissements et Services du Groupe, de l’utilisation optimale du matériel (100 véhicules).

  • Section Entretien, chargée du maintien en bon état du matériel roulant, dispose de 61 ouvriers et 3 agents de maîtrise dont les bureaux et ateliers se trouvent à l’ancien Siège 1 de Bruay.

Source Bruits et Lumières 1964-Col APPHIM

Le service transports - par apphim le 01/12/2020 @ 07:55 

Le service des transports

Il assure l’ensemble des transports nécessaires au fonctionnement du Groupe.

Il comprend deux départements : Le Chemin de Fer et les Transports Routiers.

1-Le Chemin de fer permet l’évacuation de la production houillère, d’une partie des terres et des marchandises diverses.

Les installations ferroviaires, reliées à la SNCF par quatre gares (Chocques, Lapugnoy, Béthune-Fouquereuil et Bruay) et comportant 15 garages intérieurs dont 6 dans le Secteur d’Auchel et 9 à Bruay, s’étendent sur deux vallées convergeant au Rivage commun de Béthune.

Ce service comprend 3 Sections dont l’effectif total s’élève à 580 ouvriers et 46 employés et agents de maîtrise.

  • Section exploitation, responsable de l’ensemble du mouvement, assure la desserte des Etablissements en wagons vides et l’évacuation des produits.

Le tonnage transporté des 10 premiers mois de l’année en cours s’élève à 8 442 611 tonnes, soit une moyenne journalière de 37 357 tonnes.

  • Section voie, d’une longueur totale de 290 kilomètres, est chargée de l’entretien des voies ferrées.

  • Section Matériel et Traction, chargée de la conduite et de l’entretien de 28 locomotives Diesel électriques ( 600 et 300 Ch ), ainsi que de 2600 wagons, dispose de deux groupes d’ateliers à Labuissière et à Marles.

bruaydepot01.jpg

A l’intérieur d’un bâtiment important du chemin de fer : La rotonde de Labuissière.

2-Les Transports Routiers, assurant transports de personnel, desserte routière des Etablissements du Groupe et transports extérieurs, comprennent deux sections.

  • Section Exploitation, chargée, en fonction des demandes des Etablissements et Services du Groupe, de l’utilisation optimale du matériel (100 véhicules).

  • Section Entretien, chargée du maintien en bon état du matériel roulant, dispose de 61 ouvriers et 3 agents de maîtrise dont les bureaux et ateliers se trouvent à l’ancien Siège 1 de Bruay.

Source Bruits et Lumières 1964-Col APPHIM

(01/12/2020 @ 07:55)

35 ans de fond - par apphim le 16/11/2020 @ 18:42 

Trente cinq ans de fond.

Ma vie de mineur

C’est parce que mon père a été licencié de la fosse 10 à BILLY-MONTIGNY pour fait de grève que ma vie de mineur a commencé. C’était en septembre 1948, j’étais le dernier garçon de la famille, j’avais 14 ans. J’ai quitté le collège et j’ai dû aller à la fosse pour garder notre maison.

lehut03.jpg

Fosse 10 de Billy-Montigny

Après trois mois au triage, je suis descendu au fond, bien décidé à faire de mon mieux. J’ai fait toutes les activités des galibots : rouleur, hercheur, chargeur à une trémie, garde motrice, porteur de bois, de lampes, aide-racommodeur, aide-boutefeux, aide-tuyauteur, aide-raucheur, aide-géomètre, mécanicien de treuil. J’ai suivi des stages de formation au centre de BILLY-MONTIGNY et d’HÉNIN-LIÉTARD sur la sécurité, les règlements, la géométrie, le français, le secourisme. J’ai creusé des mines-image pour acquérir le savoir-faire des métiers du mineur. A 18 ans, abatteur avec mes copains, il fallait travailler dur pour atteindre le barème. Dans certaines tailles, le soutènement se faisait encore en bois : il fallait couper à la hache selon l’ouverture.

Galibots en Mine-Image apprenant leur futur métier

Après le service militaire (huit mois en Allemagne, 7 en Algérie et 8 au Maroc), j’ai repris à la fosse 6 de FOUQUIÈRES-LES-LENS à l’abattage. Dans la foulée, j’ai suivi, avec succès, une formation pour devenir agent de maîtrise : dix huit mois de stage ouvrier et dix huit mois de stage de commandement, alternativement au centre de formation et dans plusieurs fosses du secteur. J’ai démarré surveillant au 9 d’Harnes. Quatre plus tard, j’étais porion. Muté au 21 d’HARNES, j’ai suivi des cours pour devenir chef-porion. J’ai été envoyé au 4 de LENS où je ne connaissais personne. Il a fallu faire son trou dans une fosse où ce n’était ni les mêmes relations, ni les mêmes méthodes.

Fosse 7/7bis d'Avion

En 1976, je suis muté au 7 de LIÉVIN à AVION. Une vraie usine à gaz, tellement la mine était grisouteuse. Souvent les chantiers étaient arrêtés car les teneurs dépassaient les limites autorisées. A moins 910 mètres, il faisait chaud ; des ouvriers travaillaient en slip dans certains chantiers. En plus, les veines étant grandes et les toits très friables ; il y eut de nombreux éboulements. Malgré le soutènement marchant, il fallait rétablir un faux toit avec des quadrillages de bois au-dessus des chapeaux ; pour les ravancer, c’était dangereux ; on risquait de recevoir des chutes de pierres.

En 1982, à la suite d’un différend avec un ingénieur, je suis muté au 9 d’OIGNIES à l’IDT, Installation Démantèlement des Travaux. Ce ne fut pas une sinécure car le gisement était difficile : petites veines, nombreux bancs de terre, forte pression des terrains, galeries souvent écrasées. Le matériel moderne y fonctionnait mal. Les tailles ne duraient pas longtemps, il fallait les démonter et remonter souvent. Le transport du matériel était pénible car les voies étaient déformées. Le personnel était vieillissant, et l’ambiance vraiment pesante.

9/9bis d'Oignies, dernière fosse de Julien

En avril 1984, c’est avec bonheur que j’ai vu arriver l’heure de la retraite. Mes collègues m’ont offert un vélo de cyclotouriste que j’ai bien utilisé ensuite. J’ai eu de la chance de m’en sortir. J’en ai bavé, j’ai vécu des situations difficiles, j’ai vu des ouvriers grièvement blessés ou des tués. Parfois, les relations avec mes supérieurs et certains collègues étaient limitées ; d’autres fois, c’était avec des ouvriers qui ne respectaient pas les règles pour gagner plus. En regardant le passé, je me dis : ‘’C’est pas possible d’avoir vécu comme cela !!!’’ Heureusement, mon épouse m’a évité tout souci à la maison ou avec les enfants !

Julien et son épouse en 2016, photo GT

J’espère qu’un jour, on expliquera !

                                                                                                         

                                           Julien LEHUT ancien mineur, avec la complicité de Florence MINI

35 ans de fond - par apphim le 16/11/2020 @ 18:42 

Trente cinq ans de fond.

Ma vie de mineur

C’est parce que mon père a été licencié de la fosse 10 à BILLY-MONTIGNY pour fait de grève que ma vie de mineur a commencé. C’était en septembre 1948, j’étais le dernier garçon de la famille, j’avais 14 ans. J’ai quitté le collège et j’ai dû aller à la fosse pour garder notre maison.

lehut03.jpg

Fosse 10 de Billy-Montigny

Après trois mois au triage, je suis descendu au fond, bien décidé à faire de mon mieux. J’ai fait toutes les activités des galibots : rouleur, hercheur, chargeur à une trémie, garde motrice, porteur de bois, de lampes, aide-racommodeur, aide-boutefeux, aide-tuyauteur, aide-raucheur, aide-géomètre, mécanicien de treuil. J’ai suivi des stages de formation au centre de BILLY-MONTIGNY et d’HÉNIN-LIÉTARD sur la sécurité, les règlements, la géométrie, le français, le secourisme. J’ai creusé des mines-image pour acquérir le savoir-faire des métiers du mineur. A 18 ans, abatteur avec mes copains, il fallait travailler dur pour atteindre le barème. Dans certaines tailles, le soutènement se faisait encore en bois : il fallait couper à la hache selon l’ouverture.

Galibots en Mine-Image apprenant leur futur métier

Après le service militaire (huit mois en Allemagne, 7 en Algérie et 8 au Maroc), j’ai repris à la fosse 6 de FOUQUIÈRES-LES-LENS à l’abattage. Dans la foulée, j’ai suivi, avec succès, une formation pour devenir agent de maîtrise : dix huit mois de stage ouvrier et dix huit mois de stage de commandement, alternativement au centre de formation et dans plusieurs fosses du secteur. J’ai démarré surveillant au 9 d’Harnes. Quatre plus tard, j’étais porion. Muté au 21 d’HARNES, j’ai suivi des cours pour devenir chef-porion. J’ai été envoyé au 4 de LENS où je ne connaissais personne. Il a fallu faire son trou dans une fosse où ce n’était ni les mêmes relations, ni les mêmes méthodes.

Fosse 7/7bis d'Avion

En 1976, je suis muté au 7 de LIÉVIN à AVION. Une vraie usine à gaz, tellement la mine était grisouteuse. Souvent les chantiers étaient arrêtés car les teneurs dépassaient les limites autorisées. A moins 910 mètres, il faisait chaud ; des ouvriers travaillaient en slip dans certains chantiers. En plus, les veines étant grandes et les toits très friables ; il y eut de nombreux éboulements. Malgré le soutènement marchant, il fallait rétablir un faux toit avec des quadrillages de bois au-dessus des chapeaux ; pour les ravancer, c’était dangereux ; on risquait de recevoir des chutes de pierres.

En 1982, à la suite d’un différend avec un ingénieur, je suis muté au 9 d’OIGNIES à l’IDT, Installation Démantèlement des Travaux. Ce ne fut pas une sinécure car le gisement était difficile : petites veines, nombreux bancs de terre, forte pression des terrains, galeries souvent écrasées. Le matériel moderne y fonctionnait mal. Les tailles ne duraient pas longtemps, il fallait les démonter et remonter souvent. Le transport du matériel était pénible car les voies étaient déformées. Le personnel était vieillissant, et l’ambiance vraiment pesante.

9/9bis d'Oignies, dernière fosse de Julien

En avril 1984, c’est avec bonheur que j’ai vu arriver l’heure de la retraite. Mes collègues m’ont offert un vélo de cyclotouriste que j’ai bien utilisé ensuite. J’ai eu de la chance de m’en sortir. J’en ai bavé, j’ai vécu des situations difficiles, j’ai vu des ouvriers grièvement blessés ou des tués. Parfois, les relations avec mes supérieurs et certains collègues étaient limitées ; d’autres fois, c’était avec des ouvriers qui ne respectaient pas les règles pour gagner plus. En regardant le passé, je me dis : ‘’C’est pas possible d’avoir vécu comme cela !!!’’ Heureusement, mon épouse m’a évité tout souci à la maison ou avec les enfants !

Julien et son épouse en 2016, photo GT

J’espère qu’un jour, on expliquera !

                                                                                                         

                                           Julien LEHUT ancien mineur, avec la complicité de Florence MINI

(16/11/2020 @ 18:42)

Le service constructions - par apphim le 24/10/2020 @ 17:20 

Le service des constructions

Avec 20 000 logements et 165 km de chaussées à sa charge, la construction et l’entretien des établissements industriels, des logements et de la voirie dans les cités, constituent les tâches principales de ce service.

Responsable du pompage de dix millions de m3 d’eau par an pour les besoins des Sièges et des Cités, il lui incombe, entre-autre, des prestations telles que l’enlèvement des immondices, le nettoyage des réseaux d’égouts, l’exploitation des bois et pépinières, l’entretien des parcs, terrains de sport, jardins des établissements, etc…

Pour réaliser ces tâches, ce Service exploite une carrière de schistes rouges, à côté du Siège 5, une fabrique d’agglomérés et dispose de 318 ouvriers et 74 employés et agents de maîtrise.

Une partie des travaux est confiée à diverses entreprises suivant devis.

Le personnel employés et agents de maîtrise est réparti en plusieurs sections :

  • Le bureau de dessin : Etudie et met au point les divers projets.

  • La section de surveillance : Contrôle l’exécution des travaux, en assure la réception et dispose des équipes locales de petit entretien.

  • La section des métreurs : Etablit les devis et vérifie les mémoires des entreprises.

  • La section des agents techniques : Règle les questions de réparation des dégâts d’affaissements dans les propriétés particulières.

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Construction des bureaux du futur carreau de vente à Calonne-Ricouart

Source Bruits et Lumières 1964-Col APPHIM

Le service constructions - par apphim le 24/10/2020 @ 17:20 

Le service des constructions

Avec 20 000 logements et 165 km de chaussées à sa charge, la construction et l’entretien des établissements industriels, des logements et de la voirie dans les cités, constituent les tâches principales de ce service.

Responsable du pompage de dix millions de m3 d’eau par an pour les besoins des Sièges et des Cités, il lui incombe, entre-autre, des prestations telles que l’enlèvement des immondices, le nettoyage des réseaux d’égouts, l’exploitation des bois et pépinières, l’entretien des parcs, terrains de sport, jardins des établissements, etc…

Pour réaliser ces tâches, ce Service exploite une carrière de schistes rouges, à côté du Siège 5, une fabrique d’agglomérés et dispose de 318 ouvriers et 74 employés et agents de maîtrise.

Une partie des travaux est confiée à diverses entreprises suivant devis.

Le personnel employés et agents de maîtrise est réparti en plusieurs sections :

  • Le bureau de dessin : Etudie et met au point les divers projets.

  • La section de surveillance : Contrôle l’exécution des travaux, en assure la réception et dispose des équipes locales de petit entretien.

  • La section des métreurs : Etablit les devis et vérifie les mémoires des entreprises.

  • La section des agents techniques : Règle les questions de réparation des dégâts d’affaissements dans les propriétés particulières.

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Construction des bureaux du futur carreau de vente à Calonne-Ricouart

Source Bruits et Lumières 1964-Col APPHIM

(24/10/2020 @ 17:20)

01/03/2021 @ 09:47