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mineurdefond.fr


Photos et histoires des métiers, des installations et du matériel dans les Mines de charbon dans la région Nord-Pas-De-Calais. Travail de mémoire et de sauvegarde des derniers témoins de l'aventure minière. Pictures and stories of businesses, facilities and equipment in coal mines in the Nord-Pas-de-Calais. Working memory and backup of the last witnesses of the mining adventure.


Le menuisier - par apphim le 09/02/2020 @ 12:27 

Le menuisier

Souvenir de mon père André Callens

« Mon fils ne sera pas mineur !», c’est ce qu’a déclaré de manière imparable mon grand-père à son porion lors de la visite d’embauche de son fils André.  Mon grand-père était mineur abatteur. Depuis l’âge de 12 ans il travaillait à la mine, d’abord dans les mines du Boulonnais, puis à Liévin quand elles ont fermé. Il n’avait pas eu d’autre choix, arrivé des Flandres Belges à 10 ans, il avait très peu fréquenté l’école et parler le flamand comme langue maternelle avait été un autre handicap. Son fils avait un autre parcours, il aurait un autre avenir que le sien.

Pourtant ce jour-là, sans conviction, André se faisait embaucher à la mine. Peu motivé par l’école, fatalement, il suivait le chemin de son père après le certificat d’études. 

Mon père avait quatorze ans quand il commença comme « galibot » en partageant   le quotidien des Mahuts, ces femmes qui triaient le charbon des autres gravats. Elles étaient réputées pour leur gouaille et leur comportement un peu salace quelquefois.  Les histoires liées au bizutage des petits nouveaux glaçaient mon père. On racontait qu’elles aimaient leur « passer la visite » : elles les déculottaient et leur enduisaient les fesses de charbon.

mahut01.jpg

Le jour où Jeanne, la plus ancienne lui lança en riant un caillou sur la main, tout son être se crispa. Il comprit que ça allait être son tour… Alors dans une pulsion de défense, il renvoya le caillou qu’elle reçut dans un cri sur le dos de la main. Les injures et des noms d’oiseaux fusèrent, mais les Mahuts lui laissèrent finir le poste en paix.

Alors que son avenir semblait être tracé dans la morosité, la chance lui sourit. Les Houillères avaient besoin d’autres corps de métier manuels. Elles proposèrent divers apprentissages … André choisit la formation de menuisier, heureux enfin du virage que prenait son avenir, très heureux de quitter si vite les Mahuts.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de mineur

Le menuisier - par apphim le 09/02/2020 @ 12:27 

Le menuisier

Souvenir de mon père André Callens

« Mon fils ne sera pas mineur !», c’est ce qu’a déclaré de manière imparable mon grand-père à son porion lors de la visite d’embauche de son fils André.  Mon grand-père était mineur abatteur. Depuis l’âge de 12 ans il travaillait à la mine, d’abord dans les mines du Boulonnais, puis à Liévin quand elles ont fermé. Il n’avait pas eu d’autre choix, arrivé des Flandres Belges à 10 ans, il avait très peu fréquenté l’école et parler le flamand comme langue maternelle avait été un autre handicap. Son fils avait un autre parcours, il aurait un autre avenir que le sien.

Pourtant ce jour-là, sans conviction, André se faisait embaucher à la mine. Peu motivé par l’école, fatalement, il suivait le chemin de son père après le certificat d’études. 

Mon père avait quatorze ans quand il commença comme « galibot » en partageant   le quotidien des Mahuts, ces femmes qui triaient le charbon des autres gravats. Elles étaient réputées pour leur gouaille et leur comportement un peu salace quelquefois.  Les histoires liées au bizutage des petits nouveaux glaçaient mon père. On racontait qu’elles aimaient leur « passer la visite » : elles les déculottaient et leur enduisaient les fesses de charbon.

mahut01.jpg

Le jour où Jeanne, la plus ancienne lui lança en riant un caillou sur la main, tout son être se crispa. Il comprit que ça allait être son tour… Alors dans une pulsion de défense, il renvoya le caillou qu’elle reçut dans un cri sur le dos de la main. Les injures et des noms d’oiseaux fusèrent, mais les Mahuts lui laissèrent finir le poste en paix.

Alors que son avenir semblait être tracé dans la morosité, la chance lui sourit. Les Houillères avaient besoin d’autres corps de métier manuels. Elles proposèrent divers apprentissages … André choisit la formation de menuisier, heureux enfin du virage que prenait son avenir, très heureux de quitter si vite les Mahuts.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de mineur

(09/02/2020 @ 12:27)

Musette et cinéma - par apphim le 07/01/2020 @ 17:34 

La musette du grand-père

musette01.jpg

Photo André Paillart

La musette contenant le briquet du mineur de grand-père était une sacoche en épais cuir noir avec une sangle tressée pour la porter en bandoulière.

Cette musette, identique au cartable des enfants, contenait son casse-croûte.

Un matin, mon oncle Henri Wladimir, tout gamin, s’inquiète de ne pas trouver son cartable.

- « Regarde, il est posé là ! » lui montre ma grand-mère.

- « Mais non, répond-il, c’est la musette du père ! »

A la pause du briquet, grand-père a sorti les livres et cahiers d’écolier.

Espérons que ça lui ait coupé l’appétit !

                                                                                   Annick Milbrandt, fille de mineur

Au cinéma de quartier

Dans ma cité du 11, comme dans chaque cité, la salle de patronage sert de salle de cinéma, les projections se font en huit millimètres et le film est souvent rayé. Qu’importe...

Les rangées de sièges sont en fer et rabattables. Si une personne bouge, toute la rangée est au courant, quel boucant ! Qu’importe !

Mon cinéma, c’est le Rex. Il est implanté au Chemin Manot du 11, c’est à deux pas de la maison. Ma mère surveille notre sommeil en revenant de temps à autre à la maison au milieu du film. Parfois, elle nous apporte, à l’entracte, un paquet de cacahuètes entières, dans un petit sachet en papier kraft marron. Je me souviens de ma première séance de cinéma. Des chaises sont installées dans les allées, tellement il y a du monde ; mon frère n’arrête pas de parler, ma sœur Nadine se met à crier dans le noir. Pourquoi, on éteint la lumière ? Elle s’arrêtera quand la fée clochette du Conte d’Andersen apparaîtra…  Lorsque les lumières se rallument à l’entracte, nous guettons la vendeuse d’esquimaux glacés. Son panier est pris d’assaut.  Un comédien, jongleur ou acrobate, fait une démonstration de son talent. Puis les lumières s’éteignent pour la seconde moitié de la séance. Enfin, le film !

A Noël, nous allons au cinéma l’Apollo à Lens

apollo.jpg

Col Claude Duhoux

La ville de Lens offre aux scolaires, de l’école primaire jusqu’au lycée, une séance de cinéma à l’occasion de Noël.

Depuis leur école, les instituteurs et institutrices accompagnent leurs élèves, à pied, jusqu’au cinéma l’Apollo, devant la gare de Lens.

Maman m’a donné quelques bonbons que je partage sur le trajet avec mes camarades. A mon entrée dans la grande salle du cinéma, je suis émerveillée. Les sièges sont recouverts de velours rouge foncé. Ils sont rabattables comme « au Rex » mais sont moelleux et silencieux. Des lampes murales aux ferrures dorées, disposées à intervalles réguliers éclairent la grande salle. Un immense balcon peut accueillir encore de nombreux spectateurs. Un vrai théâtre !

Le lourd rideau, en velours rouge identique aux fauteuils, cache l’écran, sur toute la largeur de la pièce.

Bientôt, le rideau se lève. Place à « cendrillon »

Au retour dans la classe, après la séance, l’institutrice distribue la coquille, une orange et un gros bâton de sucre d’orge de couleur orangée, entouré d’un papier transparent. Certains mangent le petit pain immédiatement. Moi, je le garde comme un trésor, pour le montrer à maman et le manger avec une tasse de chocolat chaud. Quel délice !

                                                                                   Annick MILBRANDT, fille de mineur

Musette et cinéma - par apphim le 07/01/2020 @ 17:34 

La musette du grand-père

musette01.jpg

Photo André Paillart

La musette contenant le briquet du mineur de grand-père était une sacoche en épais cuir noir avec une sangle tressée pour la porter en bandoulière.

Cette musette, identique au cartable des enfants, contenait son casse-croûte.

Un matin, mon oncle Henri Wladimir, tout gamin, s’inquiète de ne pas trouver son cartable.

- « Regarde, il est posé là ! » lui montre ma grand-mère.

- « Mais non, répond-il, c’est la musette du père ! »

A la pause du briquet, grand-père a sorti les livres et cahiers d’écolier.

Espérons que ça lui ait coupé l’appétit !

                                                                                   Annick Milbrandt, fille de mineur

Au cinéma de quartier

Dans ma cité du 11, comme dans chaque cité, la salle de patronage sert de salle de cinéma, les projections se font en huit millimètres et le film est souvent rayé. Qu’importe...

Les rangées de sièges sont en fer et rabattables. Si une personne bouge, toute la rangée est au courant, quel boucant ! Qu’importe !

Mon cinéma, c’est le Rex. Il est implanté au Chemin Manot du 11, c’est à deux pas de la maison. Ma mère surveille notre sommeil en revenant de temps à autre à la maison au milieu du film. Parfois, elle nous apporte, à l’entracte, un paquet de cacahuètes entières, dans un petit sachet en papier kraft marron. Je me souviens de ma première séance de cinéma. Des chaises sont installées dans les allées, tellement il y a du monde ; mon frère n’arrête pas de parler, ma sœur Nadine se met à crier dans le noir. Pourquoi, on éteint la lumière ? Elle s’arrêtera quand la fée clochette du Conte d’Andersen apparaîtra…  Lorsque les lumières se rallument à l’entracte, nous guettons la vendeuse d’esquimaux glacés. Son panier est pris d’assaut.  Un comédien, jongleur ou acrobate, fait une démonstration de son talent. Puis les lumières s’éteignent pour la seconde moitié de la séance. Enfin, le film !

A Noël, nous allons au cinéma l’Apollo à Lens

apollo.jpg

Col Claude Duhoux

La ville de Lens offre aux scolaires, de l’école primaire jusqu’au lycée, une séance de cinéma à l’occasion de Noël.

Depuis leur école, les instituteurs et institutrices accompagnent leurs élèves, à pied, jusqu’au cinéma l’Apollo, devant la gare de Lens.

Maman m’a donné quelques bonbons que je partage sur le trajet avec mes camarades. A mon entrée dans la grande salle du cinéma, je suis émerveillée. Les sièges sont recouverts de velours rouge foncé. Ils sont rabattables comme « au Rex » mais sont moelleux et silencieux. Des lampes murales aux ferrures dorées, disposées à intervalles réguliers éclairent la grande salle. Un immense balcon peut accueillir encore de nombreux spectateurs. Un vrai théâtre !

Le lourd rideau, en velours rouge identique aux fauteuils, cache l’écran, sur toute la largeur de la pièce.

Bientôt, le rideau se lève. Place à « cendrillon »

Au retour dans la classe, après la séance, l’institutrice distribue la coquille, une orange et un gros bâton de sucre d’orge de couleur orangée, entouré d’un papier transparent. Certains mangent le petit pain immédiatement. Moi, je le garde comme un trésor, pour le montrer à maman et le manger avec une tasse de chocolat chaud. Quel délice !

                                                                                   Annick MILBRANDT, fille de mineur

(07/01/2020 @ 17:34)

(17/10/2019 @ 15:05)

Les schistes rouges - par apphim le 02/10/2019 @ 15:19 

Les schistes rouges en 1952, dans le Groupe de Bruay

L'exploitation des chantiers du fond produit avec le charbon un important tonnage de schistes (les terres) dont l'amoncellement constitue les terrils.

Dans ces énormes masses qui, la nuit, apparaissent constellées de points incandescents, s'opère une valorisation qui ne dépend que de la nature.

Il y a toujours mélangé, aux terres, une certaine proportion de charbon. Les pyrites contenues dans les schistes et dans la houille (sur laquelle elles apparaissent en plaques dorées appelées « or du mineur ») s'oxydent au contact de l'air. Cette oxydation que l'humidité active encore, entraîne une élévation de température qui provoque l'inflammation du charbon. Ainsi se développe une combustion lente qui va transformer les déchets en un produit utile et de recherches.

Au service de la route du rail et du bâtiment


 

Les diverses utilisations des schistes rouges peuvent, suivant l'importance du tonnage qu'elles nécessitent, être classées en quatre catégories : les travaux de viabilité, les travaux de voies-ferrées, les travaux de bâtiment et les utilisations diverses.

Les chantiers de voirie de nos cités sont entièrement exécutés avec des schistes rouges calibrés : les gros calibres (plus de 80) sont employés dans la couche de fondation, le blocage est assuré avec des 0/10, la couche de roulement est faite avec des schistes de calibre 50/80 et 20/50. La fermeture de cette couche est réalisée après cylindrage par une semi-pénétration de goudron (6kg/m2) avec gravillonage en 10/20. Un sur-tapis de macadam vient finaliser la chaussée.


 

Le Service des Ponts et Chaussées et le Service Travaux des Communes utilisent les schistes rouges pour les fondations des routes.

Terrain de jeu de boules (schistes 0/10-10/20)

Le Service du Chemin de Fer du Groupe de Bruay réalise les ballasts de ses voies avec des schistes calibrés 20/50 et 50/80.

Voie-ferrées du siège 7 de Bruay (schistes 30/50-50/80)

Dans le bâtiment, les schistes rouges sont employés par les entreprises pour les confections de semelles de fondations ou de gros massifs. Le Groupe de Bruay utilise les schistes pour la fabrication de parpaings 34*22*11.

Fabrication de parpaings au siège 7, atelier de démoulage des parpaing sous la direction de François CABOCHE

Ceci sans oublier les terrains de tennis, les allées de jardins de cimetières …


Une allée de schistes rouges à LaBuissière

Après de longues années de sommeil

schistes01.jpg
Au premier plan, la pelle mécanique charge un camion en 0/10. Au fond, le bulldozer pousse les schistes à la base du convoyeur à bande

Depuis 1958, le Groupe de Bruay a mis en service au terril plat du siège 5 une installation d'exploitation, de concassage et de criblage des schistes rouges. L'exploitation du terril se fait à l'aide de bulldozers équipés d'une lame orientable de 3,50 m qui assure l'arrachement et l'amoncellement des produits aux abords d'une trémie. Une pelle mécanique de 800 L alimente cette trémie. Une autre pelle de 600 L alimente en tout-venant les clients en puisant éventuellement dans les stocks.

Chargement d'un camion en 20/50 sous la surveillance de Charles ROUSSEL

1- Au départ de la trémie, près du point d'exploitation, un transporteur à bande de 0,60 m véhicule les produits sur une distance de 300 m vers le point de concassage : canalisés successivement par un ensemble de tôlerie formant un couloir d'alimentation une deuxième trémie puis un transporteur à bande de 0,80 m , les produits arrivent finalement en haut du bâtiment de criblage.

Bâtiment de concassage-criblage, sortie des trémies de stockage

2-Les schistes passent alors à travers un tunnel de 1 m de diamètre et 12 m de longueur. Cet appareil , entraîné par un groupe moto-réducteur de 22 Ch peut assurer un débit de 45 tonnes à l'heure et crible les produits suivants 4 claies respectivement à mailles de 10, 20, 50 et 80 mm. Suivant leur calibre, les schistes tombent alors dans les trémies de stockage correspondantes qui ont chacune une capacité de 15 tonnes .

3-Les gros produits, refusés par le crible, peuvent selon la position d'un volet situé à l’extrémité du trommel, soit tomber dans une trémie de stockage des calibrés de plus de 80 mm, soit rejoindre, par intermédiaire, d'un convoyeur à bande puis d'un couloir, un concasseur Dragon équipé d'un moteur de 51 Ch.

4-Après concassage, les matériaux tombent dans une cave, sont repris par une noria, et rejoignent ainsi le haut du bâtiment pour reprendre le circuit du crible.

L'installation actuelle peut, compte tenu de conditions atmosphériques favorables, délivrer un maximum journalier de 400 tonnes en tout-venant de 360 tonnes en calibrés.

Le tout-venant est mis à la disposition des clients près du point d'exploitation, sur le terril même, seuls les camions peuvent y accéder et sont chargés comme nous l'avons dit plus haut, par l'une des deux pelles « mécaniques ».

Les calibrés sont chargés par gravité sous les trémies du poste du criblage ; leur évacuation se fait par camions ou par wagons.

Lampe au Chapeau 1962

Les schistes rouges - par apphim le 02/10/2019 @ 15:19 

Les schistes rouges en 1952, dans le Groupe de Bruay

L'exploitation des chantiers du fond produit avec le charbon un important tonnage de schistes (les terres) dont l'amoncellement constitue les terrils.

Dans ces énormes masses qui, la nuit, apparaissent constellées de points incandescents, s'opère une valorisation qui ne dépend que de la nature.

Il y a toujours mélangé, aux terres, une certaine proportion de charbon. Les pyrites contenues dans les schistes et dans la houille (sur laquelle elles apparaissent en plaques dorées appelées « or du mineur ») s'oxydent au contact de l'air. Cette oxydation que l'humidité active encore, entraîne une élévation de température qui provoque l'inflammation du charbon. Ainsi se développe une combustion lente qui va transformer les déchets en un produit utile et de recherches.

Au service de la route du rail et du bâtiment


 

Les diverses utilisations des schistes rouges peuvent, suivant l'importance du tonnage qu'elles nécessitent, être classées en quatre catégories : les travaux de viabilité, les travaux de voies-ferrées, les travaux de bâtiment et les utilisations diverses.

Les chantiers de voirie de nos cités sont entièrement exécutés avec des schistes rouges calibrés : les gros calibres (plus de 80) sont employés dans la couche de fondation, le blocage est assuré avec des 0/10, la couche de roulement est faite avec des schistes de calibre 50/80 et 20/50. La fermeture de cette couche est réalisée après cylindrage par une semi-pénétration de goudron (6kg/m2) avec gravillonage en 10/20. Un sur-tapis de macadam vient finaliser la chaussée.


 

Le Service des Ponts et Chaussées et le Service Travaux des Communes utilisent les schistes rouges pour les fondations des routes.

Terrain de jeu de boules (schistes 0/10-10/20)

Le Service du Chemin de Fer du Groupe de Bruay réalise les ballasts de ses voies avec des schistes calibrés 20/50 et 50/80.

Voie-ferrées du siège 7 de Bruay (schistes 30/50-50/80)

Dans le bâtiment, les schistes rouges sont employés par les entreprises pour les confections de semelles de fondations ou de gros massifs. Le Groupe de Bruay utilise les schistes pour la fabrication de parpaings 34*22*11.

Fabrication de parpaings au siège 7, atelier de démoulage des parpaing sous la direction de François CABOCHE

Ceci sans oublier les terrains de tennis, les allées de jardins de cimetières …


Une allée de schistes rouges à LaBuissière

Après de longues années de sommeil

schistes01.jpg
Au premier plan, la pelle mécanique charge un camion en 0/10. Au fond, le bulldozer pousse les schistes à la base du convoyeur à bande

Depuis 1958, le Groupe de Bruay a mis en service au terril plat du siège 5 une installation d'exploitation, de concassage et de criblage des schistes rouges. L'exploitation du terril se fait à l'aide de bulldozers équipés d'une lame orientable de 3,50 m qui assure l'arrachement et l'amoncellement des produits aux abords d'une trémie. Une pelle mécanique de 800 L alimente cette trémie. Une autre pelle de 600 L alimente en tout-venant les clients en puisant éventuellement dans les stocks.

Chargement d'un camion en 20/50 sous la surveillance de Charles ROUSSEL

1- Au départ de la trémie, près du point d'exploitation, un transporteur à bande de 0,60 m véhicule les produits sur une distance de 300 m vers le point de concassage : canalisés successivement par un ensemble de tôlerie formant un couloir d'alimentation une deuxième trémie puis un transporteur à bande de 0,80 m , les produits arrivent finalement en haut du bâtiment de criblage.

Bâtiment de concassage-criblage, sortie des trémies de stockage

2-Les schistes passent alors à travers un tunnel de 1 m de diamètre et 12 m de longueur. Cet appareil , entraîné par un groupe moto-réducteur de 22 Ch peut assurer un débit de 45 tonnes à l'heure et crible les produits suivants 4 claies respectivement à mailles de 10, 20, 50 et 80 mm. Suivant leur calibre, les schistes tombent alors dans les trémies de stockage correspondantes qui ont chacune une capacité de 15 tonnes .

3-Les gros produits, refusés par le crible, peuvent selon la position d'un volet situé à l’extrémité du trommel, soit tomber dans une trémie de stockage des calibrés de plus de 80 mm, soit rejoindre, par intermédiaire, d'un convoyeur à bande puis d'un couloir, un concasseur Dragon équipé d'un moteur de 51 Ch.

4-Après concassage, les matériaux tombent dans une cave, sont repris par une noria, et rejoignent ainsi le haut du bâtiment pour reprendre le circuit du crible.

L'installation actuelle peut, compte tenu de conditions atmosphériques favorables, délivrer un maximum journalier de 400 tonnes en tout-venant de 360 tonnes en calibrés.

Le tout-venant est mis à la disposition des clients près du point d'exploitation, sur le terril même, seuls les camions peuvent y accéder et sont chargés comme nous l'avons dit plus haut, par l'une des deux pelles « mécaniques ».

Les calibrés sont chargés par gravité sous les trémies du poste du criblage ; leur évacuation se fait par camions ou par wagons.

Lampe au Chapeau 1962

(02/10/2019 @ 15:19)

L'autorité du père - par apphim le 25/06/2019 @ 15:15 

L’autorité du père, la discipline (1950/1960)

Les enfants doivent obéissance à l’adulte : le père, l’instituteur, le curé… L’enfant est un être qu’il faut «  dresser ». L’adulte a toujours raison. L’enfant n’a pas droit à la parole.

A l’école

A l’école, la discipline est rigoureuse. Les élèves se rangent en colonnes strictes et, l’entrée en classe est silencieuse. En cours il est interdit de parler sans l’accord de l’enseignant.

 La maitresse surveille l’état de propreté. On lui montre les mains en entrant dans la classe. Une blouse grise protège les vêtements des garçons, tandis que  les filles portent de jolis tabliers à motifs. Ma mère m’achète 2 tabliers par an, que j’alterne chaque semaine. Nous choisissons dans le magasin de vêtements, chemin Manot au 11. En période de rentrée scolaire, l’une des 2 vitrines de la boutique, est entièrement consacrée aux tabliers pour enfants.

Un cours d’instruction civique débute la journée par une leçon  de morale. Les punitions de l’enseignant pleuvent en cas d’indiscipline ou de mauvais résultats scolaires :

                                                                                                                                                          

- Des lignes à écrire 100 fois ou plus : « je ne dois pas parler en classe »,

- Des coups de règles sur le bout des doigts,

- Le port toute une journée d’un bonnet d’âne en carton,

- Une ardoise à porter au cou sur laquelle est inscrite la faute, ou le mauvais comportement,  

- Le cahier mal soigné, épinglé au dos et se présenter ainsi, dans toutes les classes,

- La main gauche attachée, pour obliger les récalcitrants à écrire « de la belle main »,

- Rester debout derrière le tableau mobile durant de longues heures, ou bien le nez collé au mur,

- Une règle dans le dos pour se tenir bien droit,

- A genoux sur une règle (plutôt chez les garçons), les mains sur la tête.

Les élèves punis sont en général toujours les mêmes.  

A la maison

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Dans les maisons, les pères sont craints. Ils ont toute autorité sur l’épouse et les enfants.

Pour ma sœur Nadine, qui désobéissait, la sanction était « le martinet ». C’est un bâton d’environ 20 cm au bout duquel sont accrochées une dizaine de lanières en cuir de la même longueur, aussi longues que le bâton. Tous les enfants connaissent «  le martinet ». Le vendeur ambulant de lait, qui passait dans les rues dans son camion Citroën, en plus de quelques articles d’épicerie, exposait un fort grand nombre de ces engins. Parfois, il n’en avait plus en vente, devant la forte demande. Certains pères le brandissaient seulement, en signe de menace, mais  beaucoup les utilisaient,  puisque l’adulte doit avoir toujours raison.

Je me rappelle, mon père prenait une chaise pour s’assoir.  Il attrapait Nadine, la maintenait couchée sur le ventre contre ses genoux, et frappait ses fesses nues. Ma mère, qui s’interposait en criant, était repoussée violemment. J’assistais, figée, à la scène, criant à chaque coup infligé à ma sœur, comme si je les ressentais.  Nadine, allongée sur le lit dans la position ventrale, sanglotait doucement sous la main caressante de ma mère, l’enduisant d’un baume adoucissant. La marche, les jours suivants, sur le trajet de l’école, s’avérait délicate. Les « saucissons » sur les fesses disparaissaient avec le temps.

Les institutrices se doutaient des blessures physiques de certains enfants, mais ne « soufflaient » mot. Le médecin, l’infirmière gardaient le silence.

Un jour, Nadine coupa à ras, les lanières de cuir au ras du bâton. Mon père, en un tour de main, déroula sa ceinture d’autour de la taille et la brandit. Ma mère s’accrocha à lui plus fermement que jamais, et il abandonna. Le lendemain, au clou sur le  mur, un martinet tout neuf  s’exposait à nos yeux.

Mon frère Christian a lui aussi connu le martinet. Mais, ce dont je me souviens le plus, c’est le cachot, dans la « cabane à lapins » où il a passé de longs moments, enfermé. Un petit réduit, qui servait tantôt aux poules, tantôt aux lapins. Ce local noir et froid dans lequel on ne tient pas debout, était ainsi « la punition » de mon frère quand il n’était pas sage !

Ma mère a bien pleuré et tenté d’empêcher les punitions, mais le chef de famille a toute puissance ! 

Papa d'Annick

Mon père savait aussi jouer avec nous et nous initier à toutes sortes d’activités manuelles, sportives… Il me racontait des histoires avant d’aller au lit.  Ma préférée : « l’histoire de la petite poule rousse », qu’un jour, ne sachant pas encore lire, je lui racontais par cœur,  à force de l’entendre. Nous passions de bons moments à la pêche avec lui : Fampoux, Brunemont, Aubigny au Bac … Nous aimions notre père et il nous aimait.

Une voisine malmenée par son mari  venait régulièrement pleurer auprès de ma mère. Elle s’empressait de rentrer chez elle avant le retour de son homme ! La consommation d’alcool ne favorisait pas la tranquillité dans quelques foyers (vin, bière brassée au domicile, genièvre l’alcool régional).

 Il était facile de repérer  les habitations  d’où sortaient les éclats de voix, les disputes, les murs qui tremblent sous la violence.

 Si la solidarité est de mise au fond, entre les travailleurs, elle existe de la même façon chez ces mères de famille, femmes au foyer. 

 La condition de la femme, dépendante de son époux, à cette époque, dans les mines comme ailleurs, c’était la « soumission obligée ».

Dans les années 60, chaque enfant aura très certainement côtoyé un adulte trop brutal, un enseignant trop sévère, et ceci, dans quelque milieu social que ce soit.

Malgré toutes ces anecdotes, je qualifie les souvenirs que je garde de mon enfance : «  Du Bonheur ». Dans l’esprit de l’enfant que j’étais, il me semble avoir évolué dans une famille aimante, avec des voisins, des camarades, des enseignants chaleureux, généreux, gentils, serviables.

 Des moments douloureux, difficiles ? C’est le lot de chacun, quelques soient ses origines, et son  époque…

Annick MILBRANDT, fille de mineur

L'autorité du père - par apphim le 25/06/2019 @ 15:15 

L’autorité du père, la discipline (1950/1960)

Les enfants doivent obéissance à l’adulte : le père, l’instituteur, le curé… L’enfant est un être qu’il faut «  dresser ». L’adulte a toujours raison. L’enfant n’a pas droit à la parole.

A l’école

A l’école, la discipline est rigoureuse. Les élèves se rangent en colonnes strictes et, l’entrée en classe est silencieuse. En cours il est interdit de parler sans l’accord de l’enseignant.

 La maitresse surveille l’état de propreté. On lui montre les mains en entrant dans la classe. Une blouse grise protège les vêtements des garçons, tandis que  les filles portent de jolis tabliers à motifs. Ma mère m’achète 2 tabliers par an, que j’alterne chaque semaine. Nous choisissons dans le magasin de vêtements, chemin Manot au 11. En période de rentrée scolaire, l’une des 2 vitrines de la boutique, est entièrement consacrée aux tabliers pour enfants.

Un cours d’instruction civique débute la journée par une leçon  de morale. Les punitions de l’enseignant pleuvent en cas d’indiscipline ou de mauvais résultats scolaires :

                                                                                                                                                          

- Des lignes à écrire 100 fois ou plus : « je ne dois pas parler en classe »,

- Des coups de règles sur le bout des doigts,

- Le port toute une journée d’un bonnet d’âne en carton,

- Une ardoise à porter au cou sur laquelle est inscrite la faute, ou le mauvais comportement,  

- Le cahier mal soigné, épinglé au dos et se présenter ainsi, dans toutes les classes,

- La main gauche attachée, pour obliger les récalcitrants à écrire « de la belle main »,

- Rester debout derrière le tableau mobile durant de longues heures, ou bien le nez collé au mur,

- Une règle dans le dos pour se tenir bien droit,

- A genoux sur une règle (plutôt chez les garçons), les mains sur la tête.

Les élèves punis sont en général toujours les mêmes.  

A la maison

autorite02.jpg

Dans les maisons, les pères sont craints. Ils ont toute autorité sur l’épouse et les enfants.

Pour ma sœur Nadine, qui désobéissait, la sanction était « le martinet ». C’est un bâton d’environ 20 cm au bout duquel sont accrochées une dizaine de lanières en cuir de la même longueur, aussi longues que le bâton. Tous les enfants connaissent «  le martinet ». Le vendeur ambulant de lait, qui passait dans les rues dans son camion Citroën, en plus de quelques articles d’épicerie, exposait un fort grand nombre de ces engins. Parfois, il n’en avait plus en vente, devant la forte demande. Certains pères le brandissaient seulement, en signe de menace, mais  beaucoup les utilisaient,  puisque l’adulte doit avoir toujours raison.

Je me rappelle, mon père prenait une chaise pour s’assoir.  Il attrapait Nadine, la maintenait couchée sur le ventre contre ses genoux, et frappait ses fesses nues. Ma mère, qui s’interposait en criant, était repoussée violemment. J’assistais, figée, à la scène, criant à chaque coup infligé à ma sœur, comme si je les ressentais.  Nadine, allongée sur le lit dans la position ventrale, sanglotait doucement sous la main caressante de ma mère, l’enduisant d’un baume adoucissant. La marche, les jours suivants, sur le trajet de l’école, s’avérait délicate. Les « saucissons » sur les fesses disparaissaient avec le temps.

Les institutrices se doutaient des blessures physiques de certains enfants, mais ne « soufflaient » mot. Le médecin, l’infirmière gardaient le silence.

Un jour, Nadine coupa à ras, les lanières de cuir au ras du bâton. Mon père, en un tour de main, déroula sa ceinture d’autour de la taille et la brandit. Ma mère s’accrocha à lui plus fermement que jamais, et il abandonna. Le lendemain, au clou sur le  mur, un martinet tout neuf  s’exposait à nos yeux.

Mon frère Christian a lui aussi connu le martinet. Mais, ce dont je me souviens le plus, c’est le cachot, dans la « cabane à lapins » où il a passé de longs moments, enfermé. Un petit réduit, qui servait tantôt aux poules, tantôt aux lapins. Ce local noir et froid dans lequel on ne tient pas debout, était ainsi « la punition » de mon frère quand il n’était pas sage !

Ma mère a bien pleuré et tenté d’empêcher les punitions, mais le chef de famille a toute puissance ! 

Papa d'Annick

Mon père savait aussi jouer avec nous et nous initier à toutes sortes d’activités manuelles, sportives… Il me racontait des histoires avant d’aller au lit.  Ma préférée : « l’histoire de la petite poule rousse », qu’un jour, ne sachant pas encore lire, je lui racontais par cœur,  à force de l’entendre. Nous passions de bons moments à la pêche avec lui : Fampoux, Brunemont, Aubigny au Bac … Nous aimions notre père et il nous aimait.

Une voisine malmenée par son mari  venait régulièrement pleurer auprès de ma mère. Elle s’empressait de rentrer chez elle avant le retour de son homme ! La consommation d’alcool ne favorisait pas la tranquillité dans quelques foyers (vin, bière brassée au domicile, genièvre l’alcool régional).

 Il était facile de repérer  les habitations  d’où sortaient les éclats de voix, les disputes, les murs qui tremblent sous la violence.

 Si la solidarité est de mise au fond, entre les travailleurs, elle existe de la même façon chez ces mères de famille, femmes au foyer. 

 La condition de la femme, dépendante de son époux, à cette époque, dans les mines comme ailleurs, c’était la « soumission obligée ».

Dans les années 60, chaque enfant aura très certainement côtoyé un adulte trop brutal, un enseignant trop sévère, et ceci, dans quelque milieu social que ce soit.

Malgré toutes ces anecdotes, je qualifie les souvenirs que je garde de mon enfance : «  Du Bonheur ». Dans l’esprit de l’enfant que j’étais, il me semble avoir évolué dans une famille aimante, avec des voisins, des camarades, des enseignants chaleureux, généreux, gentils, serviables.

 Des moments douloureux, difficiles ? C’est le lot de chacun, quelques soient ses origines, et son  époque…

Annick MILBRANDT, fille de mineur

(25/06/2019 @ 15:15)

Ma cité a bien changé - par apphim le 14/05/2019 @ 09:11 

Ma cité a bien changé

Le musée du Louvre vient d’ouvrir ses portes. Les touristes affluent de France et d’ailleurs.

« Si ce n’est le climat, rude et pluvieux, il est beau le bassin minier, et les gens ! quel accueil chaleureux ! » Voilà leurs paroles.

Le musée a pris la place du puits de la fosse 9 où a travaillé mon père et de nombreux autres mineurs de diverses nationalités.

J’ai grandi dans cette cité.

Il y a soixante ans, la cité de la fosse 9 n’avait pas le même aspect.

Une photo prise en 1950, me rappelle mon enfance.

citeannick01.jpg

A l’horizon, sur la photo, se dessinent plusieurs terrils pointus et la grande tour carrée du 11 /19 à Loos en Gohelle n’existe pas. Les terrils sont noirs. De la fumée s’en échappe sur les flancs. La neige ne tient pas sur le charbon qui n’est pas tout à fait froid.

Les roues dans les chevalets font entendre leurs ronronnements à distance.

Les terrils dégagent une fine poussière noire. Chaque jour, les poussières doivent être faites sur les meubles dans les maisons.

Une voisine sicilienne a abandonné ses vêtements blancs. Dans mon pays, dit- elle, on s’habille tous en blanc. Il n’y a pas cette poussière de charbon.

Nous revenons, les vêtements, les pieds et les chaussures noircis lorsque nous allons jouer dans les terrils. Il faut retourner les chaussettes pleines de gravillons. Difficile de cacher d’où l’on vient ! Ces endroits sont dangereux, des affaissements peuvent se produire à tout moment. L’accès est interdit.

Certaines chaussées de la cité 9 sont constituées de briques rouges comme les maisons.  Les rues Pascal, Montaigne, Chateaubriand …. sont bordée d’arbres.

Des barrières en bois séparent les jardins et maisons les unes des autres.

La cité 9 est jolie.

Les maisons en briques rouges, sont pimpantes avec leurs portes et volets de couleurs vives alternativement jaune et vert ou régulièrement rouge bordeaux, selon les rues.

Elles sont entretenues par les Services Techniques des Houillères.

Après leur dur travail à la mine, les hommes prennent plaisir à jardiner.

Notre jardin, comme beaucoup d’autres, est abondement fleuri.

Les potagers occupent toute la surface du grand terrain.

Quelques arbres fruitiers y trouvent leur place.

Les caniveaux sont propres. Le garde des mines s’en assure et réprimande les ménagères négligentes.

Depuis l’église du 9, les enterrements empruntent la rue Pascal verdoyante jusqu’au cimetière.

Monsieur le curé est en tête. Des chevaux tirent le corbillard drapé de noir. En sortant de l’école, il nous arrive de suivre le cortège à distance. Nous connaissons souvent la famille du défunt et guettons la présence d’un camarade. Les hommes ont revêtu le costume du dimanche. Les femmes toutes de noir vêtues, arborent un chapeau dont le long voile de crêpe noir cache le visage. La marche est lente et silencieuse, quelques sanglots parviennent à nos oreilles.

De petites places, Staël et Regnard, sont, au croisement de rues, les terrains de jeux des enfants.

La rue Beaumarchais, où j’habite, est en terre.

Cette rue longe en partie le « puisard » (on dit le pizeur), un ruisseau attenant à un vaste espace vert, rectangulaire, à la végétation sauvage, entouré de peupliers.

Pour y accéder, nous devons aller jusqu’ au croisement avec la rue Chateaubriand, où un pont franchit le cours d’eau.

Nous avons plus vite fait de sauter d’une rive à l’autre. Malheureusement, on n’y arrive pas à tous les coups, c’est large !

On  est  tous tombés dans ce réservoir à têtards et autres bestioles. Ma mère a soigneusement retiré des longs cheveux de ma sœur Nadine, un à un, les petits vers rouges et autres larves lorsqu’elle est rentrée, toute dégoulinante d’eau en pleurant.

Les parents nous interdisent de piétiner dans cette eau. Celle-ci, petit affluant ou dérivation de la rivière La Souchez, passerait par les puits de mines en amont (3 de Lens) où les mineurs se laveraient.

Difficile d’obéir lorsque les têtards et les tritons  montrent leur nez.

Au puisard, mon frère grimpe en haut des peupliers. Il fabrique des arcs a flèches, et sculpte des morceaux de bois. Il m’emmène un jour  pour me montrer la cachette de son trésor (un sac de billes) enfoui dans un coin secret. Nous y jouons aux cow-boys et aux indiens, avec les camarades de la rue.

Quelques terrains sont encore occupés par des familles de fermiers. Nous achetons le lait et le beurre demi-sel à la ferme de la rue Paul Bert. Une vache est dessinée en relief sur la motte de beurre. Ma mère passe délicatement le couteau sous le dessin et étale le beurre sur les tartines de mon frère et ma sœur, à tour de rôle. Je préfère les tartines de saindoux. (Croisure de lard fondue à la cuisson du four et qui couvre la surface des pâtés maison)

Au fond du jardin de ma grand-mère, rue de la tour d’Auvergne, nous aimons nous assoir en regardant le troupeau. Le fermier le rentre le soir pour la traite et nous le suivons. Quel spectacle que de voir la fermière tirer énergiquement sur les pis. Elle donne parfois des coups de poings dans la mamelle. Le sceau se remplit vite. Nous attendons patiemment, émerveillés à chaque fois du geste ferme et efficace en attendant la friandise finale, le fond verre de lait tout chaud !

Deux lignes de chemin de fer traversent la cité 9.

La première est une ligne SNCF. Elle relie la gare de Lens à La Bassée et Dunkerque barrière.

La deuxième ligne appartient aux Houillères et dessert toutes les mines. Les wagons  transportent le charbon. Ils viennent du 3 de Lens et se dirigent vers la gare Ste Elisabeth. Le garde barrière descend la barrière à l’aide d’une manivelle à l’annonce d’un train.

La végétation autour des voies ferrées reste sauvage.

Pas éclairés, les ponts de la rue Paul Bert et du pont noir (entre la cité 9 et Liévin) sont lugubres le soir et on accélère le pas à cet endroit, pas rassurés.

Pourtant, bien que nous nous déplacions à pied ou en vélo, il ne nous est jamais rien arrivé.

 

Au fil des années, le paysage a changé. Dans les années 65-70

Les travaux de rénovation ont commencé avec l’installation du tout à l’égout.

Les rues sont élargies au détriment des arbres et les trottoirs sont goudronnés, le ruisseau  passe dans de gros tuyaux.

Le puisard est aménagé en stade « Georges Carpentier ». Il est toujours entouré des grands peupliers.

Le gardien, logé sur place en interdit l’accès. On ne peut plus y jouer.

De nouvelles fenêtres et de nouvelles portes de maison remplacent les anciennes, un peu pourries.

De petites barrières en ciment séparent à présent les habitations.

Des salles de bain sont construites, accolées aux maisons.

Les grands jardins ont diminué de superficie et de petites maisons basses de retraités apparaissent à cet endroit.

Les constructions de garages empiètent les potagers

Les voitures automobiles se garent sur les places, elles aussi privées de leur végétation.

Quelques lotissements ont envahi les pâtures.

Les voies ferrées minières n’existent plus, le pont de la rue Paul Bert et le pont Noir sont détruits.

Des routes et chemins piétonniers ont remplacé la voie ferrée des mines.

Une allée se dirige vers le centre-ville de Liévin via l’emplacement du pont noir. Une autre allée se dirige vers le stade Bollaert, une voie verdoyante et une autre toute aussi agréable se dirige vers le pont Césarine et le centre-ville de Lens

 Ce sont maintenant les belles voies d’accès au musée du Louvre

Seul le cimetière de la cité de la fosse 9 a conservé son aspect.

Annick Milbrandt, fille de mineur

Ma cité a bien changé - par apphim le 14/05/2019 @ 09:11 

Ma cité a bien changé

Le musée du Louvre vient d’ouvrir ses portes. Les touristes affluent de France et d’ailleurs.

« Si ce n’est le climat, rude et pluvieux, il est beau le bassin minier, et les gens ! quel accueil chaleureux ! » Voilà leurs paroles.

Le musée a pris la place du puits de la fosse 9 où a travaillé mon père et de nombreux autres mineurs de diverses nationalités.

J’ai grandi dans cette cité.

Il y a soixante ans, la cité de la fosse 9 n’avait pas le même aspect.

Une photo prise en 1950, me rappelle mon enfance.

citeannick01.jpg

A l’horizon, sur la photo, se dessinent plusieurs terrils pointus et la grande tour carrée du 11 /19 à Loos en Gohelle n’existe pas. Les terrils sont noirs. De la fumée s’en échappe sur les flancs. La neige ne tient pas sur le charbon qui n’est pas tout à fait froid.

Les roues dans les chevalets font entendre leurs ronronnements à distance.

Les terrils dégagent une fine poussière noire. Chaque jour, les poussières doivent être faites sur les meubles dans les maisons.

Une voisine sicilienne a abandonné ses vêtements blancs. Dans mon pays, dit- elle, on s’habille tous en blanc. Il n’y a pas cette poussière de charbon.

Nous revenons, les vêtements, les pieds et les chaussures noircis lorsque nous allons jouer dans les terrils. Il faut retourner les chaussettes pleines de gravillons. Difficile de cacher d’où l’on vient ! Ces endroits sont dangereux, des affaissements peuvent se produire à tout moment. L’accès est interdit.

Certaines chaussées de la cité 9 sont constituées de briques rouges comme les maisons.  Les rues Pascal, Montaigne, Chateaubriand …. sont bordée d’arbres.

Des barrières en bois séparent les jardins et maisons les unes des autres.

La cité 9 est jolie.

Les maisons en briques rouges, sont pimpantes avec leurs portes et volets de couleurs vives alternativement jaune et vert ou régulièrement rouge bordeaux, selon les rues.

Elles sont entretenues par les Services Techniques des Houillères.

Après leur dur travail à la mine, les hommes prennent plaisir à jardiner.

Notre jardin, comme beaucoup d’autres, est abondement fleuri.

Les potagers occupent toute la surface du grand terrain.

Quelques arbres fruitiers y trouvent leur place.

Les caniveaux sont propres. Le garde des mines s’en assure et réprimande les ménagères négligentes.

Depuis l’église du 9, les enterrements empruntent la rue Pascal verdoyante jusqu’au cimetière.

Monsieur le curé est en tête. Des chevaux tirent le corbillard drapé de noir. En sortant de l’école, il nous arrive de suivre le cortège à distance. Nous connaissons souvent la famille du défunt et guettons la présence d’un camarade. Les hommes ont revêtu le costume du dimanche. Les femmes toutes de noir vêtues, arborent un chapeau dont le long voile de crêpe noir cache le visage. La marche est lente et silencieuse, quelques sanglots parviennent à nos oreilles.

De petites places, Staël et Regnard, sont, au croisement de rues, les terrains de jeux des enfants.

La rue Beaumarchais, où j’habite, est en terre.

Cette rue longe en partie le « puisard » (on dit le pizeur), un ruisseau attenant à un vaste espace vert, rectangulaire, à la végétation sauvage, entouré de peupliers.

Pour y accéder, nous devons aller jusqu’ au croisement avec la rue Chateaubriand, où un pont franchit le cours d’eau.

Nous avons plus vite fait de sauter d’une rive à l’autre. Malheureusement, on n’y arrive pas à tous les coups, c’est large !

On  est  tous tombés dans ce réservoir à têtards et autres bestioles. Ma mère a soigneusement retiré des longs cheveux de ma sœur Nadine, un à un, les petits vers rouges et autres larves lorsqu’elle est rentrée, toute dégoulinante d’eau en pleurant.

Les parents nous interdisent de piétiner dans cette eau. Celle-ci, petit affluant ou dérivation de la rivière La Souchez, passerait par les puits de mines en amont (3 de Lens) où les mineurs se laveraient.

Difficile d’obéir lorsque les têtards et les tritons  montrent leur nez.

Au puisard, mon frère grimpe en haut des peupliers. Il fabrique des arcs a flèches, et sculpte des morceaux de bois. Il m’emmène un jour  pour me montrer la cachette de son trésor (un sac de billes) enfoui dans un coin secret. Nous y jouons aux cow-boys et aux indiens, avec les camarades de la rue.

Quelques terrains sont encore occupés par des familles de fermiers. Nous achetons le lait et le beurre demi-sel à la ferme de la rue Paul Bert. Une vache est dessinée en relief sur la motte de beurre. Ma mère passe délicatement le couteau sous le dessin et étale le beurre sur les tartines de mon frère et ma sœur, à tour de rôle. Je préfère les tartines de saindoux. (Croisure de lard fondue à la cuisson du four et qui couvre la surface des pâtés maison)

Au fond du jardin de ma grand-mère, rue de la tour d’Auvergne, nous aimons nous assoir en regardant le troupeau. Le fermier le rentre le soir pour la traite et nous le suivons. Quel spectacle que de voir la fermière tirer énergiquement sur les pis. Elle donne parfois des coups de poings dans la mamelle. Le sceau se remplit vite. Nous attendons patiemment, émerveillés à chaque fois du geste ferme et efficace en attendant la friandise finale, le fond verre de lait tout chaud !

Deux lignes de chemin de fer traversent la cité 9.

La première est une ligne SNCF. Elle relie la gare de Lens à La Bassée et Dunkerque barrière.

La deuxième ligne appartient aux Houillères et dessert toutes les mines. Les wagons  transportent le charbon. Ils viennent du 3 de Lens et se dirigent vers la gare Ste Elisabeth. Le garde barrière descend la barrière à l’aide d’une manivelle à l’annonce d’un train.

La végétation autour des voies ferrées reste sauvage.

Pas éclairés, les ponts de la rue Paul Bert et du pont noir (entre la cité 9 et Liévin) sont lugubres le soir et on accélère le pas à cet endroit, pas rassurés.

Pourtant, bien que nous nous déplacions à pied ou en vélo, il ne nous est jamais rien arrivé.

 

Au fil des années, le paysage a changé. Dans les années 65-70

Les travaux de rénovation ont commencé avec l’installation du tout à l’égout.

Les rues sont élargies au détriment des arbres et les trottoirs sont goudronnés, le ruisseau  passe dans de gros tuyaux.

Le puisard est aménagé en stade « Georges Carpentier ». Il est toujours entouré des grands peupliers.

Le gardien, logé sur place en interdit l’accès. On ne peut plus y jouer.

De nouvelles fenêtres et de nouvelles portes de maison remplacent les anciennes, un peu pourries.

De petites barrières en ciment séparent à présent les habitations.

Des salles de bain sont construites, accolées aux maisons.

Les grands jardins ont diminué de superficie et de petites maisons basses de retraités apparaissent à cet endroit.

Les constructions de garages empiètent les potagers

Les voitures automobiles se garent sur les places, elles aussi privées de leur végétation.

Quelques lotissements ont envahi les pâtures.

Les voies ferrées minières n’existent plus, le pont de la rue Paul Bert et le pont Noir sont détruits.

Des routes et chemins piétonniers ont remplacé la voie ferrée des mines.

Une allée se dirige vers le centre-ville de Liévin via l’emplacement du pont noir. Une autre allée se dirige vers le stade Bollaert, une voie verdoyante et une autre toute aussi agréable se dirige vers le pont Césarine et le centre-ville de Lens

 Ce sont maintenant les belles voies d’accès au musée du Louvre

Seul le cimetière de la cité de la fosse 9 a conservé son aspect.

Annick Milbrandt, fille de mineur

(14/05/2019 @ 09:11)

La friche du Louvre-LENS - par apphim le 19/03/2019 @ 11:04 

Ma grand-mère m’a donné le goût des tisanes…

La friche du Louvre-LENS

Au bout du jardin de ma grand-mère, s’étendait une friche minière. La fosse laissée à l’abandon avait laissé la place à une longue langue de terre recouverte de charbons et de schistes.  Sur ce sol insolite, vieux de 350 millions d’années, une flore exubérante y poussait. Cette friche, que j’appelais terril, ressemblait à un patchwork coloré. Le rose des saponaires, le bleu turquoise de la vipérine, le jaune des onagres, le feuillage évanescent des bouleaux ou celui découpé des acacias dynamisaient ce jardin sauvage.

frichelouvre01.jpg

Le dimanche après-midi, nous allions souvent nous y promener en famille. J’allais à la recherche du plus beau fossile, je chassais les papillons ou j’accompagnais ma grand-mère Alice dans ses cueillettes. Au printemps, elle récoltait dans son grand tablier bleu les bourgeons floraux des aubépines blanches, très odorants. Le parfum des fleurs qui séchaient dans le cellier embaumait la maison.

L’été, c’était la cueillette du millepertuis qui macérait au soleil dans l’huile d’olive. Alice glanait aussi le serpolet, ce thym sauvage, une plante du sud, qui trouvait sur cette terre noire faite de caillasse la chaleur nécessaire à son épanouissement. J’apprenais à reconnaitre et à respecter les plantes, à en connaître leur vertu. Ma grand-mère me transmettait ses connaissances qui lui venaient de sa propre mère. Alice se soignait par les plantes.

Puis, j’ai grandi, ma grand-mère est partie en maison de retraite, mes parents ont déménagé, et nous ne sommes plus allés nous promener sur le terril. Mais je n’ai jamais oublié cet endroit, son étrangeté et l’élégance de sa végétation. 

J’y retourne depuis peu. « Mon » terril a gardé son allure de longue lande plate, le schiste noir affleure encore dans le jardin, et le ciel, souvent plombé, a été magnifié par le génie d’architectes japonais. Resté si longtemps sauvage, « mon » terril a reçu la visite d’un million de personnes depuis décembre 2012. La friche autrefois oubliée, est devenue signe de renaissance. Oui, c’est « mon » terril qui a été choisi pour accueillir le Louvre-Lens… 

Quand j’y vais, je me ressens toujours comme une visiteuse un peu extraordinaire. Je ressens encore le magnétisme du lieu. La nature en avait fait un lieu pour les peintres. Bien vu !

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de Mineur

La friche du Louvre-LENS - par apphim le 19/03/2019 @ 11:04 

Ma grand-mère m’a donné le goût des tisanes…

La friche du Louvre-LENS

Au bout du jardin de ma grand-mère, s’étendait une friche minière. La fosse laissée à l’abandon avait laissé la place à une longue langue de terre recouverte de charbons et de schistes.  Sur ce sol insolite, vieux de 350 millions d’années, une flore exubérante y poussait. Cette friche, que j’appelais terril, ressemblait à un patchwork coloré. Le rose des saponaires, le bleu turquoise de la vipérine, le jaune des onagres, le feuillage évanescent des bouleaux ou celui découpé des acacias dynamisaient ce jardin sauvage.

frichelouvre01.jpg

Le dimanche après-midi, nous allions souvent nous y promener en famille. J’allais à la recherche du plus beau fossile, je chassais les papillons ou j’accompagnais ma grand-mère Alice dans ses cueillettes. Au printemps, elle récoltait dans son grand tablier bleu les bourgeons floraux des aubépines blanches, très odorants. Le parfum des fleurs qui séchaient dans le cellier embaumait la maison.

L’été, c’était la cueillette du millepertuis qui macérait au soleil dans l’huile d’olive. Alice glanait aussi le serpolet, ce thym sauvage, une plante du sud, qui trouvait sur cette terre noire faite de caillasse la chaleur nécessaire à son épanouissement. J’apprenais à reconnaitre et à respecter les plantes, à en connaître leur vertu. Ma grand-mère me transmettait ses connaissances qui lui venaient de sa propre mère. Alice se soignait par les plantes.

Puis, j’ai grandi, ma grand-mère est partie en maison de retraite, mes parents ont déménagé, et nous ne sommes plus allés nous promener sur le terril. Mais je n’ai jamais oublié cet endroit, son étrangeté et l’élégance de sa végétation. 

J’y retourne depuis peu. « Mon » terril a gardé son allure de longue lande plate, le schiste noir affleure encore dans le jardin, et le ciel, souvent plombé, a été magnifié par le génie d’architectes japonais. Resté si longtemps sauvage, « mon » terril a reçu la visite d’un million de personnes depuis décembre 2012. La friche autrefois oubliée, est devenue signe de renaissance. Oui, c’est « mon » terril qui a été choisi pour accueillir le Louvre-Lens… 

Quand j’y vais, je me ressens toujours comme une visiteuse un peu extraordinaire. Je ressens encore le magnétisme du lieu. La nature en avait fait un lieu pour les peintres. Bien vu !

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de Mineur

(19/03/2019 @ 11:04)

Pierzena, czernina, pempek et kruszenki - par apphim le 23/01/2019 @ 15:57 

Pierzena, czernina, pempek et kruszenki

J'ai retrouvé, au grenier, une pierzena rangée dans la vieille garde-robe de mes parents, les souvenirs me reviennent...

C'est l'été ou l'hiver, qu'importe ! A chaque quinzaine, un Monsieur à chapeau, commerçant juif polonais courbé sous son baluchon, passe dans les corons. Très gentil, il tutoie tous et chacun. Quel bagou ! A la maison, les portes sont toujours ouvertes! Qu'il fasse chaud ou froid, on lui offre une goutte de jus. A l'heure du repas, il partage notre table.

Son baluchon, c'est une malle aux trésors. Elle est bourrée de tissus damassés blancs tissés très serré. Maman y confectionnera des housses d'oreillers en plumes d'oie, si légères et si chaudes. Elle réalisera aussi la « pierzena » , l'édredon rouge des polonais qui ne laisse pas passer les plumes.Cette enveloppe qui servira à la confection de parures de lit attendra l'hiver pour être garnie.

En achetant ces carrés de tissus, maman sait qu'elle ne restera jamais inactive! Elle pourra coudre, tricoter ou broder encore et toujours. Ces housses d'édredons et les taies d'oreillers seront ensuite, bouillies, amidonnées et repassées avec grand soin.

Je la regarde admirative. J'ai six ans.

Maman m'apprend par la même occasion à repriser les chaussettes ou à coudre un bouton. Déjà!

Peut-être prépare t-elle aussi mon trousseau de jeune fille à marier qui comptera draps, parures, torchons, serviettes et nappes. Comme le sien.

Cette pierzena, c'est une affaire de famille, tradition polonaise oblige!

pierzena01.png

La pierzena

Tout commence au poulailler.

Je revois mon père s'affairer au fond du jardin de la maison de la cité du Maroc à Méricourt.

L'heure est venue pour ces très bruyantes « belles dames blanches »!

Je les ai nourries, de temps en temps, elles m'ont pincé les fesses, je me suis attachée à elles, mais qu'importe! Elles n'ont pas le temps de souffrir, les gestes de mon père sont sûrs.

Déjà, il récupère le sang pour confectionner la czernina, cette soupe au sang dont les polonais raffolent.

Quant aux plumes et duvet, c'est une histoire de femmes qui commence dés le début de la vie de l'oison avec la récupération de son duvet gardé précieusement dans un sac de toile.

Puis vient le temps de la récupération du duvet implanté à la base des plumes.

Alors, une longue histoire commence, presque une cérémonie !

J'attends avec impatience ces longues soirées d'hiver.

Autour de la table, les voisines et amies de la maison se regroupent dans une ambiance feutrée. Foulards sur la tête, vêtues d'un tablier qui sert à récupérer les rebuts, leurs gestes sont mesurés.

J'ai tout le temps d'écouter et de regarder. Les mains prennent par poignées entières les plumes formant un mont au centre de la table. Tirant dans un sens précis, de haut en bas, elles récupèrent le duvet. Il est si léger qu'il vole. Il se niche dans les cheveux, sur les cils, entre dans les narines. Pas question de faire le moindre courant d'air, de tousser ni d'éternuer.

Mon père se tient à l'écart, près du poêle ronflant. Il écoute de la musique et tire sur sa cigarette. Lentement la housse se gonfle et la pempek s'annonce. Pempek, ça veut dire nombril en polonais, mais c'est aussi le moment où maman fait un nœud à la housse quand elle est bien gonflée.

Alors commence le temps du repas de fête ! Ce soir là, c'est choucroute, beignets fourrés à la marmelade de prune et gâteau polonais avec ses Kruszenki qui ont des allures de crumble.

C'est la fête, mais déjà il est temps de décider chez qui se passera le prochain rituel.

Nicole SZYMANSKI et sa pierzena à la soirée "Gosse de mineur en 2018"

Nicole Szymanski, fille de mineur

Pierzena, czernina, pempek et kruszenki - par apphim le 23/01/2019 @ 15:57 

Pierzena, czernina, pempek et kruszenki

J'ai retrouvé, au grenier, une pierzena rangée dans la vieille garde-robe de mes parents, les souvenirs me reviennent...

C'est l'été ou l'hiver, qu'importe ! A chaque quinzaine, un Monsieur à chapeau, commerçant juif polonais courbé sous son baluchon, passe dans les corons. Très gentil, il tutoie tous et chacun. Quel bagou ! A la maison, les portes sont toujours ouvertes! Qu'il fasse chaud ou froid, on lui offre une goutte de jus. A l'heure du repas, il partage notre table.

Son baluchon, c'est une malle aux trésors. Elle est bourrée de tissus damassés blancs tissés très serré. Maman y confectionnera des housses d'oreillers en plumes d'oie, si légères et si chaudes. Elle réalisera aussi la « pierzena » , l'édredon rouge des polonais qui ne laisse pas passer les plumes.Cette enveloppe qui servira à la confection de parures de lit attendra l'hiver pour être garnie.

En achetant ces carrés de tissus, maman sait qu'elle ne restera jamais inactive! Elle pourra coudre, tricoter ou broder encore et toujours. Ces housses d'édredons et les taies d'oreillers seront ensuite, bouillies, amidonnées et repassées avec grand soin.

Je la regarde admirative. J'ai six ans.

Maman m'apprend par la même occasion à repriser les chaussettes ou à coudre un bouton. Déjà!

Peut-être prépare t-elle aussi mon trousseau de jeune fille à marier qui comptera draps, parures, torchons, serviettes et nappes. Comme le sien.

Cette pierzena, c'est une affaire de famille, tradition polonaise oblige!

pierzena01.png

La pierzena

Tout commence au poulailler.

Je revois mon père s'affairer au fond du jardin de la maison de la cité du Maroc à Méricourt.

L'heure est venue pour ces très bruyantes « belles dames blanches »!

Je les ai nourries, de temps en temps, elles m'ont pincé les fesses, je me suis attachée à elles, mais qu'importe! Elles n'ont pas le temps de souffrir, les gestes de mon père sont sûrs.

Déjà, il récupère le sang pour confectionner la czernina, cette soupe au sang dont les polonais raffolent.

Quant aux plumes et duvet, c'est une histoire de femmes qui commence dés le début de la vie de l'oison avec la récupération de son duvet gardé précieusement dans un sac de toile.

Puis vient le temps de la récupération du duvet implanté à la base des plumes.

Alors, une longue histoire commence, presque une cérémonie !

J'attends avec impatience ces longues soirées d'hiver.

Autour de la table, les voisines et amies de la maison se regroupent dans une ambiance feutrée. Foulards sur la tête, vêtues d'un tablier qui sert à récupérer les rebuts, leurs gestes sont mesurés.

J'ai tout le temps d'écouter et de regarder. Les mains prennent par poignées entières les plumes formant un mont au centre de la table. Tirant dans un sens précis, de haut en bas, elles récupèrent le duvet. Il est si léger qu'il vole. Il se niche dans les cheveux, sur les cils, entre dans les narines. Pas question de faire le moindre courant d'air, de tousser ni d'éternuer.

Mon père se tient à l'écart, près du poêle ronflant. Il écoute de la musique et tire sur sa cigarette. Lentement la housse se gonfle et la pempek s'annonce. Pempek, ça veut dire nombril en polonais, mais c'est aussi le moment où maman fait un nœud à la housse quand elle est bien gonflée.

Alors commence le temps du repas de fête ! Ce soir là, c'est choucroute, beignets fourrés à la marmelade de prune et gâteau polonais avec ses Kruszenki qui ont des allures de crumble.

C'est la fête, mais déjà il est temps de décider chez qui se passera le prochain rituel.

Nicole SZYMANSKI et sa pierzena à la soirée "Gosse de mineur en 2018"

Nicole Szymanski, fille de mineur

(23/01/2019 @ 15:57)

Mes cornichons polonais - par apphim le 07/01/2019 @ 17:25 

« Mes » cornichons polonais

La scène se passe dans les années 1970, dans les corons du 4 de Lens, à quelques mètres  de l'entrée du célèbre dancing Le Gaity où Stéphane Kubiak est au sommet de sa gloire et de sa notoriété.

C'était un de ces dimanches que l'on ne connaît plus : presque personne devant la télévision en noir et blanc, beaucoup de monde au stade de football. Nous avions joué le matin-là, au stade Duflot à Calonne-Liévin, sous la conduite de notre entraîneur à la main de fer, Joseph Tomczyk.

Depuis la Libération, Calonne, c'était deux clubs en un !  La Warta, un club polonais de l’entre-deux guerres avait fusionné avec les Français de l'Espérance. Avec notre grand V blanc sur la poitrine, nous véhiculions une histoire franco-polonaise.

Le grand rendez-vous du dimanche soir, l’après-match avait toujours lieu au Gaity. Nous, les enfants de Polonais, nous tentions d'y attirer nos copains français.

Pas facile, car ils étaient fans de Led Zeppelin et de Rory Gallagher. Pourtant, l'un d'eux -dont je tairais le nom- accepta. Le choc pour lui.

A la Gaity, des centaines de Polonais dansaient l'oberek en jouant des coudes dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

Vous êtes des malades !, ce sont les mots qui lui montèrent à la bouche… Mais très vite, il vit les jolies filles. Pour leur plaire, il accepta de danser polonais –mal- et de boire -mal également- à la polonaise. Vers 1 h 30 du matin, il était sur les genoux et il fallut le reconduire chez lui.

C’est à Stéphane Kubiak que nous avons demandé de fournir des ogorki kiszone,  des cornichons salés polonais, le meilleur remède pour décuiter.

Après en avoir avalé trois, il alla mieux.

Le lendemain,  il racontait à tout le monde avoir mangé les plus grands cornichons du monde. Il venait de découvrir une spécialité polonaise.

cornichons01.png

Photo de la marque

Ces cornichons sont en fait beaucoup plus grands que les cornichons français au vinaigre. Ils sont marinés dans une saumure dont la recette varie d'une famille à l'autre mais qui comporte à chaque fois du koper, l’aneth apporté par les Polonais dans les corons. Quant au sel, il doit être non iodé.

Arrivés en masse dans les années 1920, les Polonais ont considérablement bouleversé les us et coutumes dans les corons du Nord et du Pas-de-Calais. Leurs jardins notamment. J'étais persuadé que nous étions en Pologne tant la différence était criante avec les autres jardins. Là, il y a un Polonais car de l'aneth pousse dans le fond. Ils vont bientôt faire leurs énormes cornichons entendait-on

Je me souviens des senteurs des bâtons de kohl, le chou. De temps en temps, j'arrachais une botte d'aneth et je la reniflais. J'imaginais déjà les cornichons sortant du bocal... 

J'étais fier quand je présentais les cornichons faits par mes grand-mères et mes parents à des copains qui ne connaissaient pas cette spécialité.

Les premières bouchées déclenchaient des rictus. Pourtant, à chaque fois que l'un d'eux forçait un peu sur l'alcool, il me demandait un cornichon au sel polonais.

Ce qui était un aliment populaire de base est devenu aujourd'hui un acte aristocratique. Oui, je pèse mes mots !

Me voilà consul de Pologne, membre de l'Institut des civilisations et études polonaises à la faculté Jean-Perrin de Lens dans les anciens grands bureaux de Lens.

Là où les actionnaires parisiens des mines de Lens signaient le contrat de travail pour les mineurs Polonais, j'organise aujourd'hui des conférences internationales. Au buffet de clôture, j'éprouve toujours un infini plaisir à servir des cornichons polonais. Et je ne vous dis pas si c’est à ceux qui ont forcé sur l’alcool, ou non !

                                                                                                                              Henri Dudzinski, fils de mineur

Mes cornichons polonais - par apphim le 07/01/2019 @ 17:25 

« Mes » cornichons polonais

La scène se passe dans les années 1970, dans les corons du 4 de Lens, à quelques mètres  de l'entrée du célèbre dancing Le Gaity où Stéphane Kubiak est au sommet de sa gloire et de sa notoriété.

C'était un de ces dimanches que l'on ne connaît plus : presque personne devant la télévision en noir et blanc, beaucoup de monde au stade de football. Nous avions joué le matin-là, au stade Duflot à Calonne-Liévin, sous la conduite de notre entraîneur à la main de fer, Joseph Tomczyk.

Depuis la Libération, Calonne, c'était deux clubs en un !  La Warta, un club polonais de l’entre-deux guerres avait fusionné avec les Français de l'Espérance. Avec notre grand V blanc sur la poitrine, nous véhiculions une histoire franco-polonaise.

Le grand rendez-vous du dimanche soir, l’après-match avait toujours lieu au Gaity. Nous, les enfants de Polonais, nous tentions d'y attirer nos copains français.

Pas facile, car ils étaient fans de Led Zeppelin et de Rory Gallagher. Pourtant, l'un d'eux -dont je tairais le nom- accepta. Le choc pour lui.

A la Gaity, des centaines de Polonais dansaient l'oberek en jouant des coudes dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

Vous êtes des malades !, ce sont les mots qui lui montèrent à la bouche… Mais très vite, il vit les jolies filles. Pour leur plaire, il accepta de danser polonais –mal- et de boire -mal également- à la polonaise. Vers 1 h 30 du matin, il était sur les genoux et il fallut le reconduire chez lui.

C’est à Stéphane Kubiak que nous avons demandé de fournir des ogorki kiszone,  des cornichons salés polonais, le meilleur remède pour décuiter.

Après en avoir avalé trois, il alla mieux.

Le lendemain,  il racontait à tout le monde avoir mangé les plus grands cornichons du monde. Il venait de découvrir une spécialité polonaise.

cornichons01.png

Photo de la marque

Ces cornichons sont en fait beaucoup plus grands que les cornichons français au vinaigre. Ils sont marinés dans une saumure dont la recette varie d'une famille à l'autre mais qui comporte à chaque fois du koper, l’aneth apporté par les Polonais dans les corons. Quant au sel, il doit être non iodé.

Arrivés en masse dans les années 1920, les Polonais ont considérablement bouleversé les us et coutumes dans les corons du Nord et du Pas-de-Calais. Leurs jardins notamment. J'étais persuadé que nous étions en Pologne tant la différence était criante avec les autres jardins. Là, il y a un Polonais car de l'aneth pousse dans le fond. Ils vont bientôt faire leurs énormes cornichons entendait-on

Je me souviens des senteurs des bâtons de kohl, le chou. De temps en temps, j'arrachais une botte d'aneth et je la reniflais. J'imaginais déjà les cornichons sortant du bocal... 

J'étais fier quand je présentais les cornichons faits par mes grand-mères et mes parents à des copains qui ne connaissaient pas cette spécialité.

Les premières bouchées déclenchaient des rictus. Pourtant, à chaque fois que l'un d'eux forçait un peu sur l'alcool, il me demandait un cornichon au sel polonais.

Ce qui était un aliment populaire de base est devenu aujourd'hui un acte aristocratique. Oui, je pèse mes mots !

Me voilà consul de Pologne, membre de l'Institut des civilisations et études polonaises à la faculté Jean-Perrin de Lens dans les anciens grands bureaux de Lens.

Là où les actionnaires parisiens des mines de Lens signaient le contrat de travail pour les mineurs Polonais, j'organise aujourd'hui des conférences internationales. Au buffet de clôture, j'éprouve toujours un infini plaisir à servir des cornichons polonais. Et je ne vous dis pas si c’est à ceux qui ont forcé sur l’alcool, ou non !

                                                                                                                              Henri Dudzinski, fils de mineur

(07/01/2019 @ 17:25)

Statistiques sur les décès liés à la mine - par apphim le 05/11/2018 @ 09:45 

DE DUPONT MAURICE Charles

MINEUR DE FOND AUX H.B.N.P.C. de 1946 à 1982

Bilan effroyable, non exhaustif, des victimes en France du métier le plus dangereux et le plus périlleux au Monde : MINEUR DE FOND

Depuis le 16 juillet 1756 jusqu’au 21 juin 2001-(Statistique actualisée le 26/10/2018)

deces03.jpg

DATES

VICTIMES

GRISOU/POUSSIERES

AUTRES CAUSES

BLESSES

Aucune  trace de statistique antérieure

?

16/07/1756

11

Gros Caillou    - Anzin

X

Du 17/07/1756 au 05/09/1802 inclus

Aucune trace de

-STATISTIQUES -

46 ans ???

06/09/1802

5

Anzin-             - inondation

X

10/04/1804

9

Anzin-              - incendie

X

X / x /1805

11

Pts St Roch-     Anzin                         -incendie

X

26/05/1805

2

Pts Notre Dame Anzin- Eboulement

x

05/11/1810

12

Pts/Charrin – Explosion/puits

X

13/11/1816

1

Rive de Giers – puits Monjoint asphyxie

x

1817

18

Statist. 1817 à 1831 en Loire de  M. Delsériès  Ingénieur  /Annales des Mines*

x

1818

14

M.Delsériès  (Loire)

x

1819

19

‘’        ‘’

x

10/08/1819

1

ST Genis Terrenoire- Accidt.

x

1820

10

M. Delsériès   (Loire)

x

21/03/1820

10

Villars           - Inondation

x

1821

16

M. Delsériès (Loire)

x

01/05/1821

1

Rive de Giers – Pts Martory- éboulement

x

17/05/1821

1

Rive de Giers-Pts Teillard –  éboulement

x

30/07/1821

1

La Cantonnière –pts Buer- chute dans le puits

x

1822

24

M. Delsériès (Loire)

x

09/09/1822

1

Rive de Giers -Pts du Château- Noyé

x

09/04/1823

22

F. Chauffour     -Anzin

x

1823

22

M. Delsériès  (Loire)

x

08/11/1823

10

Pts Moïse -ST Etienne

x

1824

12

M. Delsériès  (Loire)

x

10/04/1824

20

Pts St Louis   - Ronchamp

X 15 Blessés

26/06/1824

20

F. Chauffour     -Anzin

x

1825

21

M. Delsériès  (Loire)

x

X /07/ 1825

2

F. St Ignace      - Boulonnais

x

1826

25

,,        ,,

x

02/12/1826

1

Pts Rety

x

1827

17

M. Delsériès  (Loire)

x

X/ x/  1827

9

Aniche

x

1828

28

,,        ,,

x

1829

18

M. Delsériès  (Loire)

x

02/01/1829

28

Pts Martoret - Loire

x

31/05/1830

30

Pts St Louis  - Ronch

X 5 Blessés

1831

13

M. Delsériès  (Loire)

x

02/02/1831

8

Villars – Pts Bois Monzil- noyés

x

24/10/1831

9

Pts Isidore- Lorette- incendie

x

02/07/1832

3

Pts de l’Etang

x

25/05/1834

1

Pts du Pont de l’âne

1 Blessé

31/10/1835

5

Lieu inconnu

Signalé : Annales des Mines

Vol.4

01/12/1837

1

Autrefurand Pts Seguin- chute dans le puits

x

18/09/1838

1

Rive/ Giers- pts Maniquet

x

X /02/ 1839

9

St Étien Pts Clapier - Noyés

x

19/03/1839

2

Pts du Ceusot -Asphyxie

x

09/09/1839

20

Pts Thiollière St Jean

x

X / x / 1839

29

Pts Clapier  - St Etien.

x

X /07/ 1840

31

-Riv. de Giers

x

26/10/1840

38

Pts Vellerut- St Et

x

27/10/1840

1

La Cula- Pts Ile D’Elbe

x

18/10/1842

14

Pts St-Charles  -Firminy

x

03/07/1842

4

Pts Beaunier

x

X /11/ 1842

10

Pts Egarande -Riv. De Giers

x

10/04/1843

1

Azincourt –  Chute/ pierre ds puits

x

20/09/1843

1

Pts Bertrand

x

15/10/1844

1

Pts du Chêne

x

12/12/1846

1

Pts Villefosse

x

21/01/1847

7

Pts St Claude –Méons Incend

x

21/04/1847

2

F. St Louis -Aniche – Eboulem.

x

03/08/1847

1

Cellieu- Pts Ste Marie Chute dans le puits

x

X /10/ 1847

3

Pts Fraisse     -Unieux

x

30/03/1849

1

Pts St Charles

x

1850

12

Grisou –

Statist. France- 1850, et de-1860 à 1875 de M. Keller Ingénieur des mines -Annales des mines

Limitée au grisou et asphyxie

03/07/1850

5

Fendue de Villars

x

26/03/1851

11

Pts St Avaise – Explosion          -St Jean-Bonnefonds

X 4 Blessés

25/04/1851

6

Pts Cinq sous –Montceau Les M

x

09/09/1853

10

Pts Ravez - Blanzy

x

31/05/1852

8

Pts St Charles    – défaut d’aérage

X 6 Blessés

29/09/1853

15

Pts Cinq sous

x

06/02/1854

1

Pts du Pré soleil - feu

2 Blessés

26/10/1854

11

F. Azincourt     - Aniche

x

22/12/1855

30

Pts Ravez      -Blanzy

1 Blessé

26/12/1855

2

Pts Hippolyte

x

X / x / 1856

14

Pts St Charles                           Furminy

x

12/ 1856

12

Pts  St Charles – Noyés Roche la Molière

x

29/01/1857

8

Pts St Charles   -Ronchamp

x

12/02/1857

1

Pts St Charles

x

21/02/1857

1

Ste Mar./ Plaine- pts ST Odile- Éboulement

x

03/03/1857

2

Pts St Charles      - Ronchamp

x

14/03/1857

2

Pts St Charles-Ronch.

x

04/04/1857

7

Pts St Mathieu -Ricamarie                               -Asphyxie

x

04/04/1857

1

Pts de la Loire-Ricamarie-_Asphyxie

x

24/04/1857

1

Pts N°7

x

19/05/1857

1

Pts St Charles           -Ronch.

x

08/11/1857

2

Pts St Charles

x

06/12/1857

1

Pts N°7

x

X / x / 1858

1

Pts de la Croix

x

16/01/1858

1

Pts St Barbe

x

20/01/1858

1

Fendue de Villars

6 Blessés

16/10/1858

2

Pts Ste Eugénie

x

27/12/1858

4

Pts St Charles

x

10/08/1859

29

Pts St Joseph    -Ronchamp

x

X /  X /1860

13

Grisou-   ST M. Keller

X 19 Blessés

16/07/1860

1

Pts St Charles

x

21/07/1860

1

Pts St Charles

x

1861

x

M. Keller,chiffres affectés ci-dessous

x

09/01/1861

3

Pts Grangier

x

19/01/1861

1

Pts St Joseph

x

X /03 /1861

12

Pts du Bois d’Avaize                -St Etienne

x

26/05/1861

19

Pts de la Pompe- St Etienne

x

X /06/ 1861

21

Pts de la Pompe -St Etienne

x

28/07/1861

2

Pts St Charles

x

29/07/1861

1

Pts St Charles

x

17/08/1861

1

Pts St Joseph      -Ronch.

x

02/09/1861

1

Pts Gallois

2 Blessés

11/10/1861

105

Lalle – GARD –inondation/crue

x

X /  x/  1862

18

Grisou –  ST M. Keller

X 1 Blessé

15/06/1862

4

Pts St Joseph-chute- Ds le puits

x

23/08/1862

3

Pts St Claude

3 Blessés

X /  x / 1863

21

Grisou-   ST M. Keller

x

18/04/1863

24

Pts Charrin      -Grand Croix

x

22/05/1863

1

Fendue de Villars

2 Blessés

27/08/1863

2

Pts du Gabet

4 Blessés

26/12/1863

1

Puits Lucy

x

1864

23

Grisou –  ST M. Keller

x

27/10/1864

1

Mélitine n°2- chute/ Puits

x

1865

x

Grisou –ST M.Keller

x

20/01/1865

1

Pts Beaunier

x

X / x  / 1865

10

Melecey

x

09/02/1865

39

F. Turenne    -Denain

x

26/04/1865

5

Pts Ste Fontaines Asphyx.

x

17/07/1865

1

Pts Lacroix

3 Blessés

08/10/1865

1

Pts Ste Pauline            -Ronch.

x

30/10/1865

2

Pts St Charles

x

X / x  /1866

16

Grisou-   ST M. Keller

X  9 Blessés

12/03/1866

1

Pts St Joseph

x

09/04/1866

4

Pts Jabin

1 Blessé

X / X / 1866

2

Petite Ross   -Lorraine

x

X / x  / 1867

6

Grisou –   ST M.Keller

x

20/03/1867

1

Pts St Joseph

x

11/10/1867

39

Pts Beaunier  à Villars

x

25/10/1867

1

Pts St Charles

x

12/12/1867

89

Pts 5      - Montceau. Les Mines

47 blessés

X / x / 1868

34

Grisou-  ST M. Keller

X 4 Blessés

06/02/1868

4

F.2                  -Oignies

x

25/04/1868

1

Pts St Charles

x

19/05/1868

3

Pts St Martin

1 Blessé

18/07/1868

11

Pts Ste Barbe –Riv. De Gers

x

1869

11

Grisou   ST M. KELLER

x

23/01/1869

8

Pts Ste Marie- Ronch

X 3 blessés

28/04/1869

1

Pts St Charles                -Ronch.

x

05/05/1869

1

Roche/ la Molière accident Pts Baude

x

20/05/1869

14

Pts Monterrand -Fougerol

x

20/05/1869

1

Furminy –Monterr. 2

x

29/06/1869

9

Brissac -Gard

x

28/07/1869

11

Pts Notre Dame- Cage décrochée

x

12/08/1869

2

Pts St Louis

x

24/08/1869

19

Furminy- Pts Monterrad 2

x

02/09/1869

6

Pts d’Assailly-Rupt Câble -Lorette

x

17/11/1869

19

F 1 Bully               -Asphyxie

x

X / x / 1870

38

Grisou-   ST M.Keller

2 Blessés

14/05/1870

1

Pts Lucy

1 Blessé

14/07/1870

3

Couche de la Vaure

x

13/10/1870

1

Furminy-St Thomas

x

1871

15

Grisou- ST M.Keller

x

08/02/1871

1

Blanzy

X 1 blessé

17/04/1871

10

Pts de la Garenne

x

19/06/1871

3

Pts Jabin

x

08/11/1871

72

Pts Jabin  -St Etienne

x

1872

10

Grisou -  ST M.Keller

x

03/02/1872

8

F1 Bauvin  -Chute de la cage/puits

x

08/11/1872

41

Pts Ste Eugénie -Blanzy

x

1873

24

Grisou-   ST M.Keller

X

23/02/1873

1

Pts St Charles

x

27/05/1873

1

Rive de Giers -Jabin Accidt

x

7 /06/ 1873

7

F. 2     -Auchy Au Bois

x

15/11/1873

4

F. 1                    -Bully

x

X / x / 1874

27

Grisou  – STM.Keller

X 1 Blessé

25/03/1874

5

Bully-Grenay

x

1875

20

Grisou –  ST M. Keller

x

X /01/ 1875

5

F. 3 -Pont de la Deûle Chute/ dans le puits

x

/ 04/1875

7

Pts Dolomieu- Roche- la-Molière

x

22/10/1875

4

Pts Marie

1 Blessé

X / x / 1876

13

F.Soyez  -Roos War.2 cages s’accrochent

x

04/02/1876

186

Pts Jabin   -St Etienne

X 12 Blessés

03/07/1876

53

Pts S. Fontaine -Lorraine

x

X /02/ 1877

45

Pts Ste Barbe - Graissesac

x

14/10/1878

9

Pts Ste Barbe -Riv. De Gier

x

27/07/1879

2

Pts Fontanès -Asphyxie

x

01/09/1879

16

Pts du Magny – Ronch. Aérage

x

24/12/1879

20

Pts Dolomieu -Roch.Mol. incendie

x

1880

34 mineurs tués

Sur les 23.000 Mineurs employés  dans le PDC ---Hist. Mines de l’Artois --->

455blessés-MM. Cocq/Dubois

27/12/1880

11

Pts Adrienne  -Incendie- Feugerol..

x

1881

22 mineurs tués

Dans le PDC on dénombre     Mines de l’Artois

X 684 Blessés-

17/05/1881

8

Pts Sagniat –Roch/ Molièr- Explosion.

x

24/06/1881

23

Pts St Charles

x

30/07/1881

15

- Lourches –

X  15 Blessés

1882

x

Mines de l’Artois

X 737 Blessés

22/01/1882

22

F. 1                  -Liévin

x

13/04/1882

8

F. 3                  -Liévin

x

24/01/1883

4

F. 7      -Courcelles/L

x

12/02/1883

1

Liévin

Mines  de l’Artois

21/02/1883

8

F.Turenne

x

16/04/1883

6

Liévin

Mines de  l’Artois

05/01/1884

1

Pts Devillaine Montr.

x

11/01/1884

17

F.2                 -Ferfay

22 Blessés

23/10/1884

1

F  Grenay

x

06/05/1884

2

Pts Piney -feu- Asphyxie

x

24/09/1884

2

Pts Beaunier- Coup/mine

x

15/12/1884

1

Mine  de Compagnac

x

X / x  / 1885

1

Pts du Tonnet–Ronch. Chute/puits

x

14/01/1885

28

F 1 Liévin : Coup de Mine

X

21/05/1885

1

Pts l’Arbousset Alais

x

07/06/1885

3

F. 1                  -Noeux

x

21/08/1885

10

F.7 Courc.les Lens

Pr l’année 1885- 20 blessés

27/02/1886

1

F. Escarpelle

x

07/06/1886

7

Pts Amboise -cage à mollettes

X 3 Blessés

24/06/1886

23

Pts St Charles- Expl.  Ventil. puits

X 11 Blessés

01/03/1887

79

Pts Chatelus      -St Etienne

X 6 Blessés

10/07/1887

1

Pts Sud Sénéchas

2 Blessés

16/11/1887

1

Pts Montmartre St Et

x

10/12/1887

1

F. Renard

2Blessés

02/11/1888

49

Pts Ste Barbe  -Campagnac

x

03/07/1889

210

Pts Verpilleux   -St Etienne

X 3 Blessés

X /07 /1889

25

Pts Neuf   -St Etienne

x

29/08/1889

1

Pts Fontanès- Asphyxie

x

X /08/1889

16

Pts Couchoud- Rupt Câble

x

28.10/1889

2

F 2 Ferfay

Asphixiés_-Mines / l’Artois

x

18/02/ 1890

43

Pts Marguerite -Niév.

x

29/07/1890

118

Pts Pélissier -St Etien.

X 40 Blessés

04/08/1890

3

Pts Pélisseri -St Etien.

x

06/12/1891

62

Pts Manufacture -St Etienne

X 10 Blessés

31/12/1891

1

F 3 Ferfay chute ds / puits

M./ Artois

X / X /1895

50

Montceau les Mines

x

03/02/1895

28

Pts Ste Eugénie    -Blanzy

x

04/02/1895

142

-Montceau les Mines

x

14/06/1895

1

La Combelle Pts Orléans

x

23/07/1895

1

Brassac- Pts/ verrerie éboulement

x

23/10/1895

1

La Combelle-éboulement

x

02/06/1896

24

Pts Destival -Fontanès

x

X / x / 1897

4

Pts Ste Eugénie    -Blanzy

x

X/ 07 /1898

4

Pts St Joseph- fonçage du puits Ronch.

x

X /07/ 1899

48

Pts Pélissier        -St Etienne

x

28/08/1899

16

Pts Couchoud-Ronch ;Rupture/ câble

x

08/03/1900

16

Pts Arbousset- au Martinet

x

03/06/1900

2

Pts Fontanès -Asphyxie

x

03/08/1900

16

Trélys   -Gard

x

28/11/ 1900

21

F. Fenelon –Aniche Explos.dynam

x

13/01/1901

4

Lourches

x

21/ 03/1901

7

F. 1     - Hénin-Liétard

x

01/03/1903

1

F5 Noeux tombé ds bure –Mines de l’Artois

x

16/05/1903

1

F 7 Noeux- éboulement Mines de l’Artois

x

27/05/1903

1

F7 éboult-Mines de l’Artois

x

12/07/1903

1

F5 Noeux tué par la cage –Mines de l’Artois

x

21/07/1903

1

F7 Noeux  éboulement-         Mines de l’Artois

x

02/08/1903

1

F6 de Noeux- Tombé/ puisard –Mines de l’Artois

x

08/09/1903

1

F 2 Noeux -Noyé puisard- Mines de l’Artois

x

29/09/1903

1

F5 Noeux- Berline en dérive-Mines de l’Artois

x

24/10/1903

1

F3 de Noeux –chute d’un bloc-Mines de l’Artois

x

19/02/1904

1

F6 de Noeux—chute d’un bloc- Mines de l’Artois

x

25/02/2004

1

F1 de Noeux-tué ds la cage –Mines de l’Artois

x

15/06/1905

1

F 10 Béth. Chariot/dérive

M.de/ Artois

10/03/1906

1099

COURRIERES

x

28/01 /1907

3

F. 1 -Calonne. Liévin

x

15/03/1907

83

Pts Villemin  -Lorraine

x

22/10/1907

1

F1 Carvin –Éboulement

X 2 Blessés

10/11/1907

7

Pts Rambaud- Chute/Pts-St Etienne

x

22/06/1908

9

Pts Montmartre- St ET. Incendie - Asphyxie

x

27/04/1911

1

F 4 de Noeux –éboulement- Mines de l’Artois

x

28/07/1911

1

F 8 Lens -éboulement- Mines de l’Artois

x

29/07/1911

1

F 9 Béthune – Tête écrasée par la cage-

x

10/08/1911

1

F 7 Noeux- tombé dans le bougnou- M. de L’Artois

x

06/09/1911

1

Electrocuté F 4- Mine de Marles-  Mines de l’Artois

x

17/10/1911

27

Pts du Bardot-St ET. Incendie

x

16/08/1912

4

Pts Arthur de Bruyère. St ET. asphyxie

x

03/09/1912

79

La Clarence

x

23/11/1912

24

St Martin-Valgualgues

x

14/01/1913

12

Granjac                -Aveyron

x

24/02/1915

4

Expl. Dynam. -Mines de l’Artois

x

X / x / 1917

18

Kühnholtz            -Hérault

x

16/04/1917

42

F .9            Barlin

x

16/06/1917

18

Graissessac-Hérault

x

03/01/1919

36

Pts Ste Fontaine -St Avold

x

19/01/1920

17

F.Roeux-Chute cage/pts –Escarpel.

x

04/04/1921

16

Pts Arbousset -Gard

x

X / X /1923

9

Pts Puisani- Le Martinet

x

X /10/ 1924

48

Pts Combe-Roche la Mollière

x

26/03/1925

56

Pts Reumaux –Chute cage/puits.

X 28 Blessés

23/04/1927

8

Cransac- Aveyron

x

30/06/1928

48

Pts Combes/Incendie –Roch la Mol -Asphyxie

x

31/07/1929

8

F.8  Escarp.  -Auchy les Mines

x

21/08/1929

3

Auchy les Mines  -Eboulement

x

15/09/1929

3

Pts St Charles – Bidon/puits

x

16/09/1929

25

Pts St Charles-Explos/puits

x

11/01/1930

6

Bois d’Amon -Gard

x

18/07/1930

2

Pts du Chanois – écrasés par/ cage

x

08/04/1932

3

La Clarence    - éboulement

x

02/09/1933

4

Explosif -Merlebach

X 11 Blessés

27/07/1937

7

Pts St Joseph Petite Rossel.

X    3 Blessés

12/03/1938

4

Pts Dolomieu - éboulement

x

01/12/1938

2

Pts Ricard –Incendie ch/cag

x

23/02/1939

16

Pts d’Arcy -explos. cartouches

x

07/10/1939

39

Pts 1 de la Loire-St Etienne

x

X / X/ 1939

1

Pts Ricard- chute du chevalement

x

19/01/1940

8

-Noyelles Godault

x

31/07/1940

8

F . 4-Courcelles Lens

x

28/09/1940

34

F.6 Haillicourt/bombardement

x

21/01/1942

68

Pts Chana – villars   -St Etien

x

19/02/1943

3

Taupe France

x

02/03/1943

16

F.9 -Annequin

x

23/03/1943

6

F.1 -Oignies

x

02/04/1943

10

Pts de la Centrale -Blanzy

x

10/09/1943

5

Petite Rosselle – Eboulement Pts/ Villemin

x

23/03/1944

6

F.9 -Oignies

x

X  /x  /1944

9

Noyelle Godault

x

23/08/1944

9

Pts Mars

x

30/01/1945

9

Pts 3 de Liévin -Eboulement

x

10/04/1945

4

-Creutzwald  -Eboulement

x

12/07/1945

8

-Vendée

x

08/11/1945

6

-Gardanne -Provence

x

16/01/1946

8

-La Mure

x

08/02/1946

1

Pts du Magny- chute ds le puits

x

X /03/ 1946

8

F.6 -Ostricourt

x

28/03/1946

13

F.1 -Oignies

x

21/12/1946

9

F.15 Loos en Gohelle Eboul.

x

10/01/1948

24

Pts Villemin – Pet. Rosselle

x

19/04/1948

16

F. 4      - Sallaumines

x

10/09/1948

7

F. 7      -d’Avion

X   1 Blessé

06/04/1949

1

F.11 Grenay explos/ pts

X 31 Blessés

X /07 /1949

2

F.21    –Noyelles s/Lens

x

26/01/1950

13

Bass.  –St Eloy

x

16/12/1950

4

Pts St Joseph – Noyade  -Ronch.

x

X / x / 1950

3

F.3 Auchel    - Dérive d’une haveuse

x

07/02/1951

12

F. 5bis                   - Bruay

x

20/05 /1952

12

Pts du Parc –Auvergne –CO2

x

06/11/1952

2

Le Martinet -Gard

x

12/08/1952

9

Pts Schneider Lourches

x

X /01/ 1953

2

F.7 –Mazingarbe  - Eboulement

x

20/06/1954

10

La Clarence

X 10 Blessés

23/12/1954

8

Pts Simon     -Forbach

x

18/01/1955

8

Pts Monterrand- Firmy

x

21/07/1955

3

Auvergne

x

25/03/1956

2

F. Delloye Lew. Eboulemt

X 1Blessé

X /01 /1957

4

F. 21            -Harnes  -Eboulement

x

13/03/1957

2

F.6               -Bruay     -Eboulement

x

16/03 /1957

10

F. 3- 3bis Lens-Liévin

x

X / 04/1957

7

Marie-Louise -Eboulement

x

04/09/1957

8

-Le Banel     -Aveyron

x

16/01/1958

29

- Pts-Plichon  -Blanzy

x

11/02/1958

11

F.4 Sud -Méricourt- Chute/cage Bure

x

21/11/1958

12

Pts Villemin         -Petite Rosselle

X 14 Blessés

21/11/1958

11

St Charles -Forbach

x

22/12/1958

9

-Cévennes

x

X /01/ 1959

5

Roncourt

x

10/02/1959

5

St Charles-Petite Ros

x

05/03/1959

3

-Pts Faulquemont   -Accident/tir

x

29/05/1959

27

Ste Fontaine   -Merlebach

x

01/08/1961

8

Pts Ste Fontaine – St Avold - Eboul

x

21/06/1962

6

F.13-                      - Hulluch  - Eboulement

x

X / X  /1963

6

Pts Théodore

x

X  / x /1963

1

F 2 –Marles Electrocution/sur une haveuse

x

17/06/1964

5

F. 5   -Auchel        - Chute dans Puits

x

02/02/1965

21

F.7bis               -Avion

x

24/11/1965

12

Pts de la Tronquie  -Carmaux

x

25/03/1966

2

F. Delloye            -Lewarde    -Eboul

x

30/09/1966

3

Pts Reumaux       -Merlebach-Eboul

x

23/12/1966

2

Pts St Marck          - Escaudin

x

02/03/1967

5

Pts St Florent         -Auzonnet

x

03/05/1968

6

Pts St Charles -R. Molière

x

23/09//1968

3

Pts Ste Fontain-St Avold -Asphyxie-

x

X  / X / 1969

62

Transvaal

x

X / 02 /1969

16

F.7                    -Avion

x

25/02/1969

6

Pts Gérard           -Gardanne -Eboul

x

24/03/1969

5

F.10 Leforet– accidt de cage/bure

x

28/11/1969

4

F.Barrois  - Pecquencourt -Eboulemenlt

x

04/02/1970

16

F 6  Fouquières lez Lens

X 12 Blessés

14/04/1971

4

F. 4    -Lens  -chute / le puits

x

04/05/1971

8

La Mure        - Eboulement Pts du Villaret

x

08/11/1971

1

F. Barrois  -Accident / cage

x

28/11/1971

4

F. Barrois    -Eboulement

x

18/04/1974

2

F. Agache- Eboulement

x

27/12/1974

42

F.3bis               -LIEVIN

X 5 Blessés

10/04/1975

2

F. Agache -Fenain

30/09/1976

16

Pts Vouters     -Merlebach

x

30/11/1983

2