En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.

-

mineurdefond.fr


Photos et histoires des métiers, des installations et du matériel dans les Mines de charbon dans la région Nord-Pas-De-Calais. Travail de mémoire et de sauvegarde des derniers témoins de l'aventure minière. Pictures and stories of businesses, facilities and equipment in coal mines in the Nord-Pas-de-Calais. Working memory and backup of the last witnesses of the mining adventure.


La fille de l'ingénieur - par apphim le 08/06/2020 @ 15:23 

Le goûter chez la fille de l’ingénieur

Cette année, la fille de l’ingénieur est dans ma classe. Sylvie nous impressionne plus par son intelligence que par son statut. Elle est simple et gentille, d’ailleurs, elle nous invite cet après-midi pour le goûter.

Située à côté de l’école primaire, sa maison est cachée derrière un mur en brique.

Quatorze heures, les copines et moi trépignons devant la porte de service, une petite porte verte.

filleingenieur.JPG

Lorsque Sylvie nous ouvre enfin, nous pénétrons intimidées dans le parc qui entoure la maison.

Du haut de nos dix ans, nous levons des yeux impressionnés devant cette grande bâtisse. C’est un moment étrange pour nous qui ne connaissons que le modèle unique de la maison à quatre pièces.

L’intérieur de la maison est un dédale de pièces, de recoins, d’escaliers géants et un grenier qui bien sûr renferme dans des malles de vieilles robes et des accessoires. Tout y est.

Au goûter la mère de Sylvie nous prépare une boisson délicieuse, un verre de lait épais au goût de banane.  Je la revois à côté de son blender. Je compris plus tard que j’avais bu mon premier milk-shake.

En fin d’après-midi, les filles de mineur, d’ouvrier, d’ingénieur se séparent.  Heureuses d’avoir été les complices de tant de jeux.  Mes copines et moi sommes pressées de raconter à nos parents en détails cette incroyable maison et à nos mères ce breuvage si délicieux. 

 En ouvrant la petite porte verte, Sylvie avait ouvert la porte d’un autre monde.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite fille de Mineur

La fille de l'ingénieur - par apphim le 08/06/2020 @ 15:23 

Le goûter chez la fille de l’ingénieur

Cette année, la fille de l’ingénieur est dans ma classe. Sylvie nous impressionne plus par son intelligence que par son statut. Elle est simple et gentille, d’ailleurs, elle nous invite cet après-midi pour le goûter.

Située à côté de l’école primaire, sa maison est cachée derrière un mur en brique.

Quatorze heures, les copines et moi trépignons devant la porte de service, une petite porte verte.

filleingenieur.JPG

Lorsque Sylvie nous ouvre enfin, nous pénétrons intimidées dans le parc qui entoure la maison.

Du haut de nos dix ans, nous levons des yeux impressionnés devant cette grande bâtisse. C’est un moment étrange pour nous qui ne connaissons que le modèle unique de la maison à quatre pièces.

L’intérieur de la maison est un dédale de pièces, de recoins, d’escaliers géants et un grenier qui bien sûr renferme dans des malles de vieilles robes et des accessoires. Tout y est.

Au goûter la mère de Sylvie nous prépare une boisson délicieuse, un verre de lait épais au goût de banane.  Je la revois à côté de son blender. Je compris plus tard que j’avais bu mon premier milk-shake.

En fin d’après-midi, les filles de mineur, d’ouvrier, d’ingénieur se séparent.  Heureuses d’avoir été les complices de tant de jeux.  Mes copines et moi sommes pressées de raconter à nos parents en détails cette incroyable maison et à nos mères ce breuvage si délicieux. 

 En ouvrant la petite porte verte, Sylvie avait ouvert la porte d’un autre monde.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite fille de Mineur

(08/06/2020 @ 15:23)

Le service électro-mécanique - par apphim le 16/05/2020 @ 11:52 

Les services généraux du jour

Le service électro-mécanique dans le Groupe d’Auchel-Bruay

Ce service a pour mission de remettre en état le matériel d’exploitation du Groupe d’Auchel. Il est divisé en deux branches : le service électrique et les ateliers mécaniques. L’effectif est de 648 ouvriers et de 62 employés et agents de maîtrise.

servicelectro01.jpg

Le service électrique :

Il comprend un atelier qui entretien et répare tout le matériel électrique : rebobinage des moteurs, révision de l’appareillage et du matériel de contrôle et de protection. Tout le matériel électrique du fond est réparé et révisé : moteurs, coffrets de chantier…

Deux groupes ambulants (Bruay et Auchel) sont rattachés à ce service. Ils doivent  s'occuper du réseau téléphonique, du réseau électrique et des installations correspondantes.

Les ateliers mécaniques :

Quatre sections dites « banales » (ajustage, machines-outils, chaudronnerie et charpenterie) réparent le matériel des établissements du Jour et une part importante du matériel du fond (cages, matériels de desserte comme les locotracteurs, treuils et têtes motrices, matériels d’abattage comme les rabots, haveuses, Mariettas)

Deux sections spécialisées soutènement marchant et engins de manutention font partie des ateliers mécanique. La section soutènement en plus ce de matériel prend en charge le petit matériel d’abattage et de perforation. La section engins de manutention entretient les grues, bulldozers, chariots élévateurs.

Les ateliers sont bien sûr adjacents à un important magasin qui gère le stock de toutes les pièces de rechange.

Le service électro-mécanique est situé dans les Ateliers Centraux à Auchel.

Ateliers Centraux d'Auchel

Bruits et Lumières décembre 1964, archive APPHIM

Le service électro-mécanique - par apphim le 16/05/2020 @ 11:52 

Les services généraux du jour

Le service électro-mécanique dans le Groupe d’Auchel-Bruay

Ce service a pour mission de remettre en état le matériel d’exploitation du Groupe d’Auchel. Il est divisé en deux branches : le service électrique et les ateliers mécaniques. L’effectif est de 648 ouvriers et de 62 employés et agents de maîtrise.

servicelectro01.jpg

Le service électrique :

Il comprend un atelier qui entretien et répare tout le matériel électrique : rebobinage des moteurs, révision de l’appareillage et du matériel de contrôle et de protection. Tout le matériel électrique du fond est réparé et révisé : moteurs, coffrets de chantier…

Deux groupes ambulants (Bruay et Auchel) sont rattachés à ce service. Ils doivent  s'occuper du réseau téléphonique, du réseau électrique et des installations correspondantes.

Les ateliers mécaniques :

Quatre sections dites « banales » (ajustage, machines-outils, chaudronnerie et charpenterie) réparent le matériel des établissements du Jour et une part importante du matériel du fond (cages, matériels de desserte comme les locotracteurs, treuils et têtes motrices, matériels d’abattage comme les rabots, haveuses, Mariettas)

Deux sections spécialisées soutènement marchant et engins de manutention font partie des ateliers mécanique. La section soutènement en plus ce de matériel prend en charge le petit matériel d’abattage et de perforation. La section engins de manutention entretient les grues, bulldozers, chariots élévateurs.

Les ateliers sont bien sûr adjacents à un important magasin qui gère le stock de toutes les pièces de rechange.

Le service électro-mécanique est situé dans les Ateliers Centraux à Auchel.

Ateliers Centraux d'Auchel

Bruits et Lumières décembre 1964, archive APPHIM

(16/05/2020 @ 11:52)

Coup de terrain - par apphim le 22/04/2020 @ 16:37 

N.S.L le 05/02/2013

Coup de terrain

             

                 Depuis le démarrage de la taille, dans la veine Louise à la fosse 6 de Fouquières lez Lens, il y a plus de 10 jours, le foudroyage n’est pas encore venu, rien ne tombe du toit à part quelques plaquettes.

               On peut encore voir les quadrillages du montage, à bientôt 30 m, cela n’est pas normal, on a bien essayé de faire tomber le toit, en le fracturant par des tirs de mines, rien n’y fait.

               C’est dangereux, il y a un poids énorme au dessus de nos têtes, cela inquiète, on a reçu l’ordre de renforcer le soutènement, par des piles de bois de chêne équarris, une tous les 3 m.

couptoit01.jpg

                Quand on tape sur les clavettes des grands étançons, de 2,50 à 3,00 m, ça résonne et il faut redoubler d’effort pour y arriver, c’est signe de forte pression.

                Soudain vers 11h00, c’est le tonnerre, l’orage, le bombardement, les piles se ratatinent, des éboulements se produisent côté veines, des étançons se cassent ou plient, il y a une poussière intense, on fuit où l’on peut.

                Je me retrouve blotti dans la niche supérieure de la taille avec un copain, on a remonté les 50 m en un temps record, passant miraculeusement au travers de ce fatras, on ne voit personne d’autre, au bout d’un moment, le calme revient, mais on n’ose pas bouger.

                 Quelques temps plus tard on attend crier nos noms et des lampes viennent vers nous par la voie de tête, on répond et bientôt apparaît le chef de taille et 2 autres ouvriers.

                  Ils nous expliquent que le coup de terrain a fait bouger tout le quartier et que l’on ne pourra plus produire dans cette taille pendant quelques temps.

                  En effet d’après ce que l’on peut voir avec le faisceau de notre lampe à chapeau, qui porte sur une dizaine de mètres, dans la taille le toit côté soutènement a baissé de près de 0,50 m.

De nombreux éléments du soutènement, sont cassés, pliés, tordus, il y a une fracture dans le toit de plus d’un mètre de large et sur quelques mètres de haut.  

                   Le charbon a recouvert le blindé et il y a un découvert de 2 à 3 m. On n’ose pas récupérer notre veste et notre musette. Le chef de taille nous dit de repartir pour la remonte et l’on peut constater que les cadres de la voie sont déformés alors que d’ordinaire on passait debout. Mais là, l faut se plier.

                    Le lendemain, le porion nous expliqua que le banc de cueurelle (grés très dur) qui se trouvait au toit de Louise s’est détaché est tombé d’un seul bloc sur toute la longueur de la taille depuis le départ du montage.

                    Heureusement à part quelques blessés légers, il n’y a pas eu de tués, mais il a fallu 3 semaines de travaux pour redémarrer cette taille.

                    Il s’est encore produit d’autres coups de terrain, mais pas de cette importance car peu à peu le soutènement marchant a remplacé les étançons, munis de 4 vérins hydrauliques tarés à 250 bars, Ils amortissaient mieux ces coups de terrain.

                    Cependant d’autres éboulements eurent lieu, dans les grandes veines, le charbon tombait en avant du soutènement, le terrain n’étant plus soutenu, tombait, sur plusieurs mètres de long et parfois, assez haut,

                    Il fallait donc rétablir un nouveau toit, car pour ravancer le soutènement marchant, il est nécessaire que les vérins soient serrés entre les épontes.

                   On amenait des linteaux métalliques en fer U de 29 kg, longs de 2,00 m et des traverses de chemin de fer, en bois, de 0,90 à 1,20 m.

                   Ces linteaux étaient emboîtés l’un dans l’autre sur 0.40 m et serrés par 2 étriers. Selon l’intervalle entre le chapeau et le toit non éboulé, parfois 3 à 4 mètres ou plus, il en fallait plusieurs que l’on soutenait ensuite à leur extrémité par un étançon.

                   On confectionnait alors des quadrillages au dessus de ces linteaux, avec des anciennes traverses de chemin de fer de 0.50 à 0.90 m.

                    C’était très pénible et dangereux car à tous moments des chutes de pierres pouvaient survenir et rien nous ne protégeait

                    Selon l’importance des éboulements ces travaux duraient parfois plusieurs heures. Lorsque le blindé était bloqué, ces matériaux étaient amenés à la main dans la taille, En plus les ouvriers n’étaient pas contents, ils perdaient de l’argent, car travaillant à la tâche. Ils renâclaient parfois.              

                                                                                                             

                                                                                            Julien Lehut, ancien Mineur

Coup de terrain - par apphim le 22/04/2020 @ 16:37 

N.S.L le 05/02/2013

Coup de terrain

             

                 Depuis le démarrage de la taille, dans la veine Louise à la fosse 6 de Fouquières lez Lens, il y a plus de 10 jours, le foudroyage n’est pas encore venu, rien ne tombe du toit à part quelques plaquettes.

               On peut encore voir les quadrillages du montage, à bientôt 30 m, cela n’est pas normal, on a bien essayé de faire tomber le toit, en le fracturant par des tirs de mines, rien n’y fait.

               C’est dangereux, il y a un poids énorme au dessus de nos têtes, cela inquiète, on a reçu l’ordre de renforcer le soutènement, par des piles de bois de chêne équarris, une tous les 3 m.

couptoit01.jpg

                Quand on tape sur les clavettes des grands étançons, de 2,50 à 3,00 m, ça résonne et il faut redoubler d’effort pour y arriver, c’est signe de forte pression.

                Soudain vers 11h00, c’est le tonnerre, l’orage, le bombardement, les piles se ratatinent, des éboulements se produisent côté veines, des étançons se cassent ou plient, il y a une poussière intense, on fuit où l’on peut.

                Je me retrouve blotti dans la niche supérieure de la taille avec un copain, on a remonté les 50 m en un temps record, passant miraculeusement au travers de ce fatras, on ne voit personne d’autre, au bout d’un moment, le calme revient, mais on n’ose pas bouger.

                 Quelques temps plus tard on attend crier nos noms et des lampes viennent vers nous par la voie de tête, on répond et bientôt apparaît le chef de taille et 2 autres ouvriers.

                  Ils nous expliquent que le coup de terrain a fait bouger tout le quartier et que l’on ne pourra plus produire dans cette taille pendant quelques temps.

                  En effet d’après ce que l’on peut voir avec le faisceau de notre lampe à chapeau, qui porte sur une dizaine de mètres, dans la taille le toit côté soutènement a baissé de près de 0,50 m.

De nombreux éléments du soutènement, sont cassés, pliés, tordus, il y a une fracture dans le toit de plus d’un mètre de large et sur quelques mètres de haut.  

                   Le charbon a recouvert le blindé et il y a un découvert de 2 à 3 m. On n’ose pas récupérer notre veste et notre musette. Le chef de taille nous dit de repartir pour la remonte et l’on peut constater que les cadres de la voie sont déformés alors que d’ordinaire on passait debout. Mais là, l faut se plier.

                    Le lendemain, le porion nous expliqua que le banc de cueurelle (grés très dur) qui se trouvait au toit de Louise s’est détaché est tombé d’un seul bloc sur toute la longueur de la taille depuis le départ du montage.

                    Heureusement à part quelques blessés légers, il n’y a pas eu de tués, mais il a fallu 3 semaines de travaux pour redémarrer cette taille.

                    Il s’est encore produit d’autres coups de terrain, mais pas de cette importance car peu à peu le soutènement marchant a remplacé les étançons, munis de 4 vérins hydrauliques tarés à 250 bars, Ils amortissaient mieux ces coups de terrain.

                    Cependant d’autres éboulements eurent lieu, dans les grandes veines, le charbon tombait en avant du soutènement, le terrain n’étant plus soutenu, tombait, sur plusieurs mètres de long et parfois, assez haut,

                    Il fallait donc rétablir un nouveau toit, car pour ravancer le soutènement marchant, il est nécessaire que les vérins soient serrés entre les épontes.

                   On amenait des linteaux métalliques en fer U de 29 kg, longs de 2,00 m et des traverses de chemin de fer, en bois, de 0,90 à 1,20 m.

                   Ces linteaux étaient emboîtés l’un dans l’autre sur 0.40 m et serrés par 2 étriers. Selon l’intervalle entre le chapeau et le toit non éboulé, parfois 3 à 4 mètres ou plus, il en fallait plusieurs que l’on soutenait ensuite à leur extrémité par un étançon.

                   On confectionnait alors des quadrillages au dessus de ces linteaux, avec des anciennes traverses de chemin de fer de 0.50 à 0.90 m.

                    C’était très pénible et dangereux car à tous moments des chutes de pierres pouvaient survenir et rien nous ne protégeait

                    Selon l’importance des éboulements ces travaux duraient parfois plusieurs heures. Lorsque le blindé était bloqué, ces matériaux étaient amenés à la main dans la taille, En plus les ouvriers n’étaient pas contents, ils perdaient de l’argent, car travaillant à la tâche. Ils renâclaient parfois.              

                                                                                                             

                                                                                            Julien Lehut, ancien Mineur

(22/04/2020 @ 16:37)

Le boulonnage - par huotapphim le 04/04/2020 @ 19:21 


 



Le boulonnage consiste à insérer des tiges métalliques dans le toit des galeries et chantiers afin d'en renforcer la solidité.


Forage avant boulonnage

Le boulon est une tige de 24 ou 27 mm de diamètre insérée dans un trou prévu à cet effet dans le toit. La tige est munie à une extrémité d'un système d'ancrage du boulon et à l'autre extrémité d'un filetage et d'une plaque d'acier.

Une fois le boulon entré dans le trou, on frappe sur le boulon avec un marteau perforateur ce qui provoque l'écartement du système d'ancrage à l'autre extrémité. La plaque de métal est serrée contre le toit avec un boulon.


 

Le boulonnage est beaucoup employé dans les chantiers en plateures. Il agit comme un système de renforcement des terrains mais il ne fallait pas que le terrain soit trop friable. Le boulonnage ne dépend pas de la tenue des murs mais du toit.

Associé à un bon soutènement, le boulonnage réduit fortement l'affaissement naturel du toit. En cas de rupture des roches du toit, le boulonnage permet d'en réduire les effets et d'éviter les effondrements.

A partir des années 70, des machines ont été employées pour forer les trous et réaliser le boulonnage.

Le boulonnage du toit

Fosse 7 bis du Groupe de Bruay

Le boulonnage dans les chantiers d’exploitation, sert à améliorer la tenue du toit qui en certains endroits, sont de très mauvaise qualité. Dans les chantiers à convoyeurs creusées à 22°, au lieu de soutenir le toit avec des billes de bois, on essaie de le raidir afin de devenir un toit solide qui tient tout seul reposant uniquement sur les mezières (paroi de la bowette).

bruayboulonnage71.jpg

Un toit boulonné

Pour cela, on fore dans le toit, à chaque mètre d’avancement, sur les 3.5 m de largeur de la bowette. Ce sont quatre trous de 1.5 m de profondeur qui sont ainsi percés. On y introduit ensuite une tige en fer qui se termine au bout de la tige, côté fond du trou, par une fente. Dans celle-ci, on y avait, au-préalable, inséré un coin. Une fois l’ensemble positionné dans le trou, le mineur frappe sur la tige avec le marteau perforateur, la tige bute sur le fond du trou, le coin déforme le bout en l’écartant. La tige s’arme solidement dans les terrains. La charge supportée par l’ensemble équivaut à plusieurs tonnes.

Une fois installée, la tige filetée dépasse de 10 cm. On boulonne dessus des plaques qui collent au toit avec un câble plat de la largeur de la bowette.

A la fosse 7 bis, l’équipe Wasielewski, Suwiczac et Kubera boulonnent ainsi 60 mètres de cheminée sans un ajouter un soutien boisé. L’équipe Even, Ptack et Imbert font de même. Attention, cette méthode de boulonnage ne fonctionne pas partout. Il faut absolument que le toit en profondeur soit assez rigide pour maintenir la tige. Dans le cas contraire, les galeries s’affaissent au bout d’un certain temps.

Source Lampe au chapeau, journal du Groupe de Bruay 1952

Le boulonnage - par huotapphim le 04/04/2020 @ 19:21 


 



Le boulonnage consiste à insérer des tiges métalliques dans le toit des galeries et chantiers afin d'en renforcer la solidité.


Forage avant boulonnage

Le boulon est une tige de 24 ou 27 mm de diamètre insérée dans un trou prévu à cet effet dans le toit. La tige est munie à une extrémité d'un système d'ancrage du boulon et à l'autre extrémité d'un filetage et d'une plaque d'acier.

Une fois le boulon entré dans le trou, on frappe sur le boulon avec un marteau perforateur ce qui provoque l'écartement du système d'ancrage à l'autre extrémité. La plaque de métal est serrée contre le toit avec un boulon.


 

Le boulonnage est beaucoup employé dans les chantiers en plateures. Il agit comme un système de renforcement des terrains mais il ne fallait pas que le terrain soit trop friable. Le boulonnage ne dépend pas de la tenue des murs mais du toit.

Associé à un bon soutènement, le boulonnage réduit fortement l'affaissement naturel du toit. En cas de rupture des roches du toit, le boulonnage permet d'en réduire les effets et d'éviter les effondrements.

A partir des années 70, des machines ont été employées pour forer les trous et réaliser le boulonnage.

Le boulonnage du toit

Fosse 7 bis du Groupe de Bruay

Le boulonnage dans les chantiers d’exploitation, sert à améliorer la tenue du toit qui en certains endroits, sont de très mauvaise qualité. Dans les chantiers à convoyeurs creusées à 22°, au lieu de soutenir le toit avec des billes de bois, on essaie de le raidir afin de devenir un toit solide qui tient tout seul reposant uniquement sur les mezières (paroi de la bowette).

bruayboulonnage71.jpg

Un toit boulonné

Pour cela, on fore dans le toit, à chaque mètre d’avancement, sur les 3.5 m de largeur de la bowette. Ce sont quatre trous de 1.5 m de profondeur qui sont ainsi percés. On y introduit ensuite une tige en fer qui se termine au bout de la tige, côté fond du trou, par une fente. Dans celle-ci, on y avait, au-préalable, inséré un coin. Une fois l’ensemble positionné dans le trou, le mineur frappe sur la tige avec le marteau perforateur, la tige bute sur le fond du trou, le coin déforme le bout en l’écartant. La tige s’arme solidement dans les terrains. La charge supportée par l’ensemble équivaut à plusieurs tonnes.

Une fois installée, la tige filetée dépasse de 10 cm. On boulonne dessus des plaques qui collent au toit avec un câble plat de la largeur de la bowette.

A la fosse 7 bis, l’équipe Wasielewski, Suwiczac et Kubera boulonnent ainsi 60 mètres de cheminée sans un ajouter un soutien boisé. L’équipe Even, Ptack et Imbert font de même. Attention, cette méthode de boulonnage ne fonctionne pas partout. Il faut absolument que le toit en profondeur soit assez rigide pour maintenir la tige. Dans le cas contraire, les galeries s’affaissent au bout d’un certain temps.

Source Lampe au chapeau, journal du Groupe de Bruay 1952

(04/04/2020 @ 19:21)

Le menuisier - par apphim le 09/02/2020 @ 12:27 

Le menuisier

Souvenir de mon père André Callens

« Mon fils ne sera pas mineur !», c’est ce qu’a déclaré de manière imparable mon grand-père à son porion lors de la visite d’embauche de son fils André.  Mon grand-père était mineur abatteur. Depuis l’âge de 12 ans il travaillait à la mine, d’abord dans les mines du Boulonnais, puis à Liévin quand elles ont fermé. Il n’avait pas eu d’autre choix, arrivé des Flandres Belges à 10 ans, il avait très peu fréquenté l’école et parler le flamand comme langue maternelle avait été un autre handicap. Son fils avait un autre parcours, il aurait un autre avenir que le sien.

Pourtant ce jour-là, sans conviction, André se faisait embaucher à la mine. Peu motivé par l’école, fatalement, il suivait le chemin de son père après le certificat d’études. 

Mon père avait quatorze ans quand il commença comme « galibot » en partageant   le quotidien des Mahuts, ces femmes qui triaient le charbon des autres gravats. Elles étaient réputées pour leur gouaille et leur comportement un peu salace quelquefois.  Les histoires liées au bizutage des petits nouveaux glaçaient mon père. On racontait qu’elles aimaient leur « passer la visite » : elles les déculottaient et leur enduisaient les fesses de charbon.

mahut01.jpg

Le jour où Jeanne, la plus ancienne lui lança en riant un caillou sur la main, tout son être se crispa. Il comprit que ça allait être son tour… Alors dans une pulsion de défense, il renvoya le caillou qu’elle reçut dans un cri sur le dos de la main. Les injures et des noms d’oiseaux fusèrent, mais les Mahuts lui laissèrent finir le poste en paix.

Alors que son avenir semblait être tracé dans la morosité, la chance lui sourit. Les Houillères avaient besoin d’autres corps de métier manuels. Elles proposèrent divers apprentissages … André choisit la formation de menuisier, heureux enfin du virage que prenait son avenir, très heureux de quitter si vite les Mahuts.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de mineur

Le menuisier - par apphim le 09/02/2020 @ 12:27 

Le menuisier

Souvenir de mon père André Callens

« Mon fils ne sera pas mineur !», c’est ce qu’a déclaré de manière imparable mon grand-père à son porion lors de la visite d’embauche de son fils André.  Mon grand-père était mineur abatteur. Depuis l’âge de 12 ans il travaillait à la mine, d’abord dans les mines du Boulonnais, puis à Liévin quand elles ont fermé. Il n’avait pas eu d’autre choix, arrivé des Flandres Belges à 10 ans, il avait très peu fréquenté l’école et parler le flamand comme langue maternelle avait été un autre handicap. Son fils avait un autre parcours, il aurait un autre avenir que le sien.

Pourtant ce jour-là, sans conviction, André se faisait embaucher à la mine. Peu motivé par l’école, fatalement, il suivait le chemin de son père après le certificat d’études. 

Mon père avait quatorze ans quand il commença comme « galibot » en partageant   le quotidien des Mahuts, ces femmes qui triaient le charbon des autres gravats. Elles étaient réputées pour leur gouaille et leur comportement un peu salace quelquefois.  Les histoires liées au bizutage des petits nouveaux glaçaient mon père. On racontait qu’elles aimaient leur « passer la visite » : elles les déculottaient et leur enduisaient les fesses de charbon.

mahut01.jpg

Le jour où Jeanne, la plus ancienne lui lança en riant un caillou sur la main, tout son être se crispa. Il comprit que ça allait être son tour… Alors dans une pulsion de défense, il renvoya le caillou qu’elle reçut dans un cri sur le dos de la main. Les injures et des noms d’oiseaux fusèrent, mais les Mahuts lui laissèrent finir le poste en paix.

Alors que son avenir semblait être tracé dans la morosité, la chance lui sourit. Les Houillères avaient besoin d’autres corps de métier manuels. Elles proposèrent divers apprentissages … André choisit la formation de menuisier, heureux enfin du virage que prenait son avenir, très heureux de quitter si vite les Mahuts.

                                                                       Martine Dreux-Callens, petite-fille de mineur

(09/02/2020 @ 12:27)

Musette et cinéma - par apphim le 07/01/2020 @ 17:34 

La musette du grand-père

musette01.jpg

Photo André Paillart

La musette contenant le briquet du mineur de grand-père était une sacoche en épais cuir noir avec une sangle tressée pour la porter en bandoulière.

Cette musette, identique au cartable des enfants, contenait son casse-croûte.

Un matin, mon oncle Henri Wladimir, tout gamin, s’inquiète de ne pas trouver son cartable.

- « Regarde, il est posé là ! » lui montre ma grand-mère.

- « Mais non, répond-il, c’est la musette du père ! »

A la pause du briquet, grand-père a sorti les livres et cahiers d’écolier.

Espérons que ça lui ait coupé l’appétit !

                                                                                   Annick Milbrandt, fille de mineur

Au cinéma de quartier

Dans ma cité du 11, comme dans chaque cité, la salle de patronage sert de salle de cinéma, les projections se font en huit millimètres et le film est souvent rayé. Qu’importe...

Les rangées de sièges sont en fer et rabattables. Si une personne bouge, toute la rangée est au courant, quel boucant ! Qu’importe !

Mon cinéma, c’est le Rex. Il est implanté au Chemin Manot du 11, c’est à deux pas de la maison. Ma mère surveille notre sommeil en revenant de temps à autre à la maison au milieu du film. Parfois, elle nous apporte, à l’entracte, un paquet de cacahuètes entières, dans un petit sachet en papier kraft marron. Je me souviens de ma première séance de cinéma. Des chaises sont installées dans les allées, tellement il y a du monde ; mon frère n’arrête pas de parler, ma sœur Nadine se met à crier dans le noir. Pourquoi, on éteint la lumière ? Elle s’arrêtera quand la fée clochette du Conte d’Andersen apparaîtra…  Lorsque les lumières se rallument à l’entracte, nous guettons la vendeuse d’esquimaux glacés. Son panier est pris d’assaut.  Un comédien, jongleur ou acrobate, fait une démonstration de son talent. Puis les lumières s’éteignent pour la seconde moitié de la séance. Enfin, le film !

A Noël, nous allons au cinéma l’Apollo à Lens

apollo.jpg

Col Claude Duhoux

La ville de Lens offre aux scolaires, de l’école primaire jusqu’au lycée, une séance de cinéma à l’occasion de Noël.

Depuis leur école, les instituteurs et institutrices accompagnent leurs élèves, à pied, jusqu’au cinéma l’Apollo, devant la gare de Lens.

Maman m’a donné quelques bonbons que je partage sur le trajet avec mes camarades. A mon entrée dans la grande salle du cinéma, je suis émerveillée. Les sièges sont recouverts de velours rouge foncé. Ils sont rabattables comme « au Rex » mais sont moelleux et silencieux. Des lampes murales aux ferrures dorées, disposées à intervalles réguliers éclairent la grande salle. Un immense balcon peut accueillir encore de nombreux spectateurs. Un vrai théâtre !

Le lourd rideau, en velours rouge identique aux fauteuils, cache l’écran, sur toute la largeur de la pièce.

Bientôt, le rideau se lève. Place à « cendrillon »

Au retour dans la classe, après la séance, l’institutrice distribue la coquille, une orange et un gros bâton de sucre d’orge de couleur orangée, entouré d’un papier transparent. Certains mangent le petit pain immédiatement. Moi, je le garde comme un trésor, pour le montrer à maman et le manger avec une tasse de chocolat chaud. Quel délice !

                                                                                   Annick MILBRANDT, fille de mineur

Musette et cinéma - par apphim le 07/01/2020 @ 17:34 

La musette du grand-père

musette01.jpg

Photo André Paillart

La musette contenant le briquet du mineur de grand-père était une sacoche en épais cuir noir avec une sangle tressée pour la porter en bandoulière.

Cette musette, identique au cartable des enfants, contenait son casse-croûte.

Un matin, mon oncle Henri Wladimir, tout gamin, s’inquiète de ne pas trouver son cartable.

- « Regarde, il est posé là ! » lui montre ma grand-mère.

- « Mais non, répond-il, c’est la musette du père ! »

A la pause du briquet, grand-père a sorti les livres et cahiers d’écolier.

Espérons que ça lui ait coupé l’appétit !

                                                                                   Annick Milbrandt, fille de mineur

Au cinéma de quartier

Dans ma cité du 11, comme dans chaque cité, la salle de patronage sert de salle de cinéma, les projections se font en huit millimètres et le film est souvent rayé. Qu’importe...

Les rangées de sièges sont en fer et rabattables. Si une personne bouge, toute la rangée est au courant, quel boucant ! Qu’importe !

Mon cinéma, c’est le Rex. Il est implanté au Chemin Manot du 11, c’est à deux pas de la maison. Ma mère surveille notre sommeil en revenant de temps à autre à la maison au milieu du film. Parfois, elle nous apporte, à l’entracte, un paquet de cacahuètes entières, dans un petit sachet en papier kraft marron. Je me souviens de ma première séance de cinéma. Des chaises sont installées dans les allées, tellement il y a du monde ; mon frère n’arrête pas de parler, ma sœur Nadine se met à crier dans le noir. Pourquoi, on éteint la lumière ? Elle s’arrêtera quand la fée clochette du Conte d’Andersen apparaîtra…  Lorsque les lumières se rallument à l’entracte, nous guettons la vendeuse d’esquimaux glacés. Son panier est pris d’assaut.  Un comédien, jongleur ou acrobate, fait une démonstration de son talent. Puis les lumières s’éteignent pour la seconde moitié de la séance. Enfin, le film !

A Noël, nous allons au cinéma l’Apollo à Lens

apollo.jpg

Col Claude Duhoux

La ville de Lens offre aux scolaires, de l’école primaire jusqu’au lycée, une séance de cinéma à l’occasion de Noël.

Depuis leur école, les instituteurs et institutrices accompagnent leurs élèves, à pied, jusqu’au cinéma l’Apollo, devant la gare de Lens.

Maman m’a donné quelques bonbons que je partage sur le trajet avec mes camarades. A mon entrée dans la grande salle du cinéma, je suis émerveillée. Les sièges sont recouverts de velours rouge foncé. Ils sont rabattables comme « au Rex » mais sont moelleux et silencieux. Des lampes murales aux ferrures dorées, disposées à intervalles réguliers éclairent la grande salle. Un immense balcon peut accueillir encore de nombreux spectateurs. Un vrai théâtre !

Le lourd rideau, en velours rouge identique aux fauteuils, cache l’écran, sur toute la largeur de la pièce.

Bientôt, le rideau se lève. Place à « cendrillon »

Au retour dans la classe, après la séance, l’institutrice distribue la coquille, une orange et un gros bâton de sucre d’orge de couleur orangée, entouré d’un papier transparent. Certains mangent le petit pain immédiatement. Moi, je le garde comme un trésor, pour le montrer à maman et le manger avec une tasse de chocolat chaud. Quel délice !

                                                                                   Annick MILBRANDT, fille de mineur

(07/01/2020 @ 17:34)

(17/10/2019 @ 15:05)

Les schistes rouges - par apphim le 02/10/2019 @ 15:19 

Les schistes rouges en 1952, dans le Groupe de Bruay

L'exploitation des chantiers du fond produit avec le charbon un important tonnage de schistes (les terres) dont l'amoncellement constitue les terrils.

Dans ces énormes masses qui, la nuit, apparaissent constellées de points incandescents, s'opère une valorisation qui ne dépend que de la nature.

Il y a toujours mélangé, aux terres, une certaine proportion de charbon. Les pyrites contenues dans les schistes et dans la houille (sur laquelle elles apparaissent en plaques dorées appelées « or du mineur ») s'oxydent au contact de l'air. Cette oxydation que l'humidité active encore, entraîne une élévation de température qui provoque l'inflammation du charbon. Ainsi se développe une combustion lente qui va transformer les déchets en un produit utile et de recherches.

Au service de la route du rail et du bâtiment


 

Les diverses utilisations des schistes rouges peuvent, suivant l'importance du tonnage qu'elles nécessitent, être classées en quatre catégories : les travaux de viabilité, les travaux de voies-ferrées, les travaux de bâtiment et les utilisations diverses.

Les chantiers de voirie de nos cités sont entièrement exécutés avec des schistes rouges calibrés : les gros calibres (plus de 80) sont employés dans la couche de fondation, le blocage est assuré avec des 0/10, la couche de roulement est faite avec des schistes de calibre 50/80 et 20/50. La fermeture de cette couche est réalisée après cylindrage par une semi-pénétration de goudron (6kg/m2) avec gravillonage en 10/20. Un sur-tapis de macadam vient finaliser la chaussée.


 

Le Service des Ponts et Chaussées et le Service Travaux des Communes utilisent les schistes rouges pour les fondations des routes.

Terrain de jeu de boules (schistes 0/10-10/20)

Le Service du Chemin de Fer du Groupe de Bruay réalise les ballasts de ses voies avec des schistes calibrés 20/50 et 50/80.

Voie-ferrées du siège 7 de Bruay (schistes 30/50-50/80)

Dans le bâtiment, les schistes rouges sont employés par les entreprises pour les confections de semelles de fondations ou de gros massifs. Le Groupe de Bruay utilise les schistes pour la fabrication de parpaings 34*22*11.

Fabrication de parpaings au siège 7, atelier de démoulage des parpaing sous la direction de François CABOCHE

Ceci sans oublier les terrains de tennis, les allées de jardins de cimetières …


Une allée de schistes rouges à LaBuissière

Après de longues années de sommeil

schistes01.jpg
Au premier plan, la pelle mécanique charge un camion en 0/10. Au fond, le bulldozer pousse les schistes à la base du convoyeur à bande

Depuis 1958, le Groupe de Bruay a mis en service au terril plat du siège 5 une installation d'exploitation, de concassage et de criblage des schistes rouges. L'exploitation du terril se fait à l'aide de bulldozers équipés d'une lame orientable de 3,50 m qui assure l'arrachement et l'amoncellement des produits aux abords d'une trémie. Une pelle mécanique de 800 L alimente cette trémie. Une autre pelle de 600 L alimente en tout-venant les clients en puisant éventuellement dans les stocks.

Chargement d'un camion en 20/50 sous la surveillance de Charles ROUSSEL

1- Au départ de la trémie, près du point d'exploitation, un transporteur à bande de 0,60 m véhicule les produits sur une distance de 300 m vers le point de concassage : canalisés successivement par un ensemble de tôlerie formant un couloir d'alimentation une deuxième trémie puis un transporteur à bande de 0,80 m , les produits arrivent finalement en haut du bâtiment de criblage.

Bâtiment de concassage-criblage, sortie des trémies de stockage

2-Les schistes passent alors à travers un tunnel de 1 m de diamètre et 12 m de longueur. Cet appareil , entraîné par un groupe moto-réducteur de 22 Ch peut assurer un débit de 45 tonnes à l'heure et crible les produits suivants 4 claies respectivement à mailles de 10, 20, 50 et 80 mm. Suivant leur calibre, les schistes tombent alors dans les trémies de stockage correspondantes qui ont chacune une capacité de 15 tonnes .

3-Les gros produits, refusés par le crible, peuvent selon la position d'un volet situé à l’extrémité du trommel, soit tomber dans une trémie de stockage des calibrés de plus de 80 mm, soit rejoindre, par intermédiaire, d'un convoyeur à bande puis d'un couloir, un concasseur Dragon équipé d'un moteur de 51 Ch.

4-Après concassage, les matériaux tombent dans une cave, sont repris par une noria, et rejoignent ainsi le haut du bâtiment pour reprendre le circuit du crible.

L'installation actuelle peut, compte tenu de conditions atmosphériques favorables, délivrer un maximum journalier de 400 tonnes en tout-venant de 360 tonnes en calibrés.

Le tout-venant est mis à la disposition des clients près du point d'exploitation, sur le terril même, seuls les camions peuvent y accéder et sont chargés comme nous l'avons dit plus haut, par l'une des deux pelles « mécaniques ».

Les calibrés sont chargés par gravité sous les trémies du poste du criblage ; leur évacuation se fait par camions ou par wagons.

Lampe au Chapeau 1962

Les schistes rouges - par apphim le 02/10/2019 @ 15:19 

Les schistes rouges en 1952, dans le Groupe de Bruay

L'exploitation des chantiers du fond produit avec le charbon un important tonnage de schistes (les terres) dont l'amoncellement constitue les terrils.

Dans ces énormes masses qui, la nuit, apparaissent constellées de points incandescents, s'opère une valorisation qui ne dépend que de la nature.

Il y a toujours mélangé, aux terres, une certaine proportion de charbon. Les pyrites contenues dans les schistes et dans la houille (sur laquelle elles apparaissent en plaques dorées appelées « or du mineur ») s'oxydent au contact de l'air. Cette oxydation que l'humidité active encore, entraîne une élévation de température qui provoque l'inflammation du charbon. Ainsi se développe une combustion lente qui va transformer les déchets en un produit utile et de recherches.

Au service de la route du rail et du bâtiment


 

Les diverses utilisations des schistes rouges peuvent, suivant l'importance du tonnage qu'elles nécessitent, être classées en quatre catégories : les travaux de viabilité, les travaux de voies-ferrées, les travaux de bâtiment et les utilisations diverses.

Les chantiers de voirie de nos cités sont entièrement exécutés avec des schistes rouges calibrés : les gros calibres (plus de 80) sont employés dans la couche de fondation, le blocage est assuré avec des 0/10, la couche de roulement est faite avec des schistes de calibre 50/80 et 20/50. La fermeture de cette couche est réalisée après cylindrage par une semi-pénétration de goudron (6kg/m2) avec gravillonage en 10/20. Un sur-tapis de macadam vient finaliser la chaussée.


 

Le Service des Ponts et Chaussées et le Service Travaux des Communes utilisent les schistes rouges pour les fondations des routes.

Terrain de jeu de boules (schistes 0/10-10/20)

Le Service du Chemin de Fer du Groupe de Bruay réalise les ballasts de ses voies avec des schistes calibrés 20/50 et 50/80.

Voie-ferrées du siège 7 de Bruay (schistes 30/50-50/80)

Dans le bâtiment, les schistes rouges sont employés par les entreprises pour les confections de semelles de fondations ou de gros massifs. Le Groupe de Bruay utilise les schistes pour la fabrication de parpaings 34*22*11.

Fabrication de parpaings au siège 7, atelier de démoulage des parpaing sous la direction de François CABOCHE

Ceci sans oublier les terrains de tennis, les allées de jardins de cimetières …


Une allée de schistes rouges à LaBuissière

Après de longues années de sommeil

schistes01.jpg
Au premier plan, la pelle mécanique charge un camion en 0/10. Au fond, le bulldozer pousse les schistes à la base du convoyeur à bande

Depuis 1958, le Groupe de Bruay a mis en service au terril plat du siège 5 une installation d'exploitation, de concassage et de criblage des schistes rouges. L'exploitation du terril se fait à l'aide de bulldozers équipés d'une lame orientable de 3,50 m qui assure l'arrachement et l'amoncellement des produits aux abords d'une trémie. Une pelle mécanique de 800 L alimente cette trémie. Une autre pelle de 600 L alimente en tout-venant les clients en puisant éventuellement dans les stocks.

Chargement d'un camion en 20/50 sous la surveillance de Charles ROUSSEL

1- Au départ de la trémie, près du point d'exploitation, un transporteur à bande de 0,60 m véhicule les produits sur une distance de 300 m vers le point de concassage : canalisés successivement par un ensemble de tôlerie formant un couloir d'alimentation une deuxième trémie puis un transporteur à bande de 0,80 m , les produits arrivent finalement en haut du bâtiment de criblage.

Bâtiment de concassage-criblage, sortie des trémies de stockage

2-Les schistes passent alors à travers un tunnel de 1 m de diamètre et 12 m de longueur. Cet appareil , entraîné par un groupe moto-réducteur de 22 Ch peut assurer un débit de 45 tonnes à l'heure et crible les produits suivants 4 claies respectivement à mailles de 10, 20, 50 et 80 mm. Suivant leur calibre, les schistes tombent alors dans les trémies de stockage correspondantes qui ont chacune une capacité de 15 tonnes .

3-Les gros produits, refusés par le crible, peuvent selon la position d'un volet situé à l’extrémité du trommel, soit tomber dans une trémie de stockage des calibrés de plus de 80 mm, soit rejoindre, par intermédiaire, d'un convoyeur à bande puis d'un couloir, un concasseur Dragon équipé d'un moteur de 51 Ch.

4-Après concassage, les matériaux tombent dans une cave, sont repris par une noria, et rejoignent ainsi le haut du bâtiment pour reprendre le circuit du crible.

L'installation actuelle peut, compte tenu de conditions atmosphériques favorables, délivrer un maximum journalier de 400 tonnes en tout-venant de 360 tonnes en calibrés.

Le tout-venant est mis à la disposition des clients près du point d'exploitation, sur le terril même, seuls les camions peuvent y accéder et sont chargés comme nous l'avons dit plus haut, par l'une des deux pelles « mécaniques ».

Les calibrés sont chargés par gravité sous les trémies du poste du criblage ; leur évacuation se fait par camions ou par wagons.

Lampe au Chapeau 1962

(02/10/2019 @ 15:19)

L'autorité du père - par apphim le 25/06/2019 @ 15:15 

L’autorité du père, la discipline (1950/1960)

Les enfants doivent obéissance à l’adulte : le père, l’instituteur, le curé… L’enfant est un être qu’il faut «  dresser ». L’adulte a toujours raison. L’enfant n’a pas droit à la parole.

A l’école

A l’école, la discipline est rigoureuse. Les élèves se rangent en colonnes strictes et, l’entrée en classe est silencieuse. En cours il est interdit de parler sans l’accord de l’enseignant.

 La maitresse surveille l’état de propreté. On lui montre les mains en entrant dans la classe. Une blouse grise protège les vêtements des garçons, tandis que  les filles portent de jolis tabliers à motifs. Ma mère m’achète 2 tabliers par an, que j’alterne chaque semaine. Nous choisissons dans le magasin de vêtements, chemin Manot au 11. En période de rentrée scolaire, l’une des 2 vitrines de la boutique, est entièrement consacrée aux tabliers pour enfants.

Un cours d’instruction civique débute la journée par une leçon  de morale. Les punitions de l’enseignant pleuvent en cas d’indiscipline ou de mauvais résultats scolaires :

                                                                                                                                                          

- Des lignes à écrire 100 fois ou plus : « je ne dois pas parler en classe »,

- Des coups de règles sur le bout des doigts,

- Le port toute une journée d’un bonnet d’âne en carton,

- Une ardoise à porter au cou sur laquelle est inscrite la faute, ou le mauvais comportement,  

- Le cahier mal soigné, épinglé au dos et se présenter ainsi, dans toutes les classes,

- La main gauche attachée, pour obliger les récalcitrants à écrire « de la belle main »,

- Rester debout derrière le tableau mobile durant de longues heures, ou bien le nez collé au mur,

- Une règle dans le dos pour se tenir bien droit,

- A genoux sur une règle (plutôt chez les garçons), les mains sur la tête.

Les élèves punis sont en général toujours les mêmes.  

A la maison

autorite02.jpg

Dans les maisons, les pères sont craints. Ils ont toute autorité sur l’épouse et les enfants.

Pour ma sœur Nadine, qui désobéissait, la sanction était « le martinet ». C’est un bâton d’environ 20 cm au bout duquel sont accrochées une dizaine de lanières en cuir de la même longueur, aussi longues que le bâton. Tous les enfants connaissent «  le martinet ». Le vendeur ambulant de lait, qui passait dans les rues dans son camion Citroën, en plus de quelques articles d’épicerie, exposait un fort grand nombre de ces engins. Parfois, il n’en avait plus en vente, devant la forte demande. Certains pères le brandissaient seulement, en signe de menace, mais  beaucoup les utilisaient,  puisque l’adulte doit avoir toujours raison.

Je me rappelle, mon père prenait une chaise pour s’assoir.  Il attrapait Nadine, la maintenait couchée sur le ventre contre ses genoux, et frappait ses fesses nues. Ma mère, qui s’interposait en criant, était repoussée violemment. J’assistais, figée, à la scène, criant à chaque coup infligé à ma sœur, comme si je les ressentais.  Nadine, allongée sur le lit dans la position ventrale, sanglotait doucement sous la main caressante de ma mère, l’enduisant d’un baume adoucissant. La marche, les jours suivants, sur le trajet de l’école, s’avérait délicate. Les « saucissons » sur les fesses disparaissaient avec le temps.

Les institutrices se doutaient des blessures physiques de certains enfants, mais ne « soufflaient » mot. Le médecin, l’infirmière gardaient le silence.

Un jour, Nadine coupa à ras, les lanières de cuir au ras du bâton. Mon père, en un tour de main, déroula sa ceinture d’autour de la taille et la brandit. Ma mère s’accrocha à lui plus fermement que jamais, et il abandonna. Le lendemain, au clou sur le  mur, un martinet tout neuf  s’exposait à nos yeux.

Mon frère Christian a lui aussi connu le martinet. Mais, ce dont je me souviens le plus, c’est le cachot, dans la « cabane à lapins » où il a passé de longs moments, enfermé. Un petit réduit, qui servait tantôt aux poules, tantôt aux lapins. Ce local noir et froid dans lequel on ne tient pas debout, était ainsi « la punition » de mon frère quand il n’était pas sage !

Ma mère a bien pleuré et tenté d’empêcher les punitions, mais le chef de famille a toute puissance ! 

Papa d'Annick

Mon père savait aussi jouer avec nous et nous initier à toutes sortes d’activités manuelles, sportives… Il me racontait des histoires avant d’aller au lit.  Ma préférée : « l’histoire de la petite poule rousse », qu’un jour, ne sachant pas encore lire, je lui racontais par cœur,  à force de l’entendre. Nous passions de bons moments à la pêche avec lui : Fampoux, Brunemont, Aubigny au Bac … Nous aimions notre père et il nous aimait.

Une voisine malmenée par son mari  venait régulièrement pleurer auprès de ma mère. Elle s’empressait de rentrer chez elle avant le retour de son homme ! La consommation d’alcool ne favorisait pas la tranquillité dans quelques foyers (vin, bière brassée au domicile, genièvre l’alcool régional).

 Il était facile de repérer  les habitations  d’où sortaient les éclats de voix, les disputes, les murs qui tremblent sous la violence.

 Si la solidarité est de mise au fond, entre les travailleurs, elle existe de la même façon chez ces mères de famille, femmes au foyer. 

 La condition de la femme, dépendante de son époux, à cette époque, dans les mines comme ailleurs, c’était la « soumission obligée ».

Dans les années 60, chaque enfant aura très certainement côtoyé un adulte trop brutal, un enseignant trop sévère, et ceci, dans quelque milieu social que ce soit.

Malgré toutes ces anecdotes, je qualifie les souvenirs que je garde de mon enfance : «  Du Bonheur ». Dans l’esprit de l’enfant que j’étais, il me semble avoir évolué dans une famille aimante, avec des voisins, des camarades, des enseignants chaleureux, généreux, gentils, serviables.

 Des moments douloureux, difficiles ? C’est le lot de chacun, quelques soient ses origines, et son  époque…

Annick MILBRANDT, fille de mineur

L'autorité du père - par apphim le 25/06/2019 @ 15:15 

L’autorité du père, la discipline (1950/1960)

Les enfants doivent obéissance à l’adulte : le père, l’instituteur, le curé… L’enfant est un être qu’il faut «  dresser ». L’adulte a toujours raison. L’enfant n’a pas droit à la parole.

A l’école

A l’école, la discipline est rigoureuse. Les élèves se rangent en colonnes strictes et, l’entrée en classe est silencieuse. En cours il est interdit de parler sans l’accord de l’enseignant.

 La maitresse surveille l’état de propreté. On lui montre les mains en entrant dans la classe. Une blouse grise protège les vêtements des garçons, tandis que  les filles portent de jolis tabliers à motifs. Ma mère m’achète 2 tabliers par an, que j’alterne chaque semaine. Nous choisissons dans le magasin de vêtements, chemin Manot au 11. En période de rentrée scolaire, l’une des 2 vitrines de la boutique, est entièrement consacrée aux tabliers pour enfants.

Un cours d’instruction civique débute la journée par une leçon  de morale. Les punitions de l’enseignant pleuvent en cas d’indiscipline ou de mauvais résultats scolaires :

                                                                                                                                                          

- Des lignes à écrire 100 fois ou plus : « je ne dois pas parler en classe »,

- Des coups de règles sur le bout des doigts,

- Le port toute une journée d’un bonnet d’âne en carton,

- Une ardoise à porter au cou sur laquelle est inscrite la faute, ou le mauvais comportement,  

- Le cahier mal soigné, épinglé au dos et se présenter ainsi, dans toutes les classes,

- La main gauche attachée, pour obliger les récalcitrants à écrire « de la belle main »,

- Rester debout derrière le tableau mobile durant de longues heures, ou bien le nez collé au mur,

- Une règle dans le dos pour se tenir bien droit,

- A genoux sur une règle (plutôt chez les garçons), les mains sur la tête.

Les élèves punis sont en général toujours les mêmes.  

A la maison

autorite02.jpg

Dans les maisons, les pères sont craints. Ils ont toute autorité sur l’épouse et les enfants.

Pour ma sœur Nadine, qui désobéissait, la sanction était « le martinet ». C’est un bâton d’environ 20 cm au bout duquel sont accrochées une dizaine de lanières en cuir de la même longueur, aussi longues que le bâton. Tous les enfants connaissent «  le martinet ». Le vendeur ambulant de lait, qui passait dans les rues dans son camion Citroën, en plus de quelques articles d’épicerie, exposait un fort grand nombre de ces engins. Parfois, il n’en avait plus en vente, devant la forte demande. Certains pères le brandissaient seulement, en signe de menace, mais  beaucoup les utilisaient,  puisque l’adulte doit avoir toujours raison.

Je me rappelle, mon père prenait une chaise pour s’assoir.  Il attrapait Nadine, la maintenait couchée sur le ventre contre ses genoux, et frappait ses fesses nues. Ma mère, qui s’interposait en criant, était repoussée violemment. J’assistais, figée, à la scène, criant à chaque coup infligé à ma sœur, comme si je les ressentais.  Nadine, allongée sur le lit dans la position ventrale, sanglotait doucement sous la main caressante de ma mère, l’enduisant d’un baume adoucissant. La marche, les jours suivants, sur le trajet de l’école, s’avérait délicate. Les « saucissons » sur les fesses disparaissaient avec le temps.

Les institutrices se doutaient des blessures physiques de certains enfants, mais ne « soufflaient » mot. Le médecin, l’infirmière gardaient le silence.

Un jour, Nadine coupa à ras, les lanières de cuir au ras du bâton. Mon père, en un tour de main, déroula sa ceinture d’autour de la taille et la brandit. Ma mère s’accrocha à lui plus fermement que jamais, et il abandonna. Le lendemain, au clou sur le  mur, un martinet tout neuf  s’exposait à nos yeux.

Mon frère Christian a lui aussi connu le martinet. Mais, ce dont je me souviens le plus, c’est le cachot, dans la « cabane à lapins » où il a passé de longs moments, enfermé. Un petit réduit, qui servait tantôt aux poules, tantôt aux lapins. Ce local noir et froid dans lequel on ne tient pas debout, était ainsi « la punition » de mon frère quand il n’était pas sage !

Ma mère a bien pleuré et tenté d’empêcher les punitions, mais le chef de famille a toute puissance ! 

Papa d'Annick

Mon père savait aussi jouer avec nous et nous initier à toutes sortes d’activités manuelles, sportives… Il me racontait des histoires avant d’aller au lit.  Ma préférée : « l’histoire de la petite poule rousse », qu’un jour, ne sachant pas encore lire, je lui racontais par cœur,  à force de l’entendre. Nous passions de bons moments à la pêche avec lui : Fampoux, Brunemont, Aubigny au Bac … Nous aimions notre père et il nous aimait.

Une voisine malmenée par son mari  venait régulièrement pleurer auprès de ma mère. Elle s’empressait de rentrer chez elle avant le retour de son homme ! La consommation d’alcool ne favorisait pas la tranquillité dans quelques foyers (vin, bière brassée au domicile, genièvre l’alcool régional).

 Il était facile de repérer  les habitations  d’où sortaient les éclats de voix, les disputes, les murs qui tremblent sous la violence.

 Si la solidarité est de mise au fond, entre les travailleurs, elle existe de la même façon chez ces mères de famille, femmes au foyer. 

 La condition de la femme, dépendante de son époux, à cette époque, dans les mines comme ailleurs, c’était la « soumission obligée ».

Dans les années 60, chaque enfant aura très certainement côtoyé un adulte trop brutal, un enseignant trop sévère, et ceci, dans quelque milieu social que ce soit.

Malgré toutes ces anecdotes, je qualifie les souvenirs que je garde de mon enfance : «  Du Bonheur ». Dans l’esprit de l’enfant que j’étais, il me semble avoir évolué dans une famille aimante, avec des voisins, des camarades, des enseignants chaleureux, généreux, gentils, serviables.

 Des moments douloureux, difficiles ? C’est le lot de chacun, quelques soient ses origines, et son  époque…

Annick MILBRANDT, fille de mineur

(25/06/2019 @ 15:15)

Ma cité a bien changé - par apphim le 14/05/2019 @ 09:11 

Ma cité a bien changé

Le musée du Louvre vient d’ouvrir ses portes. Les touristes affluent de France et d’ailleurs.

« Si ce n’est le climat, rude et pluvieux, il est beau le bassin minier, et les gens ! quel accueil chaleureux ! » Voilà leurs paroles.

Le musée a pris la place du puits de la fosse 9 où a travaillé mon père et de nombreux autres mineurs de diverses nationalités.

J’ai grandi dans cette cité.

Il y a soixante ans, la cité de la fosse 9 n’avait pas le même aspect.

Une photo prise en 1950, me rappelle mon enfance.

citeannick01.jpg

A l’horizon, sur la photo, se dessinent plusieurs terrils pointus et la grande tour carrée du 11 /19 à Loos en Gohelle n’existe pas. Les terrils sont noirs. De la fumée s’en échappe sur les flancs. La neige ne tient pas sur le charbon qui n’est pas tout à fait froid.

Les roues dans les chevalets font entendre leurs ronronnements à distance.

Les terrils dégagent une fine poussière noire. Chaque jour, les poussières doivent être faites sur les meubles dans les maisons.

Une voisine sicilienne a abandonné ses vêtements blancs. Dans mon pays, dit- elle, on s’habille tous en blanc. Il n’y a pas cette poussière de charbon.

Nous revenons, les vêtements, les pieds et les chaussures noircis lorsque nous allons jouer dans les terrils. Il faut retourner les chaussettes pleines de gravillons. Difficile de cacher d’où l’on vient ! Ces endroits sont dangereux, des affaissements peuvent se produire à tout moment. L’accès est interdit.

Certaines chaussées de la cité 9 sont constituées de briques rouges comme les maisons.  Les rues Pascal, Montaigne, Chateaubriand …. sont bordée d’arbres.

Des barrières en bois séparent les jardins et maisons les unes des autres.

La cité 9 est jolie.

Les maisons en briques rouges, sont pimpantes avec leurs portes et volets de couleurs vives alternativement jaune et vert ou régulièrement rouge bordeaux, selon les rues.

Elles sont entretenues par les Services Techniques des Houillères.

Après leur dur travail à la mine, les hommes prennent plaisir à jardiner.

Notre jardin, comme beaucoup d’autres, est abondement fleuri.

Les potagers occupent toute la surface du grand terrain.

Quelques arbres fruitiers y trouvent leur place.

Les caniveaux sont propres. Le garde des mines s’en assure et réprimande les ménagères négligentes.

Depuis l’église du 9, les enterrements empruntent la rue Pascal verdoyante jusqu’au cimetière.

Monsieur le curé est en tête. Des chevaux tirent le corbillard drapé de noir. En sortant de l’école, il nous arrive de suivre le cortège à distance. Nous connaissons souvent la famille du défunt et guettons la présence d’un camarade. Les hommes ont revêtu le costume du dimanche. Les femmes toutes de noir vêtues, arborent un chapeau dont le long voile de crêpe noir cache le visage. La marche est lente et silencieuse, quelques sanglots parviennent à nos oreilles.

De petites places, Staël et Regnard, sont, au croisement de rues, les terrains de jeux des enfants.

La rue Beaumarchais, où j’habite, est en terre.

Cette rue longe en partie le « puisard » (on dit le pizeur), un ruisseau attenant à un vaste espace vert, rectangulaire, à la végétation sauvage, entouré de peupliers.

Pour y accéder, nous devons aller jusqu’ au croisement avec la rue Chateaubriand, où un pont franchit le cours d’eau.

Nous avons plus vite fait de sauter d’une rive à l’autre. Malheureusement, on n’y arrive pas à tous les coups, c’est large !

On  est  tous tombés dans ce réservoir à têtards et autres bestioles. Ma mère a soigneusement retiré des longs cheveux de ma sœur Nadine, un à un, les petits vers rouges et autres larves lorsqu’elle est rentrée, toute dégoulinante d’eau en pleurant.

Les parents nous interdisent de piétiner dans cette eau. Celle-ci, petit affluant ou dérivation de la rivière La Souchez, passerait par les puits de mines en amont (3 de Lens) où les mineurs se laveraient.

Difficile d’obéir lorsque les têtards et les tritons  montrent leur nez.

Au puisard, mon frère grimpe en haut des peupliers. Il fabrique des arcs a flèches, et sculpte des morceaux de bois. Il m’emmène un jour  pour me montrer la cachette de son trésor (un sac de billes) enfoui dans un coin secret. Nous y jouons aux cow-boys et aux indiens, avec les camarades de la rue.

Quelques terrains sont encore occupés par des familles de fermiers. Nous achetons le lait et le beurre demi-sel à la ferme de la rue Paul Bert. Une vache est dessinée en relief sur la motte de beurre. Ma mère passe délicatement le couteau sous le dessin et étale le beurre sur les tartines de mon frère et ma sœur, à tour de rôle. Je préfère les tartines de saindoux. (Croisure de lard fondue à la cuisson du four et qui couvre la surface des pâtés maison)

Au fond du jardin de ma grand-mère, rue de la tour d’Auvergne, nous aimons nous assoir en regardant le troupeau. Le fermier le rentre le soir pour la traite et nous le suivons. Quel spectacle que de voir la fermière tirer énergiquement sur les pis. Elle donne parfois des coups de poings dans la mamelle. Le sceau se remplit vite. Nous attendons patiemment, émerveillés à chaque fois du geste ferme et efficace en attendant la friandise finale, le fond verre de lait tout chaud !

Deux lignes de chemin de fer traversent la cité 9.

La première est une ligne SNCF. Elle relie la gare de Lens à La Bassée et Dunkerque barrière.

La deuxième ligne appartient aux Houillères et dessert toutes les mines. Les wagons  transportent le charbon. Ils viennent du 3 de Lens et se dirigent vers la gare Ste Elisabeth. Le garde barrière descend la barrière à l’aide d’une manivelle à l’annonce d’un train.

La végétation autour des voies ferrées reste sauvage.

Pas éclairés, les ponts de la rue Paul Bert et du pont noir (entre la cité 9 et Liévin) sont lugubres le soir et on accélère le pas à cet endroit, pas rassurés.

Pourtant, bien que nous nous déplacions à pied ou en vélo, il ne nous est jamais rien arrivé.

 

Au fil des années, le paysage a changé. Dans les années 65-70

Les travaux de rénovation ont commencé avec l’installation du tout à l’égout.

Les rues sont élargies au détriment des arbres et les trottoirs sont goudronnés, le ruisseau  passe dans de gros tuyaux.

Le puisard est aménagé en stade « Georges Carpentier ». Il est toujours entouré des grands peupliers.

Le gardien, logé sur place en interdit l’accès. On ne peut plus y jouer.

De nouvelles fenêtres et de nouvelles portes de maison remplacent les anciennes, un peu pourries.

De petites barrières en ciment séparent à présent les habitations.

Des salles de bain sont construites, accolées aux maisons.

Les grands jardins ont diminué de superficie et de petites maisons basses de retraités apparaissent à cet endroit.

Les constructions de garages empiètent les potagers

Les voitures automobiles se garent sur les places, elles aussi privées de leur végétation.

Quelques lotissements ont envahi les pâtures.

Les voies ferrées minières n’existent plus, le pont de la rue Paul Bert et le pont Noir sont détruits.

Des routes et chemins piétonniers ont remplacé la voie ferrée des mines.

Une allée se dirige vers le centre-ville de Liévin via l’emplacement du pont noir. Une autre allée se dirige vers le stade Bollaert, une voie verdoyante et une autre toute aussi agréable se dirige vers le pont Césarine et le centre-ville de Lens

 Ce sont maintenant les belles voies d’accès au musée du Louvre

Seul le cimetière de la cité de la fosse 9 a conservé son aspect.

Annick Milbrandt, fille de mineur

Ma cité a bien changé - par apphim le 14/05/2019 @ 09:11 

Ma cité a bien changé

Le musée du Louvre vient d’ouvrir ses portes. Les touristes affluent de France et d’ailleurs.

« Si ce n’est le climat, rude et pluvieux, il est beau le bassin minier, et les gens ! quel accueil chaleureux ! » Voilà leurs paroles.

Le musée a pris la place du puits de la fosse 9 où a travaillé mon père et de nombreux autres mineurs de diverses nationalités.

J’ai grandi dans cette cité.

Il y a soixante ans, la cité de la fosse 9 n’avait pas le même aspect.

Une photo prise en 1950, me rappelle mon enfance.

citeannick01.jpg

A l’horizon, sur la photo, se dessinent plusieurs terrils pointus et la grande tour carrée du 11 /19 à Loos en Gohelle n’existe pas. Les terrils sont noirs. De la fumée s’en échappe sur les flancs. La neige ne tient pas sur le charbon qui n’est pas tout à fait froid.

Les roues dans les chevalets font entendre leurs ronronnements à distance.

Les terrils dégagent une fine poussière noire. Chaque jour, les poussières doivent être faites sur les meubles dans les maisons.

Une voisine sicilienne a abandonné ses vêtements blancs. Dans mon pays, dit- elle, on s’habille tous en blanc. Il n’y a pas cette poussière de charbon.

Nous revenons, les vêtements, les pieds et les chaussures noircis lorsque nous allons jouer dans les terrils. Il faut retourner les chaussettes pleines de gravillons. Difficile de cacher d’où l’on vient ! Ces endroits sont dangereux, des affaissements peuvent se produire à tout moment. L’accès est interdit.

Certaines chaussées de la cité 9 sont constituées de briques rouges comme les maisons.  Les rues Pascal, Montaigne, Chateaubriand …. sont bordée d’arbres.

Des barrières en bois séparent les jardins et maisons les unes des autres.

La cité 9 est jolie.

Les maisons en briques rouges, sont pimpantes avec leurs portes et volets de couleurs vives alternativement jaune et vert ou régulièrement rouge bordeaux, selon les rues.

Elles sont entretenues par les Services Techniques des Houillères.

Après leur dur travail à la mine, les hommes prennent plaisir à jardiner.

Notre jardin, comme beaucoup d’autres, est abondement fleuri.

Les potagers occupent toute la surface du grand terrain.

Quelques arbres fruitiers y trouvent leur place.

Les caniveaux sont propres. Le garde des mines s’en assure et réprimande les ménagères négligentes.

Depuis l’église du 9, les enterrements empruntent la rue Pascal verdoyante jusqu’au cimetière.

Monsieur le curé est en tête. Des chevaux tirent le corbillard drapé de noir. En sortant de l’école, il nous arrive de suivre le cortège à distance. Nous connaissons souvent la famille du défunt et guettons la présence d’un camarade. Les hommes ont revêtu le costume du dimanche. Les femmes toutes de noir vêtues, arborent un chapeau dont le long voile de crêpe noir cache le visage. La marche est lente et silencieuse, quelques sanglots parviennent à nos oreilles.

De petites places, Staël et Regnard, sont, au croisement de rues, les terrains de jeux des enfants.

La rue Beaumarchais, où j’habite, est en terre.

Cette rue longe en partie le « puisard » (on dit le pizeur), un ruisseau attenant à un vaste espace vert, rectangulaire, à la végétation sauvage, entouré de peupliers.

Pour y accéder, nous devons aller jusqu’ au croisement avec la rue Chateaubriand, où un pont franchit le cours d’eau.

Nous avons plus vite fait de sauter d’une rive à l’autre. Malheureusement, on n’y arrive pas à tous les coups, c’est large !

On  est  tous tombés dans ce réservoir à têtards et autres bestioles. Ma mère a soigneusement retiré des longs cheveux de ma sœur Nadine, un à un, les petits vers rouges et autres larves lorsqu’elle est rentrée, toute dégoulinante d’eau en pleurant.

Les parents nous interdisent de piétiner dans cette eau. Celle-ci, petit affluant ou dérivation de la rivière La Souchez, passerait par les puits de mines en amont (3 de Lens) où les mineurs se laveraient.

Difficile d’obéir lorsque les têtards et les tritons  montrent leur nez.

Au puisard, mon frère grimpe en haut des peupliers. Il fabrique des arcs a flèches, et sculpte des morceaux de bois. Il m’emmène un jour  pour me montrer la cachette de son trésor (un sac de billes) enfoui dans un coin secret. Nous y jouons aux cow-boys et aux indiens, avec les camarades de la rue.

Quelques terrains sont encore occupés par des familles de fermiers. Nous achetons le lait et le beurre demi-sel à la ferme de la rue Paul Bert. Une vache est dessinée en relief sur la motte de beurre. Ma mère passe délicatement le couteau sous le dessin et étale le beurre sur les tartines de mon frère et ma sœur, à tour de rôle. Je préfère les tartines de saindoux. (Croisure de lard fondue à la cuisson du four et qui couvre la surface des pâtés maison)

Au fond du jardin de ma grand-mère, rue de la tour d’Auvergne, nous aimons nous assoir en regardant le troupeau. Le fermier le rentre le soir pour la traite et nous le suivons. Quel spectacle que de voir la fermière tirer énergiquement sur les pis. Elle donne parfois des coups de poings dans la mamelle. Le sceau se remplit vite. Nous attendons patiemment, émerveillés à chaque fois du geste ferme et efficace en attendant la friandise finale, le fond verre de lait tout chaud !

Deux lignes de chemin de fer traversent la cité 9.

La première est une ligne SNCF. Elle relie la gare de Lens à La Bassée et Dunkerque barrière.

La deuxième ligne appartient aux Houillères et dessert toutes les mines. Les wagons  transportent le charbon. Ils viennent du 3 de Lens et se dirigent vers la gare Ste Elisabeth. Le garde barrière descend la barrière à l’aide d’une manivelle à l’annonce d’un train.

La végétation autour des voies ferrées reste sauvage.

Pas éclairés, les ponts de la rue Paul Bert et du pont noir (entre la cité 9 et Liévin) sont lugubres le soir et on accélère le pas à cet endroit, pas rassurés.

Pourtant, bien que nous nous déplacions à pied ou en vélo, il ne nous est jamais rien arrivé.

 

Au fil des années, le paysage a changé. Dans les années 65-70

Les travaux de rénovation ont commencé avec l’installation du tout à l’égout.

Les rues sont élargies au détriment des arbres et les trottoirs sont goudronnés, le ruisseau  passe dans de gros tuyaux.

Le puisard est aménagé en stade « Georges Carpentier ». Il est toujours entouré des grands peupliers.

Le gardien, logé sur place en interdit l’accès. On ne peut plus y jouer.

De nouvelles fenêtres et de nouvelles portes de maison remplacent les anciennes, un peu pourries.

De petites barrières en ciment séparent à présent les habitations.

Des salles de bain sont construites, accolées aux maisons.

Les grands jardins ont diminué de superficie et de petites maisons basses de retraités apparaissent à cet endroit.

Les constructions de garages empiètent les potagers

Les voitures automobiles se garent sur les places, elles aussi privées de leur végétation.

Quelques lotissements ont envahi les pâtures.

Les voies ferrées minières n’existent plus, le pont de la rue Paul Bert et le pont Noir sont détruits.

Des routes et chemins piétonniers ont remplacé la voie ferrée des mines.

Une allée se dirige vers le centre-ville de Liévin via l’emplacement du pont noir. Une autre allée se dirige vers le stade Bollaert, une voie verdoyante et une autre toute aussi agréable se dirige vers le pont Césarine et le centre-ville de Lens

 Ce sont maintenant les belles voies d’accès au musée du Louvre

Seul le cimetière de la cité de la fosse 9 a conservé son aspect.

Annick Milbrandt, fille de mineur

(14/05/2019 @ 09:11)

04/07/2020 @ 15:51