Les câbles d’extraction
Dans l'industrie minière, le choix et l'entretien des câbles d'extraction ont toujours été des enjeux majeurs de sécurité et de rentabilité. La casse du câble a, malheureusement, été la source de nombreux accident s ou catastrophes. Historiquement, l'ingénierie est passée des fibres végétales tressées aux alliages d'acier complexes pour répondre aux exigences des puits de plus en plus profonds.
Les câbles végétaux
Initialement plats, les câbles végétaux sont fabriqués par l'assemblage et la couture, via des machines spécifiques, de plusieurs câbles ronds (les aussières) disposés côte à côte. Deux matériaux dominaient ce marché, chacun avec ses spécificités :
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Caractéristique |
Le Chanvre Traditionnel |
L'Aloès (Chanvre de Manille) * |
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Origine |
Plante de chanvre classique. |
Fibre issue d'une espèce de bananier (Musa textilis) cultivée aux Philippines. |
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Avantage principal |
Faible coût de production. |
Résistance à la traction supérieure d'au moins 10 %. |
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Inconvénients |
Très vulnérable à l'humidité et à l'air vicié (pourrissement). |
Matière première devenue rare et coûteuse avec le temps. |
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Préservation |
Trempage dans du suif bouillant pour l'imperméabiliser. |
Nécessite d'être arrosé régulièrement dans les puits très secs et chauds. |
Note botanique : Bien que les mineurs utilisaient couramment le terme "aloès", il s'agissait le plus souvent de "chanvre de Manille" (l'abaca), reconnu pour son imputrescibilité, notamment dans le milieu maritime.

Câble en "aloès"
Pour prolonger leur durée de vie, ces deux types de câbles étaient imprégnés de goudron (le chanvre en absorbe environ 17 % de son poids, contre 15 % pour l'aloès). Cette opération exigeait six mois de repos avant la mise en service du câble.
Malgré sa popularité dans certaines régions (comme les mines du Nord de la France), la rareté et l'augmentation du prix de l'aloès, combinées à la fragilité du chanvre, ont inéluctablement conduit au déclin des câbles végétaux.

Machine d'extraction pour câble végétal
Les câbles Métalliques
Pour surmonter les limites des fibres naturelles, l'industrie s'est tournée vers le métal. Si les premiers câbles métalliques étaient en fils de fer, l'acier s'est imposé comme la norme absolue pour des raisons de fiabilité.

Câble métallique plat

Câble plat sur sa machine, musée de Marles les Mines
Fait technique important, les câbles métalliques ne se limitaient pas à une seule forme et pouvaient être, selon les besoins de l'installation, plats ou circulaires (ronds).
La métallurgie de ces câbles exigeait un équilibre parfait : le matériau devait être extrêmement résistant à la traction sans être excessivement dur, sous peine de devenir cassant lors de la flexion sur les poulies.
Dans les environnements miniers particulièrement corrosifs (puits humides), ces fils d'acier étaient souvent galvanisés pour éviter la rouille.
Pour les extractions à très grande profondeur, les ingénieurs ont développé une solution ingénieuse : le câble à profil décroissant (ou fuselé).

Câble métallique rond

Le câble sur sa machine bicylindro-conique (Fosse 9 d'Oignies)
Le principe est simple mais crucial : la partie haute du câble (celle qui s'enroule sur le tambour en surface) doit supporter non seulement le poids de la cage remplie de minerai, mais également le propre poids de l'immense longueur de câble qui pend dans le vide. À l'inverse, la partie basse (l'about) ne supporte que le poids de la cage. Le câble est donc fabriqué pour être plus épais et résistant en haut, et plus fin en bas, allégeant ainsi considérablement l'ensemble du système d'extraction.
Entretien
Quelle que soit la matière, la longévité d'un câble d'extraction dépend d'une conception irréprochable du chevalement et d'un entretien méticuleux :
Jean-Louis HUOT pour l’APPHIM
Sources : André de Marles- Cours d'exploitation des mines par Julien Haton de la Goupillière (1905) - Traité de l'exploitation des mines par Charles - Classification botanique du Musa textilis - Fonds documentaire de l'A.P.P.H.I.M.
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